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Que la plus belle femme du monde ait vécu…

« En face de la Crète et de l’Archipel, quelque part sur la côte ionienne, il y eût une ville — nous dirions aujourd’hui une bour­gade, ou même un vil­lage —, for­ti­fiée. Elle fut Ilion, elle devint Troie, et son nom ne pas­se­ra jamais. Un poète qui peut-être fut men­diant et chan­teur des rues, qui peut-être ne savait ni lire ni écrire et que la tra­di­tion dit aveugle, fit un poème de la guerre des Grecs contre cette ville afin de recon­qué­rir la plus belle femme du monde. Que la plus belle femme du monde ait vécu dans une petite ville nous paraît légen­daire ; que le plus beau poème du monde ait été com­po­sé par quelqu’un qui n’avait jamais vu de ville plus grande est un fait his­to­rique. On dit que ce poème est tar­dif, et que la culture pri­mi­tive était sur son déclin lorsqu’il fut écrit ; on se demande alors ce qu’elle pro­dui­sait dans toute sa force. Quoiqu’il en soit, il est vrai que ce poème, qui fut notre pre­mier poème, pour­rait aus­si être notre der­nier chant. Il pour­rait être le pre­mier et le der­nier mot de l’homme simple mor­tel sur sa propre des­ti­née telle qu’il l’a peut voir. Que le monde périsse païen et le der­nier homme fera bien s’il chante l’Iliade et meurt. »

Gil­bert Keith Ches­ter­ton
The Ever­las­ting Man (L’Homme éter­nel), édi­tions Hod­der & Stough­ton, 1925

À propos de l'auteur

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est un écrivain anglais dont l’œuvre, protéiforme, est marquée par la défense du christianisme et la pensée politique. Il est principalement connu pour ses œuvres apologétiques comme Orthodoxie ou L'Homme éternel et la série romanesque mettant en scène le père Brown.
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Faire pousser des lierres…

« Les monas­tères, de quelque obé­dience qu’ils soient, cherchent tous leur écrin de nature dans le res­pect des éner­gies tel­lu­riques. Ceux qui les habitent savent que la tête est le siège des tour­ments et le cœur celui de l’apaisement. La civi­li­sa­tion indus­trielle – à de pré­cieuses excep­tions près – est un pro­duit pur et sec de l’intellect que le cœur rejette et que l’âme ne visite pas. Il faut pour la rendre vivable l’attendrir par un immense effort de créa­tion : l’intégrer au cycle éter­nel de la nature comme dans les arrière-plans du Qua­tro­cen­to. Faire pous­ser des lierres dans cha­cun de ses inter­stices. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

La nature est une muraille impitoyable…

« La nature est une muraille impi­toyable, mais avec de pro­di­gieuses échap­pées. La conscience, l’esthétique, la science se sont déve­lop­pées dans cette échange que nous avons stu­pi­de­ment réduit à une lutte. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Il n’y a pas d’art sans la contrainte…

« Il n’y a pas d’art sans la contrainte et l’art appuyé sur des contraintes auto­dé­ter­mi­nées est une plai­san­te­rie. Autant vou­loir se sou­le­ver en se tirant soi-même par les che­veux. Le désir de mater la nature, de ne plus en tenir compte, est la rai­son pro­fonde du nau­frage de la moder­ni­té et de notre angoisse désor­mais consub­stan­tielle com­bat­tue à coups de psy­cho­tropes. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Réaffirmer notre lien avec la nature…

« Réaf­fir­mer notre lien avec la nature, ce n’est pas som­brer dans les incan­ta­tions déri­soires d’une Gre­ta Thun­berg et de ses admi­ra­teurs, c’est avoir le cou­rage de poser les ques­tions déran­geantes à pro­pos du modèle de crois­sance qui com­mande les éco­no­mies d’aujourd’hui. »

Phi­lippe Conrad
« La nature comme socle, pour une éco­lo­gie à l’en­droit », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Dieu chtonien, c’est à dire dieu de cette terre-ci…

« À la figure de Pro­mé­thée”, qui fut la figure emblé­ma­tique de la Moder­ni­té est en train de se sub­sti­tuer celle de Dio­ny­sos. Dieu chto­nien, c’est à dire dieu de cette terre-ci, dieu autoch­tone. Arché­type de la sen­si­bi­li­té éco­so­phique”, Dio­ny­sos a de la glèbe aux pieds. Il sait jouir de ce qui se pré­sente et des fruits offerts par ce monde, ici et main­te­nant. On a pu qua­li­fier cette figure emblé­ma­tique de divi­ni­té arbus­tive. Un dieu enra­ci­né ! »

Michel Maf­fe­so­li
« Éco­so­phie : une « ein­stei­ni­sa­tion » du temps », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

La nature de l’éthique…

« La nature de l’éthique qui doit pré­si­der aux rap­ports des hommes et des ani­maux ne tient pas aux droits qu’ont les ani­maux par rap­port à nous, mais aux devoirs que nous avons envers eux. »

Alain de Benoist
« Les droits des ani­maux », Livr’ar­bitres, hors-série, automne 2020 « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

L’oligarchie dirigeante vit dans un univers…

« L’oligarchie diri­geante vit dans un uni­vers de trot­ti­nettes, d’escalators, d’immeubles à air condi­tion­nés et de bars à chauf­fe­rettes en plein air. »

Jean-Yves Le Gal­lou
« Face à la pseu­do éco­lo­gie hors-sol, pour une éco­lo­gie enra­ci­née et iden­ti­taire », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Le réchauffement climatique est un fait…

« Le réchauf­fe­ment cli­ma­tique est un fait. Son ins­tru­men­ta­li­sa­tion alar­miste par les grosses caisses de la pro­pa­gande, un autre. »

Jean-Yves Le Gal­lou
« Face à la pseu­do éco­lo­gie hors-sol, pour une éco­lo­gie enra­ci­née et iden­ti­taire », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Nous vivons l’époque des évidences oubliées…

« Nous vivons l’époque des évi­dences oubliées. Répé­tons-nous donc. La nature, c’est tout ce qui, dans l’univers, n’est pas fait de main d’homme. Tout ce que homo faber, dans son obses­sion du contrôle total, ne contrôle, jus­te­ment, pas.
La nature autour et en face de nous est la limite de notre pou­voir sur la matière, sur le monde et sur notre propre des­tin. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

À la morale du péché…

« À la morale du péché, cepen­dant, on peut tou­jours oppo­ser l’éthique de l’honneur. Dans l’éthique de l’honneur, on ne se repend de rien. Quand on a fait une faute, on en tire la leçon. On oublie sou­vent, mais l’on ne par­donne pas plus qu’on ne demande à être par­don­né. Never explain, never com­plain. On ne s’explique pas, on ne se jus­ti­fie pas. On ne se plaint pas, on ne se pose pas en vic­time, on ne cherche pas à faire un ins­tru­ment de pou­voir d’une souf­france réelle ou sup­po­sée. On ne s’agenouille pas, on ne courbe pas la tête. On vit et on meurt debout. »

Alain de Benoist
« Mau­vaise conscience », Élé­ments n°175, décembre-jan­vier 2019

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