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Jean de Brem

Jean Nicolas Marcetteau de Brem, dit Jean de Brem, est né en 1935 à Paris et mort en 1963 dans la même ville. Élève au Lycée Buffon, il milite activement aux Jeunes indépendants de Paris avant de devenir sous-lieutenant au 2e RPC, où il participe aux opérations en Algérie et à l'expédition de Suez. Démobilisé, il est journaliste pour Paris Match, Combat mais aussi pour L'Esprit public. Il écrit plusieurs recueils de poèmes et se lance dans la rédaction d'un ouvrage sur l'histoire de l'Europe, qui sera publié à titre posthume en 1964. Militant dans les milieux pro-Algérie française, il rejoint l'OAS dès sa fondation, ce qui le conduit, le 6 mars 1963, à assassiner le banquier Henri Lafond qui avait refusé de témoigner en faveur des accusés du procès du Petit-Clamart. Il sera abattu par la police le 18 avril sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris.

Découvrez 3 citations de Jean de Brem

Le poids démesuré du plus glorieux des héritages…

« Je sens peser sur mes épaules misé­rables le poids déme­su­ré du plus glo­rieux des héri­tages. À moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civi­li­sa­tion fait un cadeau gigan­tesque : le patri­moine de l’Europe. Il est fait de tré­sors et de sou­ve­nirs. Cha­cun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Ber­lin et à Madrid, à Athènes et à Var­so­vie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Bel­grade, doit res­sen­tir le même drame. Cha­cun de nous est le der­nier des Européens. »

Jean de Brem
Le tes­ta­ment d’un Euro­péen, édi­tions de La Table Ronde, 1964

Pour moi le trésor du monde, c’est une infante de Velázquez…

« Pour moi le tré­sor du monde, c’est une infante de Veláz­quez, un opé­ra de Wag­ner ou une cathé­drale gothique. C’est un cal­vaire bre­ton ou une nécro­pole de Cham­pagne. C’est le roman­ce­ro du Cid ou le visage hugo­lien de « l’enfant grec ». C’est le tom­beau des Inva­lides ou le grand aigle de Schön­brunn, l’Alcazar de Tolède ou le Coli­sée de Rome, la tour de Londres ou celle de Gala­ta, le sang de Buda­pest ou le qua­drige orgueilleux de la porte de Bran­de­bourg, deve­nue le poste fron­tière de l’Europe muti­lée. (…) Frêle Gene­viève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes de l’Est, tu sym­bo­lises notre esprit de résis­tance. Et toi, Alexandre, vain­queur blond au visage de dieu, Macé­do­nien aux dix mille fidèles, toi qui conquis le monde orien­tal avec ta foi et ton épée, debout dres­sé contre le des­tin et l’Histoire, tu sym­bo­li­se­ras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impériale… »

Jean de Brem
Le tes­ta­ment d’un Euro­péen, édi­tions de La Table Ronde, 1964

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