« Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi. »
Henri de La Rochejaquelein
Discours aux soldats de l’Armée catholique et royale, 1794
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« Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi. »
Henri de La Rochejaquelein
Discours aux soldats de l’Armée catholique et royale, 1794
« Ce livre [fait] renaître les blanches plantations dans leur écrin de magnolias et de chèvrefeuille, les jeunes filles à crinoline, les planteurs galants et les gentilshommes saisis par l’angoisse d’un destin inexorable. Mais au-delà de l’évocation fidèle d’une époque terrible, et de la trame romanesque attachante, c’est la nostalgie frémissante qui sourd tout au long des pages. Nostalgie d’un monde irrémédiablement condamné, mais auquel on ne cesse de rêver comme à un paradis perdu. Car si le Sud est mort, il continue de vivre dans le cœur des hommes généreux. »
Dominique Venner
Le blanc soleil des vaincus – L’épopée sudiste et la guerre de Sécession (1607 – 1865), éditions de La Table Ronde, 1975
« Notre place est dehors, notre place est à l’air libre, sous la nuit claire, l’arme au bras, tandis qu’au ciel scintillent les étoiles. Que les autres poursuivent leurs festins. Nous autres, au dehors, dans une garde tendue, fervente et sûre, nous sentons déjà l’aube, dans l’allégresse de nos cœurs. »
José Antonio Primo de Rivera, 1934, cité par Olivier Grimaldi
Présence de José Antonio, Les Bouquins de Synthèse nationale, 2013
« La fortune sourit aux audacieux. »
Virgile
L’Enéide, Ier siècle av. J.-C., trad. Paul Veyne, éditions Le Livre de Poche, 2016
« Comme chaque fois que des hommes sont commandés par une brute bruyante, il y eut pagaïe. Les imbéciles sont toujours sévères et la sévérité engendre toujours l’indiscipline. »
Henri Vincenot
Les chevaliers du chaudron, éditions Denoël, 1960
« Je me sens peu de goût pour défendre les militaires indéfendables. Leurs insuffisances sont les causes premières de l’antimilitarisme. Il me suffit d’éveiller mes propres souvenirs. Durant les trente mois passés sous l’uniforme pendant la guerre d’Algérie, j’ai connu peu d’hommes de qualité. En fait de guerriers, j’ai surtout rencontré des fonctionnaires timorés. Cette armée était une remarquable machine à tuer les vocations. Chez les cadres, en dehors de fulgurantes exceptions, la mollesse du caractère, l’apathie intellectuelle et même le débraillé physique semblaient la règle. En dessous, se traînait en maugréant un bétail sale et aviné. Cette caricature d’armée était à l’image de la société. Les choses ne se sont pas améliorées.
Mais il y avait des exceptions. Là, battait le cœur véritable de l’Armée. Les paras n’étaient pas seuls à donner le ton. Il arriva qu’au sein du régiment « cul de plomb » le plus loqueteux, une compagnie, voire une section tranchât, par la seule grâce d’un officier ou d’un sous-officier différent. Ceux-là avaient transformé les bidasses en hommes. Tel est le miracle de la société militaire, si malade fût-elle. Tout y est possible pour des tempéraments forts et imaginatifs.
Depuis trente ans et plus, l’armée propose aux lecteurs de ses affiches « un métier, un avenir ». Du temps de Montluc ou du Maréchal de Saxe, les rutilants sergents-recruteurs promettaient l’aventure et la gloire. Rien n’interdirait d’actualiser. Quand elle a des chefs capables, l’Armée offre aux jeunes hommes tout juste sortis de l’adolescence les grandes vacances des servitudes civiles. Plus de profs, plus de patrons, plus de factures ni de percepteur. L’anti-« métro-boulot-dodo ». Le plaisir d’être jeunes, souples, agiles et forts. Le régiment, c’est la bande, avec ses rites et ses lois.
Dans les sociétés industrielles bourgeoises ou socialistes qui sécrètent un égal ennui, l’homme de guerre, dans son isolement, son insolence, est seul à porter une part de rêve. À condition d’être lui-même, le soldat de métier exerce une fascination à laquelle même ses détracteurs n’échappent pas. Mais qu’il s’abandonne au courant, à la faiblesse d’être ordinaire, qu’il dépose ses orgueilleuses prérogatives, il n’est plus qu’un fonctionnaire de statut médiocre et méprisé. Les militaires qui veulent assumer leur condition se trouvent nécessairement en rupture avec l’esprit des sociétés utilitaires soumises aux seuls impératifs économiques. Les hommes de guerre viennent d’un autre temps, d’un autre ciel. Ce sont les derniers fidèles d’une austère religion. Celle du courage et de la mort.
Ils sont de l’espèce qui se rase pour mourir. Ils croient à la rédemption de l’homme par la vertu de l’exercice et du pas cadencé. Ils cultivent la forme physique et la belle gueule. S’offrant le luxe de réveils précoces dans les matins glacés et des marches harassantes pour la joie de s’éprouver. Ce sont les derniers poètes de la gratuité absolue.
Le privilège moral de l’armée réside tout entier dans une différence acceptée, entretenue, cultivée. Sa philosophie tragique ne tourne pas aux vents de la mode ou des majorités politiques. Elle ne varie jamais. Elle est propre à son état, à sa destination qui est la guerre. Guerre classique ou guerre subversive, car sa vocation est de veiller sur la Cité, même quand celle-ci s’abandonne. Les divisions sibériennes qui brisèrent l’offensive allemande devant Moscou, en décembre 1941, ne devaient rien à Marx, mais beaucoup à Clausewitz. Si les troupes nord-vietnamiennes ont conquis Saïgon, ce n’est point le fait de leurs vertus communistes, mais de leurs qualités militaires. En revanche, on peut juger des effets de la mode permissive du libéralisme avancé sur la risible et inutile armée hollandaise.
De bons apôtres nullement innocents prêchent, au nom des mœurs nouvelles, la répudiation par l’Armée de ce qui lui reste d’esprit militaire. C’est bien visé. De cette façon, il n’y aurait plus de Défense. Plus la société change, plus l’Armée évolue dans ses armements, sa stratégie, son organisation, plus l’esprit militaire doit être renforcé. Il est la seule réponse jamais inventée par l’homme face à la guerre. Pour les gardiens des empires et des nations, Sparte la divine, chère au vieil Homère, reste le maître étalon. »
Dominique Venner
revue Item, décembre 1977
« Et voilà qu’ils pleuraient de joie en caressant leurs sabres ! Leurs armes oubliées, rouillées, avilies, mais qui leur apparurent comme une virilité perdue, car seules elles permettent à l’homme de créer le monde. Et ce fut le signal de la rébellion, laquelle fut belle comme un incendie !
Et tous, ils moururent en hommes ! »
Antoine de Saint-Exupéry
Citadelle, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1948, coll. Folio, 2000
« Et dût la terre se briser comme un boulet,
Notre migration est flamme et blanche ardeur. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
« Élevés dans une ère de sécurité, nous avions tous la nostalgie de l’inhabituel, des grands périls. La guerre nous avait donc saisis comme une ivresse. C’est sous une pluie de fleurs que nous étions partis, grisés de roses et de sang. Nul doute que la guerre ne nous offrît la grandeur, la force, la gravité. Elle nous apparaissait comme l’action virile : de joyeux combats de tirailleurs, dans les prés où le sang tombait en rosée sur les fleurs. Pas de plus belle mort au monde… Ah surtout, ne pas rester chez soi, être admis à cette communion ! »
Ernst Jünger
Orages d’acier (In Stahlgewittern), 1920, trad. Henri Plard, Christian Bourgois éditeur, 1995
« Les Anglais sont un peuple de pirates qui, après avoir pillé le monde, ont commencé à s’ennuyer. »
Emil Cioran
Des larmes et des saints, 1937, Éditions de L’Herne, coll. Méandres, 1986
« Il ne s’agit pas d’un choc des civilisations, mais d’un affrontement, presque anthropologique, entre une culture universelle indifférenciée et tout ce qui, dans quelque domaine que ce soit, garde quelque chose d’une altérité irréductible. »
Jean Baudrillard
Power Inferno, éditions Galilée, 2002
« L’agitation des vents préserve les eaux du lac de croupir. »
Friedrich Hegel
cité par Éric Branca, in 3 000 ans d’idées politiques, Chronique éditions, 2014