« Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique. »
Charles Péguy
Notre jeunesse, Les Cahiers de la Quinzaine, XI-12, 1910, in Œuvres en prose complètes, Tome III, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1992
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« Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique. »
Charles Péguy
Notre jeunesse, Les Cahiers de la Quinzaine, XI-12, 1910, in Œuvres en prose complètes, Tome III, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1992
« Exister, c’est se vouer et se dévouer. Mais mourir, c’est parfois une autre façon d’exister. […] La mort n’est pas seulement le drame que l’on dit, sinon pour ceux qui pleurent sincèrement le disparu. Elle met fin aux maladies cruelles et interrompt le délabrement de la vieillesse, donnant leur place aux nouvelles générations. La mort peut se révéler aussi une libération à l’égard d’un sort devenu insupportable ou déshonorant. Sous sa forme illustrée par les Samouraï et les “vieux Romains”, elle peut constituer la plus forte des protestations contre une indignité autant qu’une provocation à l’espérance. »
Dominique Venner
Éditorial de La Nouvelle Revue d’Histoire (NRH), N°64, La fin des Habsbourg, janvier-février 2013
« Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. »
Octave Mirbeau
La grève des électeurs, in Le Figaro, 1888
« Le monde est à ceux qui se donnent la peine de le changer. »
Michel de Saint-Pierre
Les nouveaux aristocrates, éditions Calmann-Lévy, 1961
« Nous sommes entrés dans un monde où tout ce qui était solide et durable est devenu transitoire et insignifiant. Un monde de flux et de reflux, relevant d’une sorte de logique “maritime” et liquide. Les types humains qui prédominent sont ceux du narcissique immature, de l’arriviste forcené, de l’imposteur satisfait. Mélange d’intolérance sectaire et d’hédonisme de bas niveau sur fond d’idées fausses et d’hygiénisme puritain. La constante progression de l’inculture me désole également. L’inculture n’est certes pas nouvelle. Sans doute était-elle-même plus répandue dans le passé qu’elle ne l’est aujourd’hui, mais au moins ce n’étaient pas les incultes qui donnaient le ton. »
Alain de Benoist
Mémoire vive, entretiens avec François Bousquet, éditions de Fallois, 2012
« La démocratisation devrait aujourd’hui être synonyme d’une instauration d’institutions au moyen desquelles les marchés pourraient être à nouveau l’objet d’un contrôle par la société […]. Avant que quoi que ce soit puisse être sérieusement inscrit à l’ordre du jour, il faudrait au moins une mobilisation politique de longue haleine, et des perturbations durables de l’ordre social actuellement en cours de formation. »
Wolfgang Streeck
Du temps acheté. La crise sans cesse ajournée du capitalisme, éditions Gallimard, 2014
« Le fait que la Monarchie n’apparaisse pas “actuelle” prouve non pas un progrès, mais une régression : cela signifie qu’une certaine partie de l’humanité est tombée tellement bas qu’elle n’est plus à la hauteur d’une telle institution. »
Julius Evola
cité dans Totalité, n°26, 1986
« La paix civile, c’est bien connu, c’est quand chacun dort chez soi. Le meilleur allié du bonnet phrygien, c’est le bonnet de nuit. »
Sylvain Tesson
Petit traité sur l’immensité du monde, éditions des Équateurs, 2005
« Le mythe du héros nous semble particulièrement nécessaire en démocratie où le régime repose sur les vertus des citoyens. Sa disparition montre la dégénérescence de la démocratie en oligarchie, ce que nous connaissons aujourd’hui. »
Ivan Blot
Le héros dans notre civilisation : héros tragiques et héros historiques, premier opus du cycle de conférences sur « L’homme héroïque », 2 septembre 2015
« La tradition musicale peut encore, non sans quelque implication politique, ouvrir de nouveaux champs de réflexion aux créateurs curieux des splendeurs perdues. Par où doivent-ils passer ? Un composteur estonien comme Arvo Pärt a tenté de déblayer un chemin en repartant des travaux de l’école de Notre-Dame et des partitions de Josquin des Prés. D’autres passeront par d’autres voies et d’autres voix. La prochaine clairière de l’Europe musicale s’ouvrira, comme disait Rilke, “quelque part dans l’inachevé”, là où ces chemins mèneront. »
Jean-François Gautier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne, Philippe Conrad dir., édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018
« Ceux que je hais, c’est d’abord ceux qui ne sont point. Race de chiens qui se croient libres, parce que libres de changer d’avis, de renier (et comment sauraient-ils qu’ils renient puisqu’ils sont juges d’eux-mêmes ?). Parce que libres de tricher et de parjurer et d’abjurer, et que je fais changer d’avis, s’ils ont faim, rien qu’en leur montrant leur auge.
[…] Mais tous ceux-là je les dirai de la racaille, qui vivent des gestes d’autrui et, comme le caméléon, s’en colorent, et aiment d’où viennent les présents, et goûtent les acclamations et se jugent dans le miroir des multitudes : car on ne les trouve point, ils ne sont point, comme une citadelle, fermés sur leurs trésors et, de génération en génération ils ne délèguent pas leur mot de passe, mais laissent croître leurs enfants sans les pétrir. Et ils poussent, comme des champignons, sur le monde. »
Antoine de Saint-Exupéry
Citadelle, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1948, coll. Folio, 2000
« Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. »
Gilbert Keith Chesterton
Orthodoxie, 1908, trad. Lucien d’Azay, éditions Flammarion, coll. « Climats », 2010