« C’est l’expérience qui dégagera les lois, la connaissance des lois ne précède jamais l’expérience. »
Antoine de Saint-Exupéry
Vol de nuit, 1931, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1931, coll. Folio, 1971
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« C’est l’expérience qui dégagera les lois, la connaissance des lois ne précède jamais l’expérience. »
Antoine de Saint-Exupéry
Vol de nuit, 1931, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1931, coll. Folio, 1971
« Qu’est-ce qui distingue fondamentalement l’Empire de la nation ? C’est d’abord le fait que l’Empire n’est pas seulement un territoire, mais aussi, et même essentiellement, un principe ou une idée. […] L’essentiel tient au fait que l’empereur tient son pouvoir de ce qu’il incarne un principe qui excède la simple possession. En tant que dominus mundi, il est le suzerain des princes et des rois, c’est-à-dire qu’il règne sur des souverains, non sur des territoires, et représente une puissance transcendant les communautés fédérées dont il assume la direction. […] Evola rappelle également que « l’ancienne notion romaine de l’imperium, avant d’exprimer un système d’hégémonie territoriale supranationale, désigne la pure puissance du commandement, la force quasi mystique de l’auctoritas » […]
L’Empire vise à unifier à un niveau supérieur sans supprimer la diversité des cultures, des ethnies et des peuples. Il cherche à associer les peuples à une communauté de destin, sans pour autant les réduire à l’identique. Il est un tout où les parties sont d’autant plus autonomes que ce qui les réunit est plus solide – et ces parties qui le constituent restent des ensembles organiques différenciés. Moeller van den Bruck plaçait l’Empire sous le signe de l’unité des contraires, et c’est une image qu’on peut en effet retenir. Julius Evola, lui, définissait l’Empire comme « une organisation supranationale telle que l’unité n’agisse pas dans le sens d’une destruction et d’un nivellement de la multiplicité ethnique et culturelle qu’elle englobe ». C’est l’image classique de l’universitas, par opposition à la societas unitaire et centralisée. La différence n’y est pas abolie, mais intégrée. »
Alain de Benoist
L’empire intérieur, éditions Fata Morgana, 1995
« L’habitude des élections va nous obliger à faire la cour à la dernière classe du peuple. »
Stendhal
Mémoire d’un touriste, 1854
« L’homme moderne, l’homme de la technique, obsédé par son efficience, les objectifs à atteindre, n’a pour univers mental que ce qui est subordonné à cette efficacité. Beauté, sagesse, poésie, sont subalternes, à moins d’être monnayables. La tyrannie de l’efficience débouche sur l’invivable, sur une nouvelle barbarie sans la santé des barbares : la ville qui n’est pas une ville, la domination de l’argent, le saccage de la nature et la manipulation du vivant. À force de calculer, l’homme rencontre l’incalculable. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
« Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races animales et laisser périr les peuples tels qu’ils ont été façonnés par des milliers d’années de longue patience.
La véritable écologie, c’est de sauvegarder les baleines. Mais aussi les Touaregs et les Zoulous, les Basques et les Serbes, les Flamands et les Bretons, les Écossais et les Estoniens. »
Jean Mabire
La torche et le glaive, éditions Libres opinions, 1994
« Partout où elle a pris le pouvoir, la bourgeoisie a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissaient l’homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du paiement au comptant. Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité traditionnelle, dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange… La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu’on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. La bourgeoisie a déchiré le voile de sentimentalité qui recouvrait les relations de famille et les a réduites à n’être que de simples rapports d’argent… La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les conditions de la production, c’est-à-dire les rapports sociaux… Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelle distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes… Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés… La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville, elle a subordonné les peuples de paysans aux peuples de bourgeois… »
Karl Marx et Friedrich Engels
Le Manifeste du parti communiste (Manifest der kommunistischen Partei), 1848, trad. Émile Bottigelli, éditions Flammarion, 1998
« Le régime dans lequel nous vivons, nonobstant les parures dont il s’affuble, est celui d’une démocratie dissociée de la souveraineté du peuple. Une démocratie purement formelle confisquée par une oligarchie. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
« La société capitaliste était prédestinée dès sa naissance à devenir la société totalitaire. »
Georges Bernanos
La Liberté pour quoi faire ?, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1953
« Il aura fallu quarante-cinq mille ans pour que le marché supplante le sacré. Dépouillé de ses oripeaux symboliques par les philosophies du soupçon, l’homo œconomicus a pris la relève de l’homo religiosus définitivement disqualifié pour manque d’appétence consumériste. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
« Le totalitarisme surgit de l’atomisation de la société, qui accompagne historiquement la montée et l’émancipation politique de la classe bourgeoise. »
Alain de Benoist
Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017
[La discrimination positive] « Une sorte de racisme d’État, une politique de quotas ethniques, un système qui fonde en droit la supériorité des minorités reconnues aux dépens de la majorité ou des autres minorités non qualifiées, une machine à fabriquer du ressentiment et, bouillonnant dans la grande cuve du multiculturalisme, les ferments d’une future guerre civile. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
« [Ce que nous vivons ?] Une sortie brutale du monde du dû et du lien au monde du soi et du droit. »
Hervé Juvin
Le renversement du monde. Politique de la crise, éditions Gallimard, 2010