« On n’ouvre pas la porte sur l’infini à des gens qui ne sont plus capables de le rêver. »
Jean Raspail
Septentrion, éditions Robert Laffont, 1979, réed. 2007
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« On n’ouvre pas la porte sur l’infini à des gens qui ne sont plus capables de le rêver. »
Jean Raspail
Septentrion, éditions Robert Laffont, 1979, réed. 2007
« Un vent léger caressait nos visages, et nous discutions de littérature : n’était-ce pas cela, la civilisation ? Une toile légère lancée au-dessus de l’abîme, si légère et si fine, si harmonieuse et si pacifique, que la souffrance et la mort, pour un temps, battaient en retraite ? »
Patrice Jean
L’homme surnuméraire, Éditions du Rocher, 2019
« En matière de langage, qui est l’objet principal de la littérature, il est clair que les mots se dégradent perpétuellement. Ils cessent de dire ce qu’ils signifient ou de signifier ce qu’ils disent ; ils commencent toujours par signifier quelque chose qui non seulement est tout à fait différent, mais encore beaucoup moins défini et beaucoup moins fort. Et dans cette chute des symboles choisis par l’homme, pourrait bien se trouver un symbole de sa propre chute. Il a une difficulté à maîtriser sa langue, non seulement en tant qu’organe de la parole, mais dans le sens de langage parlé. Presque toujours s’il n’y prête pas attention, ce langage s’affole ou, pire encore, s’affaiblit. »
Gilbert Keith Chesterton
À bâtons rompus, propos débridés, trad. Maurice Le Péchoux, Éditions L’Âge d’Homme, 2010
« Le conte de fées envisage ce qu’un homme saint d’esprit ferait dans un monde de fous. Le roman réaliste et prudent d’aujourd’hui envisage ce qu’un homme essentiellement fou ferait dans un monde insignifiant. »
Gilbert Keith Chesterton
Orthodoxie, 1908, trad. Lucien d’Azay, éditions Flammarion, coll. Climats, 2010
« Voici donc un livre qui est une mauvaise action. […] D’autre part, je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. […] Que pouvait-on jeter sur un tel tableau ? Un voile ou un peu de lumière. À d’autres le voile ! »
Albert Londres
Terre d’ébène, 1929 (avant-propos), Éditions du Rocher, coll. Motifs, 2008
« Les images que les mots font naître dans nos têtes n’appartiennent qu’à nous. Le livre est un extraordinaire moyen, le dernier peut-être, de faire de chacun de nous des personnes uniques. »
Erik L’Homme
Le regard des princes à minuit, éditions Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2014
« Quand je lis Nietzsche, Schopenhauer, Baudelaire, Pessoa ou même Molière, je me dis souvent que telle phrase, tel paragraphe, aujourd’hui, subiraient la foudre des censeurs. Je pense que les grands écrivains (rien que ce concept de grand écrivain, pour certains, est déjà démocratiquement douteux) s’ils étaient lus, vraiment lus, par l’avant-garde du progressisme, feraient moins les malins. »
Patrice Jean
Qu’un écrivain puisse être en paix avec son temps me paraît vraiment curieux, entretien au Figaro, par Eugénie Bastié, 29 septembre 2017
« Les pensées antiques et, pour les lecteurs modernes, leurs textes plantés comme des statues dans le paysage de nos représentations exaltent moins des vérités sempiternelles que des conseils relatifs aux manières judicieuses d’exister, de se représenter le monde et d’y agir avec justesse, avec équanimité, mais non sans risque de se tromper. »
Jean-François Gautier
À propos des Dieux. L’esprit des polythéismes, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« Lorsque j’ai entrepris d’écrire ces Vies, c’était pour autrui ; mais si je persévère et me complais dans cette tâche, c’est à présent pour moi-même. Ces histoires sont alors comme un miroir, à l’aide duquel j’essaie, en quelque sorte, d’embellir ma vie et de la conformer aux vertus de ces grands hommes. J’ai vraiment l’impression d’habiter et de vivre avec eux ; grâce à l’histoire, j’offre l’hospitalité, si l’on peut dire, à chacun d’entre eux tour à tour, l’accueillant et le gardant près de moi ; je contemple “comme il fut grand et beau” [Homère, Iliade XXIV, v. 630 à propos d’Achille] et je choisis les plus nobles de ses actions afin de les faire connaître. »
Plutarque
Vies parallèles (in Vie de Timoléon), entre 100 et 120, trad. Anne-Marie Ozanam, éditions Gallimard, coll. Quarto, 2002
« Peut-être distinguera-t-on à la fin de ce siècle deux classes d’hommes, les uns formés par la télévision, les autres par la lecture. »
Ernst Jünger
Soixante-dix s’efface II (Siebzig verweht II), journal 1971 – 1980, trad. Henri Plard, éditions Gallimard, 1985
« Quelques générations encore, et le rire, réservé aux initiés, sera aussi impraticable que l’extase. »
Emil Cioran
Syllogismes de l’amertume, 1952, éditions Gallimard, coll. Folio, 1987
« Au début de la guerre du Péloponnèse, Thucydide s’en rapporte à l’Iliade pour brosser à traits rapides l’histoire ancienne des Grecs, reconnaissant ainsi à Homère le mérite d’en avoir jeté les fondements. Mais ce mérite était peu au regard du reste. Inspiré par les dieux et par la poésie, ce qui est tout un, Homère nous a légué la source oubliée de notre tradition, l’expression grecque de tout l’héritage indo-européen, celte, slave ou nordique, avec une clarté et une perfection formelle sans équivalent. »
Dominique Venner
Le Choc de l’histoire, éditions Via Romana, 2011