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Chantal Delsol

Chantal Delsol est née à Paris le 16 avril 1947. Élève et disciple de Julien Freund, elle prépare avec lui sa thèse d’État ès-Lettres en philosophie. Professeur d’Université, membre de l’Institut de France (Académie des Sciences morales et politiques) depuis 2007, elle est aussi éditorialiste au Figaro et à Valeurs actuelles. Fondatrice de l’Institut Hanna Harendt, elle est l'auteur de très nombreux essais politiques et historiques, dont Essai sur le pouvoir occidental : démocratie et despotisme dans l'Antiquité (PUF, 1985), La Politique dénaturée (PUF, 1986), Les idées politiques au XXe siècle (PUF, 1991), L'identité de l'Europe (avec Jean-François Mattéi, PUF, 2010), La haine du monde : totalitarismes et postmodernité (Éditions du Cerf, 2016) et Le crépuscule de l’universel (Éditions du Cerf, 2020).

Source : wiki­pe­dia

Découvrez 3 citations de Chantal Delsol

Il est de bon ton de croire que l’on ne fait plus la guerre…

« Il est de bon ton de croire que l’on ne fait plus la guerre pour des par­ti­cu­la­ri­tés – la patrie, par exemple, mais seule­ment pour des valeurs” uni­ver­selles : la liber­té, la tolé­rance ou la démo­cra­tie. Fini le temps où nos ancêtres étaient som­més de mou­rir pour l’Al­sace-Lor­raine ! Désor­mais, nos sol­dats meurent pour les droits de l’homme. Nous pen­sons que c’est plus propre, en tout cas c’est plus snob (…). »

Chan­tal Del­sol
14 juillet 2014, l’étrange fête natio­nale, Le Figa­ro, 14 juillet 2014

Alors que l’on croyait le peuple naturellement attaché à l’émancipation…

« Décep­tion inat­ten­due et cruelle : alors que l’on croyait le peuple natu­rel­le­ment atta­ché à l’é­man­ci­pa­tion (étant l’op­pri­mé et la vic­time dans l’his­toire, il ne pou­vait être que com­plice de cette idéo­lo­gie qui le déli­vrait), voi­là qu’en masse il s’a­vise de jouer le traître et de prendre la défense de l’en­ra­ci­ne­ment. Même décep­tion que celle qui advint à Lénine en son temps. On ne se demande pas pour­quoi cette félo­nie. Mais bien plu­tôt, on pense que l’on a affaire à un mau­vais peuple, et l’é­lite com­mence à l’a­go­nir d’in­jures en le décri­vant comme un ramas­sis d’a­po­stats. »

Chan­tal Del­sol
Popu­lisme, les demeu­rés de l’his­toire, édi­tions du Rocher, 2015

Un peuple, une société ne sauraient vivre sans un territoire…

« Pour­tant un peuple, une socié­té ne sau­raient vivre sans un ter­ri­toire pour eux sacré. Nous avons besoin, nous les humains, de lieux d’appartenance, de familles, de patries, et tant pis si c’était un slo­gan de Pétain. Nous avons besoin de nous iden­ti­fier à des ter­ri­toires où naissent nos langues et où gisent nos morts, où gran­dissent des enfants qui nous res­semblent et où dorment tout vivants les sou­ve­nirs de notre exis­tence pas­sée. Nous ne sommes pas des êtres de nulle part, de purs cos­mo­po­lites, d’absolus citoyens du monde, comme la vul­gate bran­chée vou­drait nous le faire croire. À moins de deve­nir fous, il nous faut des ancrages, car ce sont eux qui nous iden­ti­fient et nous per­mettent de vivre une vie com­plète. La patrie est l’un de ces ancrages, qui ne peut être sup­pri­mé au pro­fit d’une vani­teuse citoyen­ne­té du monde […]. »

Chan­tal Del­sol
14 juillet 2014, l’étrange fête natio­nale, Le Figa­ro, 14 juillet 2014

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