« Quand les sociétaires n’ont plus de langage commun, ils ne vivent plus que dans un entre-soi, n’ayant plus à partager ni croyance ni projet collectif. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
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« Quand les sociétaires n’ont plus de langage commun, ils ne vivent plus que dans un entre-soi, n’ayant plus à partager ni croyance ni projet collectif. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
« Le réveil nécessaire s’inscrit, pour chacun de nos pays, dans le combat pour sa langue face au sabir globish que le système tend à imposer. Tout autant dans le combat pour l’Histoire à un moment où certains historiens, aveuglés par l’idéologie, nous incitent à nous débarrasser du “poison de l’identité” et à nous reconnaître dans une histoire globale et “connectée”, à renoncer au roman national décrit comme une pure construction idéologique totalement illégitime pour rendre compte des “lendemains qui chantent” à venir… »
Philippe Conrad
Relever le défi migratoire, rendre à l’Europe son identité, allocution au troisième colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 9 avril 2016
« Mais cette fois, c’est notre sensibilité verbale qui s’est brutalisée, émoussée, dégradée… Le langage s’use en nous. L’épithète est dépréciée. L’inflation de la publicité a fait tomber à rien la puissance des adjectifs les plus forts. La louange et même l’injure sont dans la détresse ; on doit se fatiguer à chercher de quoi glorifier ou insulter les gens ! »
Paul Valéry
Le Bilan de l’intelligence, 1935, éditions Allia, coll. La très petite collection, 2011
« La verticalité est intrinsèque à la masculinité et à l’ancien ordre européen. Elle se manifeste par une tension naturelle vers le risque, la différence, l’altitude en tout. Elle méprise la sécurité, la tranquillité, l’indolence, l’hédonisme, qui sont penchants horizontaux. Elle distingue, élève, attribue un rang. Elle hiérarchise les idées et les personnes. L’ordre d’Homère est vertical comme l’est aussi le langage, l’élégance, la grammaire, les donjons, ou la forme que l’on donne aux authentiques créations. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
« Le temps de l’antiphrase, le mot pour un autre, l’euphémisme d’euphémisme et tout simplement le mensonge, président à ce qui survient, pour faire croire que cela ne survient pas. »
Renaud Camus
Le Grand Remplacement, éditions David Reinharc, 2011, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Dans l’arène, 2021
« Quant aux langues anciennes, elles présentent un cas particulièrement intéressant. D’une part, en tant que langues, elles constituent l’exemple clé de ce qui, à l’accoutumée, se transmet par simple tradition. D’autre part, leur transmission est uniquement active, elles sont l’objet d’un enseignement. C’est ce phénomène que l’on désigne par l’expression étrange de « langues mortes ». Elles peuvent devenir aussi vivantes que les autres, mais elles reçoivent leur vie de l’extérieur. Une langue morte peut d’ailleurs redevenir vivante, le cas de l’hébreu moderne le montre à l’évidence. »
Rémi Brague
Modérément moderne, éditions Flammarion, 2014
« L’étude des langues anciennes est le résultat de la liberté et d’elle seule. C’est pourquoi je m’associerai ici à l’éloge le plus flatteur qu’on en ait jamais fait : les langues anciennes ne servent à rien. Si elles servaient, elles seraient, le mot le dit, serviles. Les esclaves ou les affranchis qui s’imaginent critiquer les langues anciennes en leur reprochant de ne pas accepter le joug de la consommation trahissent par là, sur leur cou, la présence ou la trace encore fraîche du collier. »
Rémi Brague
Modérément moderne, éditions Flammarion, 2014
« Un matin, tandis que du haut de la terrasse, je parcourais des yeux la Marina, ses eaux m’apparurent plus profondes et plus lumineuses, comme si pour la première fois, j’eusse posé sur elles un regard non troublé. J’eus en cet instant même le sentiment presque douloureux du mot se séparant des choses, comme se brise la corde trop tendue d’un arc. J’avais surpris un lambeau du voile d’Isis de ce monde, et le langage à partir de cet instant me fut un imparfait serviteur. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
« […] Le laisser-aller langagier est la concession majeure faite aux esclaves mondialisés par des maîtres qui, n’en sachant eux-mêmes guère plus sur la langue, ne peuvent qu’abonder dans le sens des esclaves, en une langue infiniment divertie d’elle-même. Rien n’est grave, dans le monde horizontal, puisqu’il n’y a plus ni événement, ni valeur, ni sens, et que l’individu y règne en lieu et place des peuples : il est, l’individu, la synecdoque misérable du peuple. De la même façon que le sujet s’est éteint dans l’avènement de l’individu, on peut dire que la langue française est morte avec l’avènement de sa mauvaise conscience au sein de la communication. Mauvaise conscience qui, doublée d’une efficacité politique, conduit à l’anglais plus sûrement que le divertissement hollywoodien. »
Richard Millet
Arguments d’un désespoir contemporain, Hermann éditeurs, 2011
« La logique du révolté est […] de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel. »
Albert Camus
L’Homme révolté, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1951
« La seule invention véritable est de déchiffrer le présent sous ses aspects incohérents et son langage contradictoire. Mais si tu te laisses aller aux balivernes que sont tes songes creux concernant l’avenir, tu es semblable à celui-là qui croit pouvoir inventer sa colonne et bâtir des temples nouveaux dans la liberté de sa plume. Car comment rencontrerait-il son ennemi et, ne rencontrant point d’ennemi, par qui serait-il fondé ? Contre qui modèlerait-il sa colonne ? La colonne se fonde, à travers les générations, de son usure contre la vie. Ne serait-ce qu’une forme, tu ne l’inventes point mais tu la polis contre l’usage. Et ainsi naissent les grandes œuvres et les empires.
Il n’est jamais que du présent à mettre en ordre. À quoi bon discuter cet héritage ? L’avenir, tu n’as point à le prévoir mais à le permettre. »
Antoine de Saint-Exupéry
Citadelle, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1948, coll. Folio, 2000