« On ne peut signer qu’avec le sang. »
Antoine de Saint-Exupéry
in Correspondance, cité par Philippe de Laitre in Saint-Exupéry. Au-delà du Petit Prince, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Les idées à l’endroit, 2024
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« On ne peut signer qu’avec le sang. »
Antoine de Saint-Exupéry
in Correspondance, cité par Philippe de Laitre in Saint-Exupéry. Au-delà du Petit Prince, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Les idées à l’endroit, 2024
« L’existence humaine ne devient une véritable souffrance, un enfer que lorsque deux époques, deux cultures, deux religions interfèrent l’une avec l’autre. »
Hermann Hesse
Le loup des steppes (Der Steppenwolf), 1927, éditions Calmann-Lévy, 1975, trad. Alexandra Cade, éditions Le Livre de poche, coll. Biblio, 2022
« (…) le jour viendra peut-être où nous vieillirons tous ensemble dans un immense H.L.M. sans cloisons, une sorte de parc à bestiaux, une arche de Noé qui ne nous sauvera pas. »
Jean-René Huguenin
Une autre jeunesse, éditions du Seuil, 1965, Points éditions, coll. Signatures, 2012
« Monde d’impuissants ! On feint de dénoncer l’érotisme moderne, mais nous sommes loin des luxueuses orgies de Rome, où une société déchaînée, ivre de la chute, allait au moins jusqu’au bout de ses folies et de ses vices. Notre folie est plus discrète, mais plus profonde. Un homme capable de rester durant des heures à plier et déplier une jambe ou à tapoter une machine à sous me paraît finalement dans un état de démence beaucoup plus avancé qu’un débauché ou un ivrogne. Ceux-là cherchent au moins des remèdes, des techniques de béatitudes. »
Jean-René Huguenin
Une autre jeunesse, éditions du Seuil, 1965, Points éditions, coll. Signatures, 2012
« (…) l’époque présente n’est pas pensée. Parce que tout a évolué beaucoup trop vite, depuis cent ans, et que la pensée est une digestion beaucoup trop lente (…) il faudrait attendre des siècles celui qui, ayant lentement digéré, fonderait un langage nouveau, et qui ordonnerait le monde. »
Antoine de Saint-Exupéry
in Correspondance, cité par Philippe de Laitre in Saint-Exupéry. Au-delà du Petit Prince, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Les idées à l’endroit, 2024
« Une civilisation est un héritage de croyances, de coutumes et de connaissances, lentement acquises au cours des siècles, difficiles parfois à justifier par la logique, mais qui se justifient d’elles-mêmes, comme des chemins, s’ils conduisent quelque part, puisqu’elles ouvrent à l’homme son étendue intérieure. »
Antoine de Saint-Exupéry
in Pilote de Guerre, cité par Philippe de Laitre in Saint-Exupéry. Au-delà du Petit Prince, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Les idées à l’endroit, 2024
« En tant que principe éternel, le conservatisme exige qu’en décidant des destinées des sociétés, des États et des cultures, l’on écoute non seulement la voix des vivants, mais encore celle des morts, que l’on reconnaisse non seulement l’être réel du présent, mais encore celui du passé, que la liaison avec nos défunts ne soit pas tranchée. »
Nicolas Berdiaev
De l’inégalité, éditions L’Âge d’homme, 2008
« L’aristocratisme (car il s’agit bien de cela : ce qui s’oppose à l’égalitarisation, ce qui s’oppose à la table rase) appartient au fond immémorial des vieux peuples d’Europe. L’aristocratisme : le sens des différences et des enracinements, enracinements de chaque homme dans une histoire qui lui est propre, de chaque peuple dans une culture, et de chaque culture dans une mentalité. Le sens des constitutions mentales spécifiques. Une certaine vision autre de la vie, de l’homme, du monde, du destin, inscrite de manière indélébile dans les traditions et dans les structures mentales des peuples issus de l’Antiquité et de la branche indo-européenne de l’humanité. »
Louis Pauwels
Comment devient-on ce que l’on est ?, éditions Stock, 1978
« Et pourtant, je crois que la religion ne mourra pas, ne peut pas mourir. Je pense que l’homme est, de tout éternité, un animal religieux, qui chaque fois retrouve son enracinement dans le sacré, rebâtit ses temples, reconstitue ses rites, selon les archétypes universels qui prennent des formes diverses à travers les peuples, les époques, les cultures. Après deux mille ans, en Occident, il fallait peut-être que l’Église s’évanouisse dans cette pestilence pour que, dans un affrontement ultime des mentalités, notre plus vieux passé, notre passé réellement fondamental et initiateur, l’hellénique, nous réapparaisse. »
Louis Pauwels
Comment devient-on ce que l’on est ?, éditions Stock, 1978
« Pour préserver leur existence et leur identité, les hommes doivent aimer leurs familles et leurs peuples, et leur être loyaux. Et c’est seulement s’ils pensent que ce qu’ils ont est bon qu’ils peuvent s’en satisfaire. Un père doit préférer son enfant aux autres enfants, un citoyen son pays aux autres. C’est pour cela qu’existent les mythes : pour justifier ces attachements. Et un homme a besoin d’un lieu et d’opinions pour s’orienter. Tous ceux qui nous parlent de l’importance des racines l’admettent. Une grande étroitesse n’est pas incompatible avec la santé d’un individu ou d’un peuple, alors qu’avec une grande ouverture d’esprit, il est difficile d’éviter la décomposition. »
Allan Bloom
L’Âme désarmée, éditions Julliard, 1987
« La vérité du conservatisme est celle de l’historisme, celle du sentiment de la réalité historique, entièrement atrophiée chez le révolutionnaire et chez le radical. Nier la succession historique, c’est rejeter et détruire la réalité historique, c’est vouloir ignorer l’organisme historique vivant, c’est attenter à l’être réel ; cela revient à nier et à détruire l’hérédité personnelle du moi. La réalité historique représente un individu d’un type particulier. Elle a une durée organique, ainsi que des degrés hiérarchiques. Détruire la structure hiérarchique du cosmos historique, c’est détruire l’histoire, et non pas la faire. Il se forme dans le cosmos historique des qualités qui sont irréductibles et indestructibles dans leur fondement ontologique. Cette hiérarchie des qualités fixées dans l’histoire ne doit pas faire obstacle à la formation de qualités nouvelles, elle ne doit pas brider l’élan créateur. Mais aucun mouvement, aucune formation de qualités nouvelles ne peuvent anéantir ni effacer les valeurs et les qualités historiques déjà cristallisées. »
Nicolas Berdiaev
De l’inégalité, éditions L’Âge d’homme, 2008
« La morale de la survie a pris la place de l’héroïsme au sommet de l’échelle des qualités qu’on admire. »
Allan Bloom,
L’Âme désarmée, éditions Julliard, 1987