« Rien ne stimule mieux la pensée que le geste du faucheur. »
Henri Vincenot
L’œuvre de chair, éditions Denoël, 1984
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« Rien ne stimule mieux la pensée que le geste du faucheur. »
Henri Vincenot
L’œuvre de chair, éditions Denoël, 1984
« Art. 4. Lorsque la première offense est un démenti, l’offenseur doit demander pardon en terme exprès, ou échanger deux coups avant toute excuse, ou trois avant toute explication ; ou sinon continuer à faire feu jusqu’à tant que l’une des parties essuie une blessure légère.
Art. 21. Les seconds doivent tenter une conciliation avant la rencontre, ou bien après un échange de feu ou de coups jugé suffisant.
Art. 22. Toute blessure assez sérieuse pour troubler les nerfs et nécessairement, faire trembler la main, met fin aux hostilités pour ce jour-là.
Art. 25. Si les seconds se querellent et résolvent eux aussi de se battre, ce doit être en même temps que les principaux duellistes, et perpendiculairement à eux ; ou bien côte à côte, à distance de cinq pas, s’ils se battent à l’épée. »
Ben Schott
Code irlandais du duel, Assises de Clonmell (1777), Les Miscellanées de Mr Schott, 2005
« Mais, dans la difficulté, je ne l’ai jamais entendu émettre la moindre plainte. C’est qu’il tient le renoncement pour une trahison. Quand il commence à douter de sa capacité à venir à bout d’un obstacle physique, il a volontiers recours à cette pensée de Péguy : “Réfléchir c’est commencer à capituler”. »
Sylvain Tesson
L’axe du loup, éditions Robert Laffont, 2004
« La haute montagne peut permettre à certains d’assouvir leur goût stupide du risque pour le risque ; elle peut permettre à des gens plus ou moins « entraînés » et inconscients de pratiquer une activité sportive banale ; elle peut être le luxe que se paient des hommes à l’esprit étroit pétrifiés par la « civilisation » des plaines de regarder à la jumelle des « panoramas » touristiques. Mais, pour d’autres, elle n’est rien de tout cela : elle est une voie de libération, de dépassement, d’accomplissement intérieur.
Les deux grands pôles de la vie à l’état pur, l’action et la contemplation, s’y confondent.
L’action, c’est la responsabilité absolue, le fait de se sentir absolument seul, de ne pouvoir compter que sur sa force et son courage, joints à une maîtrise de soi lucide et chirurgicale.
La contemplation, c’est l’essence même de cette expérience héroïque : le regard devient circulaire et solaire, il n’y a plus que le ciel et des forces pures et libres qui reflètent et figent l’immensité dans le chœur titanique des sommets. »
Julius Evola
Méditations du haut des cimes (Meditazioni delle vette), 1974, trad. Bruno Cariou, Les éditions du Lore, 2012
« Le bonheur c’est d’être présent à ce que l’on fait. »
Alexandre Poussin et Sylvain Tesson
La marche dans le ciel, éditions Robert Laffont, 1998
« Méditant sur l’âme européenne dans ce qui la distingue de l’Orient proche ou lointain, Ernst Jünger a isolé comme révélatrice la libre détermination d’Alexandre tranchant l’immobilité du nœud gordien. Si l’Asie épouse les énergies du monde, l’Europe est tentée de s’en emparer pour les soumettre à sa volonté. L’une est associée à la force apparemment tranquille de l’eau, l’autre à celle du feu. En Occident, l’éthique et la philosophie n’échappent jamais à la volonté. L’une et l’autre ne sont pas seulement des chemins vers la sagesse, mais une construction de soi par l’exercice du corps, de l’âme et de l’esprit, comme dans un gymnase, ce lieu de l’éducation grecque qui a perduré jusqu’à nous malgré ses altérations. Il n’est donc pas surprenant que l’histoire, théâtre de la volonté, ait été une invention européenne. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
« Je poursuis un autre chemin, en altitude, ma mystique s’émerveille des vrais chefs d’œuvre et s’étonne de pouvoir regarder, entendre, sentir la nature. Vous avez laissé votre intelligence, ce tyran stupide, tirer un épais rideau devant vos yeux, vous ne pouvez donc pas voir que vous êtes entourés de vraies merveilles. Vous avez laissé cette compagne importune dire quelques mots futiles au sujet des mystères du monde, vous croyez donc en être arrivés à dominer tout mystère, vous croyez les avoir résolus scientifiquement, selon des lois et vous êtes fiers, espèces de fous, de ne plus vous étonner de rien. Vous ne pressentez même pas que vous possédez les clefs qui vous permettront de déchiffrer ces millions de runes, les plus fines impressions, les milliers de sentiments différents de votre cœur. Si vous vous entraînez à retrouver sans cesse ce pouvoir d’émerveillement, à obéir en vous aux impressions les plus légères et les plus nuancées, à amplifier les sons, comme si vous aviez un microphone, et à vous élever de l’obscurité à la lumière, — alors vous parviendrez à l’âme des choses et vous pourrez écouter la parole de Dieu. Mais tous les concepts généraux, tout le pauvre vocabulaire avec lequel l’intelligence humaine bornée croit appréhender l’inépuisable univers, vous devez les fouler au pied avec mépris. Chaque vision, chaque vue différente de la montagne, chaque petite plante, chaque coup d’aile du choucas, chaque regard humain, le silence sacré de ce lever de soleil sur le col du Mönch, vous devez les ressentir comme quelque chose d’unique, comme quelque chose qui n’a jamais existé auparavant, comme un miracle inouï, et vous laisser imprégner de leurs particularités. Alors votre vie ne sera plus qu’une chaîne de révélations et vous vous serez métamorphosés en enfants naïfs, en dieux grecs.
De nouveau un autre monde, attendu avec curiosité. Nous n’avons pas la surprise de découvrir des horizons lointains ; nous sommes au contraire à l’entrée du petit jardin enchanté de Laurin. […]
Voilà ce que j’ai trouvé pour la première fois dans la montagne et ce que je cherche désormais en connaissance de cause : l’unité infinie et l’harmonie des forces et des éléments de la nature, tout comme l’harmonie des forces, des pulsions, des sentiments de mon moi profond et l’harmonie de ces deux ensembles l’un envers l’autre. Pendant que notre civilisation acculturée disperse et désunit tout, c’est en montagne, dans cette vaste nature qui aspire au divin, que chaque individualité peut se fondre dans le cosmos. Ce n’est pas une petite harmonie superficielle, à trois sous. Les pics les plus bizarres, les précipices les plus affreux, les hurlements de la tempête, les avalanches destructrices se mêlent en une parfaite unité avec le plus doux des rayons de soleil, le plus léger voile de brume, l’insecte minuscule, la fleur qui brille en silence sur le rocher. […]
L’alpinisme nous permet de fonder un homme complet, il nous sort de l’arbitraire barbare pour nous élever vers une harmonie sœur de l’harmonie grecque. Pendant près de deux millénaires, le corps a été officiellement méprisé et assujetti comme un principe mauvais, la pensée monacale avait dissocié le corps et l’esprit. Nous qui voulons être à la pointe de la modernité, nous sommes revenus bien en deçà, nous sommes joyeux d’appartenir à la terre. Nous pouvons de nouveau, comme les Grecs ingénus, nous réjouir ouvertement de la beauté physique et de l’action impétueuse. »
Eugen Guido Lammer
Jungborn (Fontaine de Jouvence), 1922, trad. Anne-Laure Blanc (non éditée), selon l’édition Rother Verlag de 1935