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Si un jour l’humanité revenait à des conditions plus normales…

« Si un jour l’humanité reve­nait à des condi­tions plus nor­males, peu de cultures lui sem­ble­ront aus­si sin­gu­lières que l’actuelle, dans laquelle on a cou­ru après toute forme de pou­voir et de domi­na­tion de la matière, négli­geant cepen­dant la domi­na­tion de l’esprit, des émo­tions et de la vie psy­chique en géné­ral. C’est ain­si que beau­coup de nos contem­po­rains – les soi-disant hommes d’action en pre­mière ligne – res­semblent à ces crus­ta­cés qui sont si durs et pleins d’excroissances sca­breuses sur la cara­pace et si mous et inver­té­brés à l’intérieur. »

Julius Evo­la
La Doc­trine de l’Éveil (La dotri­na del Ris­ve­glio – Sag­gio sull’ascesi bud­dis­ta), 2e édi­tion, 1965

À propos de l'auteur

Giulio Cesare Andrea Evola, plus connu sous le nom de Julius Evola, né à Rome le 19 mai 1898 et mort dans la même ville le 11 juin 1974, est un philosophe, « métaphysicien », poète et peintre italien. Fortement influencé dans sa jeunesse par le futurisme puis le dadaïsme, ainsi que par la lecture de Nietzsche et Guénon, il est l’auteur d’une œuvre à la fois inclassable et radicale. « Érudit de génie » pour Marguerite Yourcenar ou « triste et insensé personnage » pour Umberto Eco, Evola est le théoricien d'un élitisme antimoderne, cherchant à concilier l'action politique contre-révolutionnaire avec les doctrines traditionnelles et affirmant la nécessité d'une « restauration héroïque » de la civilisation traditionnelle. « Compagnon de route » du fascisme et inspirateur de la droite radicale d’après-guerre, il est notamment l’auteur de Révolte contre le monde moderne (1934), Les Hommes au milieu des ruines (1953), Métaphysique du sexe (1958) ou encore Chevaucher le tigre (1961).
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Le monde moderne aplatit tout…

« Là où le monde tra­di­tion­nel connais­sait des hié­rar­chies dis­tinctes, fon­dées sur la sagesse, l’honneur, le cou­rage mili­taire, etc., le monde moderne apla­tit tout et se contente de comp­ter les for­tunes. En ce sens, la moder­ni­té est une régres­sion, l’étouffement de la spi­ri­tua­li­té par la matière. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

La formulation peut-être la plus claire du concept de communauté…

« La for­mu­la­tion peut-être la plus claire du concept de com­mu­nau­té est due à Fer­di­nand Tön­nies, qui oppose com­mu­nau­té” (Gemein­schaft) et socié­té” (Gesell­schaft). La com­mu­nau­té est orga­nique, carac­té­ri­sée par des liens qui la font pri­mer sur l’individu. Son fon­de­ment psy­cho­lo­gique est une volon­té orga­nique” (Wesen­wille) fon­dée sur l’habitude ou sur une soli­da­ri­té spon­ta­née. À l’inverse, la socié­té résulte de l’action des indi­vi­dus, sa base maté­rielle est le contrat, et son sup­port psy­cho­lo­gique la volon­té ration­nelle” (Kür­wille) et uti­li­taire.

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Les structures sociales traditionnelles…

« Les struc­tures sociales tra­di­tion­nelles sont pré­ci­sé­ment le der­nier rem­part contre l’extension du domaine mar­chand. En restrei­gnant les ins­tincts et les dési­rs indi­vi­duels, elles empêchent cer­tains objets de deve­nir de pures mar­chan­dises. On ne peut donc logi­que­ment être anti­ca­pi­ta­liste et pro­gres­siste”. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Définition formelle du capitalisme…

« Défi­ni­tion for­melle du capi­ta­lisme : un sys­tème éco­no­mique et social qui réduit toute rela­tion entre les hommes à la rela­tion com­mer­ciale inté­res­sée, qui consi­dère tout bien comme une mar­chan­dise, et toute valeur comme pure­ment sub­jec­tive pour l’individu. Ain­si défi­ni, le capi­ta­lisme n’est pas réduc­tible à un mode de pro­duc­tion, ou à une forme d’interaction entre capi­tal et tra­vail : il est davan­tage un esprit, une manière de voir le monde. Cha­cun pense et agit en capi­ta­liste quand il réduit toute acti­vi­té à son inté­rêt per­son­nel, et qu’il ne consi­dère le monde qui l’environne que comme des mar­chan­dises à dis­po­si­tion pour satis­faire ses besoins”. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Le libre-échange…

« Le libre-échange – l’idée selon laquelle des échanges mutuel­le­ment consen­tis entre indi­vi­dus sont tou­jours béné­fiques – est l’un des fon­de­ments du capi­ta­lisme. Il est à la base du pro­jet plus vaste de la moder­ni­té, à savoir repen­ser l’ensemble de l’ordre social sur la base des seuls inté­rêts indi­vi­duels. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Le capitalisme est la réduction…

« Si, tel que nous le défi­nis­sons, le capi­ta­lisme est la réduc­tion de tout bien à l’utilité indi­vi­duelle, de toute valeur à la valeur mar­chande, alors une cri­tique rigou­reuse du capi­ta­lisme doit s’abstraire de ces valeurs maté­rielles et faire appel à d’autres hié­rar­chies. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Faire pousser des lierres…

« Les monas­tères, de quelque obé­dience qu’ils soient, cherchent tous leur écrin de nature dans le res­pect des éner­gies tel­lu­riques. Ceux qui les habitent savent que la tête est le siège des tour­ments et le cœur celui de l’apaisement. La civi­li­sa­tion indus­trielle – à de pré­cieuses excep­tions près – est un pro­duit pur et sec de l’intellect que le cœur rejette et que l’âme ne visite pas. Il faut pour la rendre vivable l’attendrir par un immense effort de créa­tion : l’intégrer au cycle éter­nel de la nature comme dans les arrière-plans du Qua­tro­cen­to. Faire pous­ser des lierres dans cha­cun de ses inter­stices. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

La nature est une muraille impitoyable…

« La nature est une muraille impi­toyable, mais avec de pro­di­gieuses échap­pées. La conscience, l’esthétique, la science se sont déve­lop­pées dans cet échange que nous avons stu­pi­de­ment réduit à une lutte. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Il n’y a pas d’art sans la contrainte…

« Il n’y a pas d’art sans la contrainte et l’art appuyé sur des contraintes auto­dé­ter­mi­nées est une plai­san­te­rie. Autant vou­loir se sou­le­ver en se tirant soi-même par les che­veux. Le désir de mater la nature, de ne plus en tenir compte, est la rai­son pro­fonde du nau­frage de la moder­ni­té et de notre angoisse désor­mais consub­stan­tielle com­bat­tue à coups de psy­cho­tropes. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

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