« Bouleau, je te confie un message : va dire au ciel que je le salue. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
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« Bouleau, je te confie un message : va dire au ciel que je le salue. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« La crainte humaine, en tous les temps, sous tous les cieux, en chaque cœur, n’est jamais qu’une seule et même crainte : la peur du néant, les épouvantes de la mort. Nous l’entendons déjà de la bouche de Gilgamesh ; nous l’entendons dans le psaume XC, et nous en sommes demeurés là jusqu’à l’heure actuelle. La victoire sur la crainte de la mort est donc en même temps, le triomphe sur toute autre terreur ; elles toutes n’ont de sens que par rapport à cette question première. Aussi le recours aux forêts est-il, avant tout, marche vers la mort. Elle mène tout près d’elle – et s’il le faut, à travers elle. La forêt, asile de la vie, dévoile ses richesses surréelles quand l’homme a réussi à passer la ligne. Elle tient en elle tout le surcroît du monde. »
Ernst Jünger
Traité du rebelle ou le recours aux forêts (Der Waldgang), 1951, trad. Henri Plard, Christian Bourgois éditeur, 1995
« Dans la réclusion forestière réside peut-être la solution à nos tristesses. La forêt nous tend ses arbres ! Puisqu’on ne peut pas changer le monde et puisqu’on ne doit surtout pas essayer de le faire, pourquoi ne pas se carapater dans la beauté des bois ? »
Sylvain Tesson
Petit traité sur l’immensité du monde, éditions des Équateurs, 2005
« Le ciel et la terre, les Dieux et les hommes sont liés entre eux par une communauté, faite d’amitié et de bon arrangement, de sagesse et d’esprit de justice, et c’est la raison pour laquelle à cet univers est donné le nom de cosmos, d’arrangement, et non celui de dérangement non plus que de dérèglement. »
Platon
Gorgias, 507d-508a, IVe siècle av. notre ère. Cité par Éric Grolier dans Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne, Philippe Conrad dir., édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018
« La nature des hommes, celle qui précède leur volonté, est un sujet dont la seule mention suffit à offusquer le panjurisme contractuel, d’où procèdent, suivant un volontarisme sans frein, ces divagations de démocratie libérale qui supposent que nous pouvons tout ce qu’il nous vient à la fantaisie de vouloir ! Leurs ambitions sont folles, leur folie juge le principe d’où elles sortent. Tout ce que l’on bombycine en leur honneur ne fera jamais qu’il soit au pouvoir du petit homme d’élire son papa et sa maman, ni que sa liberté, si souveraine soit-elle, puisse choisir l’emplacement de son berceau. Ce point-là règle tout. Ni Kant ni Platon n’y font rien. »
Charles Maurras
Mes idées politiques, 1937, Éditions L’Âge d’Homme, 2002
« J’ai choisi l’océan comme terrain de confrontation, comme terrain de bataille, car l’océan, c’est la réalité dans ce qu’elle a de plus dur, de plus exigeant. Pour lutter contre son pouvoir terrifiant, les valeurs humaines telles que l’intelligence, l’expérience et une inflexible volonté de vaincre sont mes armes. »
Gérard d’Aboville
Cité dans Carnets d’aventures, présentés par Sylvain Tesson, La Guilde européenne du raid / Presses de la Renaissance, 2007
« Un merveilleux sommet, une crête étroite faite de fragments de grands volumes en série. Autour de nous, des falaises effrayantes perdues dans le dense brouillard qui nous enveloppe… Mais nous sommes enfin arrivés… Arrivés, premiers depuis que les dieux sont partis. »
Frédéric Boissonnas
Photographe et premier alpiniste sur le sommet de l’Olympe, en compagnie de l’écrivain suisse Daniel Baud-Bovy et du berger grec Christos Kakalos. Première ascension réalisée en 1913.
« L’État voit tout ; dans la forêt, on vit caché. L’État entend tout ; la forêt est nef de silence. L’État contrôle tout ; ici seuls prévalent les codes immémoriaux. L’État veut des êtres soumis, des cœurs secs dans des corps présentables ; les taïgas ensauvagent les hommes et délient les âmes. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« Il remarqua que le soleil se couchait loin dans le nord. Il lui revint à l’esprit qu’on approchait du solstice et, voyez comme vont les choses, il pensa tout à coup aux feux de la Saint Jean qu’il aurait aimé sauter en tenant Eve par la main. »
Henri Vincenot
Le pape des escargots, éditions Denoël, 1972
« Voici 8 000 ans commençait pour nous l’aventure néolithique. Je l’appelais révolution parce que j’y discernais l’apparition d’un état d’esprit nouveau. La volonté y tenait la première place et elle n’allait pas cesser de dominer notre monde, jusqu’à l’avènement des idées suicidaires aujourd’hui à la mode. Passer de la cueillette et de la chasse à l’agriculture et à l’élevage représente un bond en avant prodigieux. En un sens, dans cette plaine nordique si cruelle aux paysans aux prises avec un climat impitoyable, c’était un défi qui rejoignait la légende hellène de Prométhée dérobant le feu aux dieux. »
Jean Mabire
Thulé : le soleil retrouvé des Hyperboréens, éditions Robert Laffont, 1978, éditions Pardès, 2002
« Je préfère les natures humaines qui ressemblent aux lacs gelés à celles qui ressemblent au marais. Les premières sont dures et froides en surface mais profondes, tourmentées et vivantes en dessous. Les secondes sont douces et spongieuses d’apparence mais leur fond est inerte et imperméable. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011