Albert Spaggiari
Sur son lit de mort, cité par Laurent Maréchaux in Hors-la-loi, éditions Arthaud, 2009
Thème
Citations sur la liberté
La conscience de la liberté est inséparable…
« La conscience de la liberté est inséparable d’une anthropologie fondatrice de l’homme en tant qu’artisan de sa propre destinée, en tant qu’auteur de sa propre liberté, en tant que constructeur de son être individuel et collectif comme risque et comme défi permanents. »
Alain de Benoist
Orientations pour des années décisives, éditions Le Labyrinthe, 1982
Tu te dis libre ? Je veux connaître les pensées…
« Tu te dis libre ? Je veux connaître les pensées qui prédominent en toi. Ce n’est pas de savoir si tu as échappé à un joug, qui m’importe : es-tu de ceux qui ont le droit de se soustraire à un joug ? Nombreux sont les hommes qui perdent leur dernière valeur quand ils cessent de servir. Libre de quoi ? Qu’importe cela à Zarathoustra ! Ton regard tranquille doit me répondre : libre pour faire quoi ? »
Friedrich Nietzsche,
Le marteau parle in Ainsi parlait Zarathoustra – Un livre pour tous et pour personne (Also sprach Zarathustra – Ein Buch für Alle und Keinen), 1883 – 1885, trad. Geneviève Blanquis, éditions Garnier-Flammarion, 2006
Qu’est-ce que la liberté ? C’est avoir la volonté de répondre de soi…
« Car, qu’est-ce que la liberté ? C’est avoir la volonté de répondre de soi. C’est maintenir les distances qui nous séparent. C’est être indifférent aux chagrins, aux duretés, aux privations, à la vie même. C’est être prêt à sacrifier les hommes à sa cause, sans faire exception de soi-même. Liberté signifie que les instincts virils, les instincts joyeux de guerre et de victoire, prédominent sur tous les autres instincts, par exemple sur ceux du « bonheur ». L’homme devenu libre, combien plus encore l’esprit devenu libre, foule aux pieds cette sorte de bien-être méprisable dont rêvent les épiciers, les chrétiens, les vaches, les femmes, les Anglais et d’autres démocrates. L’homme libre est guerrier. — À quoi se mesure la liberté chez les individus comme chez les peuples ? À la résistance qu’il faut surmonter, à la peine qu’il en coûte pour arriver en haut. Le type le plus élevé de l’homme libre doit être cherché là, où constamment la plus forte résistance doit être vaincue : à cinq pas de la tyrannie, au seuil même du danger de la servitude. »
Friedrich Nietzsche
Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau (Götzen-Dämmerung oder wie man mit dem Hammer philosophiert), 1888, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2005
L’étude des langues anciennes est le résultat…
« L’étude des langues anciennes est le résultat de la liberté et d’elle seule. C’est pourquoi je m’associerai ici à l’éloge le plus flatteur qu’on en ait jamais fait : les langues anciennes ne servent à rien. Si elles servaient, elles seraient, le mot le dit, serviles. Les esclaves ou les affranchis qui s’imaginent critiquer les langues anciennes en leur reprochant de ne pas accepter le joug de la consommation trahissent par là, sur leur cou, la présence ou la trace encore fraîche du collier. »
Rémi Brague
Modérément moderne, éditions Flammarion, 2014
Je ne suis pas un libéral, du moins…
« Je ne suis pas un libéral, du moins au sens où il faut se mettre ensemble pour cela et voter. On porte la liberté en soi-même ; une bonne tête la réalise sous chaque régime. »
Ernst Jünger
Le problème d’Aladin (Aladins Problem),1983, trad. Michel Thomas, Christian Bourgois éditeur, 1984
Garde ta liberté de dire non…
« Garde ta liberté de dire non. La liberté, c’est aussi de ne pas penser comme tout le monde et de pouvoir le dire sans être accusé de délit d’opinion. »
Claudine Vincenot
Confidences des deux rivages, éditions Anne Carrière, 1999
Le Rebelle a pour devise hic et nunc, car il est…
« Le Rebelle a pour devise hic et nunc, car il est l’homme des coups de main, libre et indépendant. Nous avons vu que nous ne pouvons comprendre sous ce type humain qu’une fraction des masses ; et pourtant, c’est ici que se forme la petite élite, capable de résister à l’automatisme, qui tiendra en échec le déploiement de la force brute. C’est la liberté ancienne, vêtue à la mode du temps : la liberté substantielle, élémentaire, qui se réveille au cœur des peuples quand la tyrannie des partis ou des conquérants étrangers pèse sur leurs pays. Il ne s’agit pas d’une liberté qui proteste ou émigre, mais d’une liberté qui décide d’engager la lutte.
C’est une distinction qui agit sur la sphère des croyances. Le Rebelle ne peut se permettre l’indifférence, signe d’une époque révolue, au même titre que la neutralité des petits États ou la détention en forteresse pour délit politique. Le recours aux forêts mène à de graves décisions. Le Rebelle a pour tâche de fixer la mesure de liberté qui vaudra dans des temps à venir, en dépit de Léviathan. Adversaire dont il n’entamera pas le pouvoir à coups de concepts.
La résistance du Rebelle est absolue : elle ne connaît pas de neutralité, ni de grâce ni de détention en forteresse. Il ne s’attend pas à ce que l’ennemi se montre sensible aux arguments, encore moins à ce qu’il s’astreigne à des règles chevaleresques. Il sait aussi qu’en ce qui le concerne, la peine de mort n’est pas supprimée. Le Rebelle connaît une solitude nouvelle, telle que l’implique avant tout l’épanouissement satanique de la cruauté – son alliance avec la science et le machinisme, qui fait apparaître dans l’histoire, non pas un élément nouveau, mais des manifestations nouvelles. »
Ernst Jünger
Traité du rebelle ou le recours aux forêts (Der Waldgang), 1951, trad. Henri Plard, Christian Bourgois éditeur, 1995
On est plus libre à proportion qu’on est meilleur…
L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté…
« L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. »
Charles Péguy
Notre patrie, Les Cahiers de la Quinzaine, VII‑3, 1905, in Œuvres en prose complètes, Tome II, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1988
Ainsi sommes-nous enfin libres…
« Ainsi sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher. Mais je hais cette époque où l’homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille. »
Antoine de Saint-Exupéry
Lettre au général X (juillet 1943), in Un sens à la vie, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1956
La liberté existe toujours…
« La liberté existe toujours. Il suffit d’en payer le prix. »
Henry de Montherlant
Carnets 1930 – 1944, éditions Gallimard, 1957, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1963
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