« J’aurai passé mon temps à me dresser et à me redresser. À essayer, contre tout ce qui incline, à me tenir droit. »
Jean Cau
Lettre à Alain de Benoist, cité par celui-ci dans Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017
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« J’aurai passé mon temps à me dresser et à me redresser. À essayer, contre tout ce qui incline, à me tenir droit. »
Jean Cau
Lettre à Alain de Benoist, cité par celui-ci dans Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017
« Il n’y a point de passé vers quoi il soit permis de porter ses regrets, il n’y a qu’une éternelle nouveauté, qui se forme des éléments grandis du passé ; et la vraie nostalgie doit être toujours créatrice, produire à tout instant une nouveauté meilleure encore. »
Johann Wolfgang von Goethe
Élégie de Marienbad, 1823, trad. Jean Tardieu, éditions Gallimard, coll. Poésie, 1993
« Ce qui vaut, ce n’est pas la vie mais ce qu’on fait d’elle. »
Jean Cau
Le temps des esclaves, Série Les Brûlots (n° 19), éditions de La Table Ronde, coll. La Table Ronde de « Combat », 1971
« Le monde devient inhumain lorsqu’il est emporté dans un mouvement où ne subsiste aucune espèce de permanence. »
Hannah Arendt
Condition de l’homme moderne (The Human Condition), 1958, trad. Georges Fradier, éditions Calmann-Lévy, 2018
« L’éthique de l’honneur dont l’Antiquité était familière : le courage, l’héroïsme, l’énergie, la virtu, le désintéressement, la tenue, le sens du sacrifice et de la gratuité, le refus instinctif de la bassesse et de la lâcheté, sans oublier le goût du travail bien fait. »
Alain de Benoist
Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017
« Un grec doit savoir se contenir et jouir de ce qu’il reçoit dans les limites de la disposition naturelle. (…) L’impératif de la mémoire irrigue la philosophie grecque. Et constituera l’un des enjeux des poèmes. Rien de trop, était-il écrit sur le portique de Delphes. Cela ne veut pas dire que point trop n’en faut. Cela signifie qu’il convient de savoir s’arrêter aux parapets du monde. Tout dépassement mènera au pire. Tout ce qui brille trop, éclate ou triomphe inconsidérément, subira un jour un retour de bâton. L’Iliade insiste en permanence sur ce revirement de la force. Le vainqueur se trouvera un jour défait. Les héros s’enfuiront après avoir gagné. Les Achéens se débanderont après s’être approchés des Troyens qui, eux-mêmes, reculeront à la suite d’un assaut réussi. La force est un balancier. Elle va et vient… périront de l’avoir utilisée sans modération. »
Sylvain Tesson
Un été avec Homère, éditions des Équateurs, 2018
« Qui ne sait être pauvre est né pour l’esclavage
Qu’il serve donc les grands, les flatte, les ménage
Qu’il plie en approchant de ces superbes fronts
Sa tête à la prière et son âme aux affronts
Pour qu’il puisse, enrichi de ces affronts utiles
Enrichir à son tour quelques têtes serviles.
De ces honteux trésors je ne suis point jaloux
Une pauvreté libre est un trésor si doux ! »
André Chénier, « Ô jours de mon printemps », Élégies
Œuvres complètes, Pléiade, 1950
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
Sénèque
Lettres à Lucilius, XVII, 104, vers 63 – 64 (« Non quia difficilia sunt non audemus, sed quia non audemus difficilia sunt »)
« La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps. « Nous avons inventé le bonheur » disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur. […] Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir ? C’est trop pénible. Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : qui a d’autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous. Autrefois tout le monde était fou, disent les plus fins et ils clignent de l’œil. »
Friedrich Nietzsche
Ainsi parlait Zarathoustra – Un livre pour tous et pour personne (Also sprach Zarathustra – Ein Buch für Alle und Keinen), 1883 – 1885, trad. Geneviève Bianquis, éditions Garnier-Flammarion, 2006
« J’appelle dépravé tout animal, toute espèce, tout individu qui perd ses instincts, qui choisit, qui préfère ce qui lui fait mal. »
Friedrich Nietzsche
L’Antéchrist, Imprécation contre le christianisme, (Der Antichrist, Fluch auf das Christentum), 1896, trad. Eric Blondel, éditions Garnier-Flammarion, 1994
« Aurore, abandonnant le brillant Tithonos, se lève de son lit pour porter la lumière aux hommes comme aux dieux. Vers les sveltes vaisseaux de la flotte achéenne Zeus alors fait partir Discorde la cruelle, qui tient entre ses mains l’emblème de la guerre. Elle s’arrête auprès du navire d’Ulysse, nef noire aux flancs profonds, qui se trouve au milieu : de là, sa voix pourra porter des deux côtés, et vers le camp d’Ajax, le fils de Télamon, et vers celui d’Achille ; aux deux extrémités ils ont tiré leurs nefs, ces preux sûrs de la force ardente de leurs bras. C’est là qu’elle s’arrête et pousse un cri perçant, de sa terrible voix : lors elle insuffle au cœur de tous les Achéens une puissante ardeur qui les fera lutter et batailler sans trêve ; et combattre, pour eux, a soudain plus d’attrait que rentrer au pays à bord de leurs nefs creuses. »
Homère
Iliade, Chant XI, Troisième journée de bataille, vers 800 – 725 av. notre ère
« Notre point de vue n’est pas déterministe. Nous ne croyons donc pas qu’agit ici un destin différent de celui que les hommes se sont créé. Le fleuve de l’histoire suit le lit qu’il s’est lui-même creusé. »
Julius Evola
Révolte contre le monde moderne (Rivolta contro il mondo moderno), 1934