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Thème

Citations sur l'homme

Que serait donc un homme à ses propres yeux…

« Que serait donc un homme à ses propres yeux, s’il ne repré­sen­tait que soi-même ? Quand cha­cun de nous tourne la tête sur son épaule, il voit une suite indé­fi­nie de mys­tères, dont les âges les plus récents s’appellent la France. Nous sommes le pro­duit d’une col­lec­ti­vi­té qui parle en nous. Que l’influence des ancêtres soit per­ma­nente, et les fils seront éner­giques et droits, la nation une. »

Mau­rice Barrès
La Terre et les Morts, 1899, édi­tions de L’Herne, 2013

Celui qui accepte son sort…

« Celui qui accepte son sort et la nature guer­rière, tra­gique, vio­lente de la vie – celui qui sait rire et dan­ser au-des­sus des nuages par­fois ter­ribles de son des­tin – celui-là se des­sine assu­ré­ment en vue du sur­homme pour triom­pher radi­ca­le­ment du nihi­lisme, en lui et autour de lui. »

Julien Roche­dy
Nietzsche l’actuel : Intro­duc­tion à la phi­lo­so­phie nietz­schéenne, édi­tions Hétaire, 2020

Chaque fois, le divin est apparu aux hommes selon leur propre manière d’être…

« Chaque fois, le divin est appa­ru aux hommes selon leur propre manière d’être. Il a don­né figure à leur exis­tence et a d’abord fait d’eux ce qu’ils devaient être. »

Wal­ter F. Otto
L’es­prit de la reli­gion grecque ancienne : Theo­pha­nia (Theo­pha­nia. Der Geist der alt­grie­chi­schen Reli­gion), 1959, trad. Jean Lauxe­rois et Claude Roëls, Berg inter­na­tio­nal, 1995

Si donc nous-mêmes, nous n’avons pas la sagesse…

« Si donc nous-mêmes, nous n’avons pas la sagesse ni le mode de vie qu’il faut, ce n’est pas à la peti­tesse de notre patrie, mais à nous-mêmes que nous devons nous en prendre. »

Plu­tarque
Vies Paral­lèles II, Vie de Démos­thène, trad. J. Alexis Pier­ron, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1996

Le matin, quand tu as de la peine à te réveiller…

« Le matin, quand tu as de la peine à te réveiller, dis-toi : je me réveille pour accom­plir mon tra­vail d’homme. Se peut-il que je sois de mau­vaise humeur alors que je vais accom­plir la tâche pour laquelle je suis  ? Suis-je consti­tué pour res­ter cou­ché bien au chaud sous les couvertures ? »

Marc Aurèle
Pen­sées pour moi-même, trad. Fré­dé­rique Verv­liet, édi­tions Arléa, 2004

Aligner les pierres…

« Ali­gner les pierres : la plus osten­sible preuve que l’homme pou­vait ré-agen­cer le monde. Le men­hir était la repré­sen­ta­tion de sa volon­té. La géo­lo­gie avait cou­ché les strates. L’homme les rele­vait et cou­vrait la terre des preuves de son pou­voir. Le men­hir deve­nait le coup d’envoi de l’âge tech­nique, pierre inau­gu­rale de la trans­for­ma­tion du réel. On ima­gi­nait le rac­cour­ci, façon Stan­ley Kubrick : un méga­lithe puis la fis­sion de l’atome. »

Syl­vain Tesson
Avec les fées, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Lit­té­ra­ture, 2024

Il y a donc dans la perception…

« Il y a donc dans la per­cep­tion un para­doxe de l’immanence et de la trans­cen­dance. Imma­nence, puisque le per­çu ne sau­rait être étran­ger à celui qui per­çoit ; trans­cen­dance, puisqu’il com­porte tou­jours un au-delà de ce qui est actuel­le­ment donné. »

Mau­rice Merleau-Ponty
Le pri­mat de la per­cep­tion, Édi­tions Ver­dier, coll. Poche, 2014 (réédi­té en 2023)

La perception est donc un paradoxe…

« La per­cep­tion est donc un para­doxe, et la chose per­çue elle-même est para­doxale. Elle n’existe qu’en tant que quelqu’un peut l’apercevoir. »

Mau­rice Merleau-Ponty
Le pri­mat de la per­cep­tion, Édi­tions Ver­dier, coll. Poche, 2014 (réédi­té en 2023)

Pourquoi les hommes de bien endurent-ils tant d’infortunes…

« Pour­quoi les hommes de bien endurent-ils tant d’infortunes alors que rien de mal ne peut leur arri­ver ? En effet, les contraires sont incon­ci­liables ! De même que les fleuves, les pluies tor­ren­tielles et les sources médi­ci­nales ne peuvent chan­ger la saveur de la mer, ne peuvent pas l’adoucir, de même, les élans de l’adversité ne peuvent trou­bler une âme cou­ra­geuse : bien au contraire, ils conso­lident sa forte nature et c’est celle-ci qui s’impose aux évè­ne­ments car elle est plus forte que tout ce qui vient de l’extérieur. »

Sénèque
La Pro­vi­dence, édi­tions Arléa, trad. Fran­çois Ros­so, 1996

Il est évident que la cité est une réalité naturelle…

« Il est évident que la cité est une réa­li­té natu­relle et que l’homme est par nature un être des­ti­né à vivre en cité (ani­mal poli­tique) ; celui qui est sans cité est, par nature et non par hasard, un être ou dégra­dé ou supé­rieur à l’homme. »

Aris­tote
Poli­tique, Livre I‑2, IVe siècle avant notre ère, trad. Jean Aubon­net, édi­tions Gal­li­mard, coll. Tel, 1993

L’amour, chez la femme, n’est pas sentimental…

« L’a­mour, chez la femme, n’est pas sen­ti­men­tal – il ne l’est que chez l’homme – : il est une volon­té de vivre, par­fois ter­ri­ble­ment dépour­vu de sen­ti­men­ta­li­té et qui même la condui­ra au sacri­fice de soi. L’homme ain­si aimé ne peut échap­per à ce qu’il y a d’in­fé­rieur en lui, car il ne peut répondre à cette réa­li­té que par sa propre réa­li­té. »

Carl Gus­tav Jung
L’Âme et la Vie, recueil de textes, trad. Roland Cahen et Yves Le Lay, édi­tions Buchet-Chas­tel, 1963, Le Livre de Poche, coll. Réfé­rences, 1995

On ne saurait changer ce qu’on n’accepte pas…

« Il y a mal­heu­reu­se­ment beau­coup trop de gens qui parlent de l’homme comme il serait dési­rable qu’il fût et jamais de l’homme tel qu’il est en réa­li­té (…) On ne sau­rait chan­ger ce qu’on n’accepte pas. La condam­na­tion morale ne libère point, elle opprime ; dès que je condamne un être en mon for inté­rieur je ne suis plus son ami et je ne par­tage plus ses souf­frances ; je suis son oppresseur. »

Carl Gus­tav Jung
L’Âme et la Vie, recueil de textes, trad. Roland Cahen et Yves Le Lay, édi­tions Buchet-Chas­tel, 1963, Le Livre de Poche, coll. Réfé­rences, 1995

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