« Les Anglais sont un peuple de pirates qui, après avoir pillé le monde, ont commencé à s’ennuyer. »
Emil Cioran
Des larmes et des saints, 1937, Éditions de L’Herne, coll. Méandres, 1986
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« Les Anglais sont un peuple de pirates qui, après avoir pillé le monde, ont commencé à s’ennuyer. »
Emil Cioran
Des larmes et des saints, 1937, Éditions de L’Herne, coll. Méandres, 1986
« De toutes les races d’hommes [les anciens Grecs], la plus accomplie, la plus belle, la plus enviée, la plus séduisante, la plus entraînante vers la Vie… »
Friedrich Nietzsche
La Naissance de la Tragédie (Die Geburt der Tragödie), 1872, trad. Patrick Wotling, éditions Le Livre de Poche, 2013
« Lorsque l’anarchiste, comme porte-parole des couches sociales en décadence, réclame, dans une belle indignation, le « droit », la « justice », les « droits égaux », il se trouve sous la pression de sa propre inculture qui ne sait pas comprendre pourquoi au fond il souffre, — en quoi il est pauvre en vie… Il y a en lui un instinct de causalité qui le pousse à raisonner : il faut que ce soit la faute à quelqu’un s’il se trouve mal à l’aise… Cette « belle indignation » lui fait déjà du bien par elle-même, c’est un vrai plaisir pour un pauvre diable de pouvoir injurier — il y trouve une petite ivresse de puissance. Déjà la plainte, rien que le fait de se plaindre peut donner à la vie un attrait qui la fait supporter : dans toute plainte il y a une dose raffinée de vengeance, on reproche son malaise, dans certains cas même sa bassesse, comme une injustice, comme un privilège inique, à ceux qui se trouvent dans d’autres conditions. « Puisque je suis une canaille tu devrais en être une aussi » : c’est avec cette logique qu’on fait les révolutions. Les doléances ne valent jamais rien : elles proviennent toujours de la faiblesse. »
Friedrich Nietzsche
Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau (Götzen-Dämmerung oder wie man mit dem Hammer philosophiert), 1888, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2005
« Méditant sur l’âme européenne dans ce qui la distingue de l’Orient proche ou lointain, Ernst Jünger a isolé comme révélatrice la libre détermination d’Alexandre tranchant l’immobilité du nœud gordien. Si l’Asie épouse les énergies du monde, l’Europe est tentée de s’en emparer pour les soumettre à sa volonté. L’une est associée à la force apparemment tranquille de l’eau, l’autre à celle du feu. En Occident, l’éthique et la philosophie n’échappent jamais à la volonté. L’une et l’autre ne sont pas seulement des chemins vers la sagesse, mais une construction de soi par l’exercice du corps, de l’âme et de l’esprit, comme dans un gymnase, ce lieu de l’éducation grecque qui a perduré jusqu’à nous malgré ses altérations. Il n’est donc pas surprenant que l’histoire, théâtre de la volonté, ait été une invention européenne. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
« Aucune action violente n’est possible si elle n’est précédée d’une intense campagne d’explication. Les esprits doivent être déjà gagnés à la cause, sans même s’en rendre compte, quand surgit, au grand jour, l’opportunité. »
Jean Mabire
Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, éditions Terre et Peuple, 1998
« Déesse, chante-nous la colère d’Achille, de ce fils de Pélée, colère détestable, qui valut aux Argiens d’innombrables malheurs et jeta dans l’Hadès tant d’âmes de héros, livrant leurs corps en proie aux oiseaux comme aux chiens : ainsi s’accomplissait la volonté de Zeus. Commence à la querelle où deux preux s’affrontèrent : l’Atride, chef de peuple, et le divin Achille. »
Homère
Iliade, Chant I, invocation, vers 800 – 725 avant notre ère
« La gloire n’est pas pour les Grecs quelque chose qu’on reçoive ou non par-dessus le marché ; elle est la manifestation de l’être le plus haut. Pour les hommes d’aujourd’hui la gloire n’est plus depuis longtemps que la célébrité, et par suite quelque chose de très douteux, un acquêt jeté et distribué ici et là par les journaux et la radio — presque le contraire de l’être. »
Martin Heidegger
Introduction à la métaphysique (Einführung in die Metaphysik), 1935, trad. Gilbert Kahn, éditions Gallimard, 1958, coll. TEL, 1980
« Ils entendent sans comprendre et sont semblables à des sourds. Le proverbe s’applique à eux : présents ils sont absents. »
Héraclite
Fragments, 34, 576 – 480 av. notre ère, trad. Jean-François Pradeau, éditions Garnier-Flammarion, 2018
« Aucun “européiste” moderne, d’ailleurs, ne parlera jamais de l’Europe en tant que civilisation ou entité politique structurée. Pour les partisans de l’oligarchie monétaire, en effet, l’histoire européenne n’existe tout simplement pas : il n’est jamais fait aucune mention des poèmes épiques d’Homère, des conquêtes de la Grèce classique, de l’esprit de Rome, des hauts faits de Charlemagne, de la spiritualité médiévale, ou des œuvres de la Renaissance. Nous sommes comme piégés dans un éternel présent : soit ce qui nous précède n’existe pas, soit ce qui nous précède doit être reprogrammé selon les directives d’un nouveau récit mondialiste. »
Pietro Ciapponi
Les défis de l’Europe. Les racines d’une civilisation et les limites d’une bureaucratie, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Iliade, 2023