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Citations sur le peuple

L’Histoire n’est rien d’autre que l’autel…

« L’Histoire n’est rien d’autre que l’autel où ont été sacri­fiés le bon­heur des peuples, la sagesse des États et la ver­tu des individus. »

Frie­drich Hegel
La Rai­son dans l’histoire (Die Ver­nunft in der Ges­chichte), 1822 – 1830, trad. Kostas Papaïoan­nou, édi­tions Plon, 1965

Dans les luttes civiles, les soldats, sauf de rares exceptions…

« Dans les luttes civiles, les sol­dats, sauf de rares excep­tions, ne marchent qu’avec répu­gnance, par contrainte et par eau-de-vie. Ils vou­draient bien être ailleurs et regardent plus volon­tiers der­rière que devant eux. […] Dans les rangs popu­laires, rien de sem­blable. Là on se bat pour une idée. Supé­rieurs à l’adversaire par le dévoue­ment, ils le sont bien plus encore par l’intelligence. Ils l’emportent sur lui, dans l’ordre moral et même phy­sique, par la convic­tion, la vigueur, la fer­ti­li­té des res­sources, la vita­li­té du corps et de l’esprit. Ils ont la tête et le cœur. Nulle troupe au monde n’égale ces hommes d’élite. »

Auguste Blan­qui
En 1868, cité par Éric Bran­ca in 3 000 ans d’idées poli­tiques, Chro­nique édi­tions, 2014

Tant que ne se concrétise pas le péril d’une invasion…

« Tant que ne se concré­tise pas le péril d’une inva­sion ou d’une dis­pa­ri­tion par assi­mi­la­tion ou métis­sage, les peuples n’ont aucune rai­son de se méfier des étran­gers. Bien au contraire, ils les reçoivent dans le res­pect des lois de l’hospitalité. Tout change évi­dem­ment du jour où ils découvrent que l’hôte en pro­fite pour leur prendre leur femme ou leur fille, rafler leur bétail, les chas­ser de leur mai­son et s’emparer peut-être de l’âme de leur fils. »

Domi­nique Venner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races…

« Je ne vois pas pour­quoi il fau­drait pro­té­ger les races ani­males et lais­ser périr les peuples tels qu’ils ont été façon­nés par des mil­liers d’années de longue patience.
La véri­table éco­lo­gie, c’est de sau­ve­gar­der les baleines. Mais aus­si les Toua­regs et les Zou­lous, les Basques et les Serbes, les Fla­mands et les Bre­tons, les Écos­sais et les Estoniens. »

Jean Mabire
La torche et le glaive, édi­tions Libres opi­nions, 1994

La dure nécessité de la guerre dresse des hommes…

« La dure néces­si­té de la guerre dresse des hommes. C’est grâce à des peuples et contre des peuples que des peuples atteignent leur sta­ture de gran­deur intérieure. »

Oswald Spen­gler
Écrits his­to­riques et phi­lo­so­phiques. Pen­sées, édi­tions Coper­nic, 1980

La beauté de notre histoire, c’est d’abord celle d’un peuple…

« La beau­té de notre his­toire, c’est d’abord celle d’un peuple qui ne veut pas dis­pa­raître et qui s’accroche à l’existence de toutes les manières possibles.
Rien n’est plus contre-intui­tif, aujourd’hui, j’en conviens. Les modernes sec­taires aime­raient bien nous déra­ci­ner. Nos sym­boles, ils veulent les effa­cer, les lami­ner, les décons­truire. Ils pré­tendent nous libé­rer du pas­sé alors qu’ils nous déshu­ma­nisent, ils pro­voquent une détresse psy­chique et cultu­relle que nous pei­nons pour­tant à recon­naître, puisque nous ne vou­lons plus accor­der quelque droit que ce soit au pas­sé sur notre pré­sent. Même lorsqu’il est semé de traces nous per­met­tant de mieux nous com­prendre. Le sys­tème média­tique qui se fait le pro­pa­ga­teur d’une nou­velle culture glo­bale sou­vent insi­gni­fiante accor­dée aux prin­cipes de la mon­dia­li­sa­tion cherche à frap­per d’obsolescence l’héritage his­to­rique des peuples, qui entrave l’avènement de l’individu mondialisé. […]
On l’oublie, mais un peuple qui perd le goût de vivre peut mou­rir, en deve­nant étran­ger à lui-même et indif­fé­rent aux pro­messes qu’il s’était déjà fait. […] Un pays sans légendes, à la mémoire vide, aux racines sèches, n’est plus un pays, mais un ter­ri­toire sans âme, un ter­rain vague, sur lequel n’importe qui peut se per­mettre n’importe quoi. […] C’est par l’enracinement que nous décou­vrons la pos­si­bi­li­té de la renais­sance. Et je me dis qu’un pays qui renoue avec ses légendes, qui redé­couvre ses grands mythes, qui ne se laisse plus séduire par les décons­truc­teurs qui nous expliquent que tout, dans notre culture, est faux ou per­fide, peut du coup se réanimer. »

Mathieu Bock-Côté
Gilles Vigneault : poète de l’enracinement et de la renais­sance, Le Jour­nal de Mont­réal (blog), 24 novembre 2014

Chacun se voit assurer l’indépendance par rapport à de nombreuses…

« Cha­cun se voit assu­rer l’indépendance par rap­port à de nom­breuses formes de pres­sion éta­tique, la majo­ri­té dis­pose d’un confort dont nos pères et nos grands-pères n’avaient aucune idée, on peut désor­mais éle­ver la jeu­nesse dans l’esprit des nou­veaux idéaux, en l’appelant à l’épanouissement phy­sique et au bon­heur, de l’argent, des loi­sirs, en l’habituant à une liber­té de jouis­sance presque sans limites – alors dites-moi au nom de quoi, dites-moi dans quel but cer­tains devraient s’arracher à tout cela et ris­quer leur pré­cieuse vie pour la défense du bien com­mun, sur­tout dans le cas bru­meux où c’est encore dans un pays éloi­gné qu’il faut aller com­battre pour la sécu­ri­té de son peuple ? Même la bio­lo­gie sait cela : il n’est pas bon d’être habi­tué à un trop grand bien-être. Aujourd’hui, c’est de la vie de la socié­té occi­den­tale que le bien-être a com­men­cé de sou­le­ver son masque funeste. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

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