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Il faut que nous nous employions à la sauvegarde…

« Oui, il faut que nous nous employions à la sau­ve­garde des gens mariés, des veuves, des vieilles gens et des orphe­lins. Mais pour cela nous devons être plus nom­breux, il faut que nous arri­vions à être une cen­taine et davan­tage, tous des gars comme nous, qui res­tent capables de rire, même si la gre­naille de plomb ne veut pas se détour­ner de leur che­min. Cha­cun doit donc se trou­ver un ou deux ou trois bons amis qui devront nous aider en cas de besoin. Mais il faut qu’ils soient tous gar­çons et qu’aucun ne soit fils unique d’une veuve, et s’il y en a un qui a déjà fait un gosse à une fille, il faut qu’il réflé­chisse avant de s’engager envers nous. Mais s’il y en a un dans ce cas-là et qu’il lui arrive mal­heur, ce sera notre devoir de venir en aide à la femme et à l’enfant pour les tirer de la détresse et du besoin. Et main­te­nant, nous allons nous jurer fra­ter­ni­té, pour les jours de détresse jus­qu’à la mort, pour le meilleur et pour le pire, afin que nous agis­sions tous pour un et un pour tous, mais aus­si nous tous pour tous ceux qui vivent dans le marais et sont de notre race. »

Her­mann Löns
Le Loup-Garou (Der Wehr­wolf), 1910, édi­tions Art et His­toire d’Europe, 1988

À propos de l'auteur

Hermann Löns (1866-1914) est un journaliste et écrivain allemand. Cité par Ernst Jünger comme le « Poète de la lande », il est connu pour ses romans et poèmes célébrant les gens et les paysages d'Allemagne du Nord, en particulier le Lüneburg, ainsi que pour ses chants populaires. Poète de la nature, écologiste engagé, il est à l’origine de la première réserve naturelle d’Allemagne. Der Wehrwolf (1910) est son livre le plus célèbre.
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Les 10 dernières citations

Un pays qui n’a plus de légendes…

« Un pays qui n’a plus de légendes, dit le poète, est condam­né à mou­rir de froid. C’est bien pos­sible. Mais un peuple qui n’aurait pas de mythes serait déjà mort. La fonc­tion de la classe par­ti­cu­lière de récits que sont les mythes est en effet d’exprimer dra­ma­ti­que­ment l’idéologie dont vit la socié­té, de main­te­nir devant sa conscience non seule­ment les valeurs qu’elle recon­naît et les idéaux qu’elle pour­suit de géné­ra­tion en géné­ra­tion, mais d’abord son être et sa struc­ture mêmes, les élé­ments, les liai­sons, les équi­libres, les ten­sions qui la consti­tuent, de jus­ti­fier enfin les règles et les pra­tiques tra­di­tion­nelles sans quoi tout en elle se disperserait. »

Georges Dumé­zil
Heur et mal­heur du guer­rier, Presses uni­ver­si­taires de France, 1969, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs, 1999

On n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné…

« On n’a rien don­né tant qu’on n’a pas tout don­né. À com­men­cer par soi-même : son corps, son esprit et sa joie. Pour cela, for­mons une pha­lange d’hommes inac­ces­sibles au décou­ra­ge­ment, fidèles et inso­lents, radi­caux et intel­li­gents, réa­listes et révo­lu­tion­naires. Don­nons tout et ne leur lais­sons rien ! »

Julien Lan­gel­la
Refaire un peuple. Pour un popu­lisme radi­cal, édi­tions La Nou­velle Libraire, 2021

Ris donc ennemi féroce…

« Ris donc enne­mi féroce !
Mais prend garde car tout trépasse !
Seule la gloire ne s’éteindra pas ;
Elle ne s’éteindra pas, et racontera
Ce qui est adve­nu en ce monde,
Qui avait rai­son et qui avait tort,
Et de qui nous sommes les fils. »

Taras Chevt­chen­ko
Kob­zar (Кобзар), 1840, trad. de l’ukrainien par D. Cla­ri­nard, J. Horets­ka, E. Mas­sis, S. Maillot et T. Sirot­chouk, édi­tions Bleu & Jaune, 2015

Inverser rapidement le processus des déconstructeurs…

« Si, aujourd’hui, il n’est guère envi­sa­geable d’inverser rapi­de­ment le pro­ces­sus des décons­truc­teurs, du moins est-il pos­sible de faire ce salu­taire pas de côté, vers un ailleurs où trans­cen­der nos héri­tages. »

Anne-Laure Blanc
Pour un renou­veau artis­tique : l’exigence de la beau­té in Pour un réveil euro­péen, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Iliade, 2020

Une nation n’est saine…

« Une nation n’est saine que si cha­cun s’y regarde comme un homme, non regar­dant der­rière soi, ni pre­nant le vent, ni ron­gé de peur, ni jaune d’ambition, non ten­dant la bouche à la gour­mette de quelque tra­hi­son, mais fidèle à sa parole d’homme, à l’enga­ge­ment avec lequel il est entré dans la vie, à la pro­messe faite non seule­ment à celui qui guide et dans lequel on le recon­naît, mais à tra­vers lui à tous les cama­rades de tra­vail et de combat. »

Mau­rice Bardèche
Qu’est-ce que le fas­cisme ?, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1961, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Ça y est, c’est le bonheur…

« Ça y est, c’est le bon­heur, hein ? Il y a du sau­cis­son et des bananes. On se vautre dans la merde et on ne bouffe que de la nour­ri­ture impor­tée. Au lieu d’une Patrie, on a un immense super­mar­ché. »

Svet­la­na Aleksievitch
La fin de l’homme rouge ou le temps du désen­chan­te­ment (Время секонд хэнд (Конец красного человека), trad. Sophie Benech, édi­tions Actes Sud, 2013

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