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Citations sur la technique

Si le monde est menacé de mourir de sa machinerie…

« Si le monde est mena­cé de mou­rir de sa machi­ne­rie, comme le toxi­co­mane de son poi­son favo­ri, c’est que l’homme moderne demande aux machines, sans oser le dire ou peut-être se l’avouer à lui-même, non pas de l’aider à sur­mon­ter la vie, mais à l’esquiver, à la tour­ner, comme on tourne un obs­tacle trop rude. »

Georges Ber­na­nos
Le Che­min de la croix des âmes, édi­tions Gal­li­mard, coll. Blanche, 1948

Nous luttons pour que les hommes restent fidèles…

« Nous lut­tons pour que les hommes res­tent fidèles à leur nature pro­fonde, pour qu’ils s’épanouissent dans tous les domaines, pour qu’ils conti­nuent à for­mer des com­mu­nau­tés « à l’échelle humaine », de la famille à l’Europe, de l’usine à la région. Nous lut­tons contre le temps des robots que nous pré­parent ensemble les tech­ni­ciens du monde com­mu­niste et ceux du monde capi­ta­liste. Nous refu­sons « les temps modernes » parce qu’ils pro­cèdent d’une même vision illu­soire et irréelle. »

Jean Mabire
La torche et le glaive, édi­tions Libres opi­nions, 1994

La retraite est révolte. Gagner sa cabane…

« La retraite est révolte. Gagner sa cabane, c’est dis­pa­raître des écrans de contrôle. L’ermite s’efface. Il n’envoie plus de traces numé­riques, plus de signaux télé­pho­niques, plus d’impulsions ban­caires. Il se défait de toute iden­ti­té. Il pra­tique un hacking à l’envers, sort du grand jeu. Nul besoin d’ailleurs de gagner la forêt. L’ascétisme révo­lu­tion­naire se pra­tique en milieu urbain. La socié­té de consom­ma­tion offre le choix de s’y confor­mer. Il suf­fit d’un peu de dis­ci­pline. Dans l’abondance, libre aux uns de vivre en pous­sah mais libre aux autres de jouer les moines et de vivre amai­gris dans le mur­mure des livres. Ceux-ci recourent alors aux forêts inté­rieures sans quit­ter leur appartement. »

Syl­vain Tesson
Dans les forêts de Sibé­rie, édi­tions Gal­li­mard, 2011

L’Occidental n’est que le rouage d’un système qui le broie…

« L’Occidental n’est que le rouage d’un sys­tème qui le broie. L’Européen, lui, est l’hé­ri­tier d’une civi­li­sa­tion trente fois mil­lé­naire qui va des fresques de Las­caux à la fusée Ariane, des poi­gnards de bronze aux chas­seurs Rafale. L’Européen est le frère de Faust et de Don Qui­chotte. Il a été peintre à Alta­mi­ra, musi­cien à Ver­sailles ; il a chan­té l’Odyssée et Beo­wulf ! Il a accla­mé Eschyle et Racine, il a bâti les cathé­drales gothiques et les cen­trales nucléaires ! Sa terre est faite de landes et de forêts, de rivières et de mon­tagnes, toutes bruis­santes de fées, de génies et de lutins ! Oui, je suis un Euro­péen, mieux un Vieil-Européen ! »

Chris­to­pher Gérard
Le Songe d’Empédocle, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2003

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