« Les spécialistes consacrent tant d’énergie à enquêter sur la plausibilité des choses qu’ils finissent par en négliger la substance ! »
Sylvain Tesson
Un été avec Homère, éditions des Équateurs, 2018
Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne
Nous menons un travail long et exigeant afin d'assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.
« Les spécialistes consacrent tant d’énergie à enquêter sur la plausibilité des choses qu’ils finissent par en négliger la substance ! »
Sylvain Tesson
Un été avec Homère, éditions des Équateurs, 2018
« Aligner les pierres : la plus ostensible preuve que l’homme pouvait ré-agencer le monde. Le menhir était la représentation de sa volonté. La géologie avait couché les strates. L’homme les relevait et couvrait la terre des preuves de son pouvoir. Le menhir devenait le coup d’envoi de l’âge technique, pierre inaugurale de la transformation du réel. On imaginait le raccourci, façon Stanley Kubrick : un mégalithe puis la fission de l’atome. »
Sylvain Tesson
Avec les fées, Éditions des Équateurs, coll. Littérature, 2024
« Personne ne peut affirmer que l’homme fait montre de supériorité quand, employant un moyen technique quelconque, il devient capable de ceci ou de cela : maître de la bombe atomique, capable de désintégrer une planète en appuyant sur un bouton, il ne cesse d’être un homme et de n’être qu’un homme. Il y a pire : s’il arrivait que, par quelque cataclysme, les hommes du kali-yuga fussent privés de toutes leurs machines, ils se trouvaient probablement, dans la plupart des cas, dans un état de plus grande impuissance devant les forces de la nature et des éléments, que le primitif non civilisé. Parce que les machines, justement, et le monde de la technique ont atrophié les vraies forces humaines. On peut dire que c’est par un véritable mirage luciférien que l’homme moderne a été séduit par la “puissance” dont il dispose et dont il est fier. »
Julius Evola
Le yoga tantrique : sa métaphysique, ses pratiques (Lo yoga della potenza), 1949, trad. Gabrielle Robinet, Fayard éditions, coll. L’espace intérieur, 1971
« Les inventions techniques d’aujourd’hui sont l’instrument d’une extraordinaire domination sur les masses. […] Le choix entre la liberté et l’asservissement n’est pas donné dans la technique en tant que telle. Celle-ci peut être révolutionnaire ou réactionnaire, elle peut servir la liberté ou l’oppression, la centralisation ou la décentralisation. »
Carl Schmitt
La notion de politique (Der Begriff des Politischen), 1927, éditions Calmann-Lévy, 1972, trad. Marie-Louise Steinhauser, éditions Flammarion, coll. Champs classiques, 2009
« De nos jours encore, parmi les peuples industrialisés, les grandes masses demeurent adeptes d’une obscure religion de la technicité car elles sont, comme toutes les masses, avides de conclusions extrêmes et inconsciemment convaincues d’y avoir trouvé la dépolitisation absolue, […] qui signifie la fin de toute guerre et l’aube de la paix universelle. […] Nous savons qu’aujourd’hui c’est toujours au nom de la paix qu’est menée la guerre la plus effroyable, que l’oppression s’exerce au nom de la liberté et l’inhumanité la plus atroce au nom de l’humanité. »
Carl Schmitt
La notion de politique (Der Begriff des Politischen), 1927, éditions Calmann-Lévy, 1972, trad. Marie-Louise Steinhauser, éditions Flammarion, coll. Champs classiques, 2009
« Défini par la complainte des talus et la colère des vagues, traînant dans mes veines une sève paysanne barattée de noroîts, j’avais voulu m’identifier avec mon pays contre le temps de la technique et de l’anonymat. Chantant ma patrie, je m’étais chanté. »
Xavier Grall
La Fête de nuit, Éditions Kelenn, 1972, rééd. Terre De Brume, 2010
« Le super-héros renvoie (…) à l’eugénisme raciste alors très en vogue dans les pays anglo-saxons depuis la fin du XIXe siècle : le thème d’une race supérieure qui va s’imposer aux hommes, comme dans le roman d’Edward Bulwer Lytton La Race à venir, publié en 1871. Aldous Huxley sera d’ailleurs influencé par son frère Julian, biologiste de renom et promoteur de l’eugénisme, dans sa description du meilleur des mondes. »
Michel Geoffroy
Bienvenue dans le meilleur des mondes. Quand la réalité dépasse la science-fiction, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Cartouches, 2023
« Ce n’est sans doute pas un hasard si, dans la seconde moitié du XXe siècle, à côté de la dénonciation du monde des Titans et de l’anticipation d’une décadence de l’homme, la science-fiction dystopique annonce un ordre totalitaire à venir. Car c’est bien dans ce domaine que la réalité, notre réalité, rejoint le plus sûrement la science-fiction. »
Michel Geoffroy
Bienvenue dans le meilleur des mondes. Quand la réalité dépasse la science-fiction, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Cartouches, 2023
« (…) La science-fiction ne constitue pas un genre univoque. Car, à côté de l’optimisme de commande qui caractérisera la science-fiction rêvant d’un happy end galactique, de nombreux auteurs vont au contraire se démarquer du progressisme, en particulier pour mettre en garde contre un monde déshumanisé par la technique, contre le risque de décadence de l’homme, enfin contre l’apparition d’une nouvelle tyrannie. »
Michel Geoffroy
Bienvenue dans le meilleur des mondes. Quand la réalité dépasse la science-fiction, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Cartouches, 2023
« La science-fiction de la seconde moitié du XXe siècle vise à faire rêver le “monde libre” d’un avenir technologiquement radieux, au sortir de deux guerres mondiales. Il s’agit essentiellement d’une projection de la puissance des États-Unis. Et en Europe, elle accompagne l’optimisme des Trente Glorieuses. »
Michel Geoffroy
Bienvenue dans le meilleur des mondes. Quand la réalité dépasse la science-fiction, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Cartouches, 2023
« L’écran est en train de tuer le livre, les films, les séries et les jeux vidéo fournissant un rêve formaté et standardisé à la portée des analphabètes. L’écran devient donc la principale expression populaire de la science-fiction, parce qu’il vulgarise des romans ou des fanzines que les spectateurs n’auraient de toute façon jamais lus. »
Michel Geoffroy
Bienvenue dans le meilleur des mondes. Quand la réalité dépasse la science-fiction, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Cartouches, 2023
« Toutefois, le poète dénonce moins le développement des techniques que l’idéologie qui le sous-tend : celle du progrès et d’une raison réduite à sa puissance logique et calculeuse, instrument du désenchantement, source de la “désillusion analytique, scientifique” et, surtout, réductrice, la “réalité mesquine” se substituant au réel. »
Rémi Soulié
Frédéric Mistral. Patrie charnelle et Provence absolue, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2023