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L’intelligentsia occidentale semble céder…

« L’in­tel­li­gent­sia occi­den­tale semble céder une fois encore, mais avec une inten­si­té peut-être jamais atteinte, à l’illu­sion que l’homme aurait chan­gé au point que l’His­toire ne pour­rait plus être tra­gique, et qu’il y n’y aurait plus lieu dès lors de s’im­po­ser l’an­goisse du choix, ni de se pré­oc­cu­per d’autres choses que de recher­cher sa propre satisfaction.
Le temps du tra­gique pas­sé, voi­ci celui de la jouis­sance sans entrave, de la jouis­sance comme seule et unique réponse à toute ques­tion exis­ten­tielle. Mais jouis­sance égoïste qui n’est à la por­tée que du petit nombre qui a les moyens de s’ex­traire de la dure­té de la vie. La frus­tra­tion des autres, du plus grand nombre, mon­tre­ra peut-être demain que le tra­gique n’ap­par­tient pas du tout à un pas­sé révolu. »

Hen­ri Guaino
Ils veulent tuer l’occident, édi­tions Odile Jacob, 2019

À propos de l'auteur

Henri Guaino, né en 1957, est un haut fonctionnaire et homme politique français. Plume du président Sarkozy dont il rédige les discours majeurs du quinquennat, il s’intéresse dans plusieurs essais remarqués aux questions économiques et sociales vues sous un angle civilisationnel.
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Dans la démocratie marchande, l’identité est une part de marché…

« Dans la démo­cra­tie mar­chande, l’identité est une part de mar­ché et de l’« offre poli­tique » par­mi d’autres, comme la sécu­ri­té ou la sou­ve­rai­ne­té, ni plus, ni moins. La lote­rie élec­to­rale n’est qu’un diver­tis­se­ment, un opium dont les effets, d’ailleurs, s’amenuisent. Ain­si la seule fonc­tion d’un par­ti aux pré­ten­tions révo­lu­tion­naires, en cas de crise grave, serait d’ordonner : « Il faut savoir ter­mi­ner une grève ». Les dés sont pipés ; il ne faut plus jouer mais vivre et penser. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

L’enracinement implique une dimension communautaire et organique…

« L’enra­ci­ne­ment implique une dimen­sion com­mu­nau­taire et orga­nique, mais, aus­si, la conscience d’un héri­tage à faire fruc­ti­fier, donc, la mémoire d’une dette à l’endroit de ceux qui nous ont pré­cé­dés : l’homme se pense lui-même comme un débi­teur, non un créan­cier, un homme de devoirs avant d’être un sujet de droits. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

Un pays qui n’a plus de légendes…

« Un pays qui n’a plus de légendes, dit le poète, est condam­né à mou­rir de froid. C’est bien pos­sible. Mais un peuple qui n’aurait pas de mythes serait déjà mort. La fonc­tion de la classe par­ti­cu­lière de récits que sont les mythes est en effet d’exprimer dra­ma­ti­que­ment l’idéologie dont vit la socié­té, de main­te­nir devant sa conscience non seule­ment les valeurs qu’elle recon­naît et les idéaux qu’elle pour­suit de géné­ra­tion en géné­ra­tion, mais d’abord son être et sa struc­ture mêmes, les élé­ments, les liai­sons, les équi­libres, les ten­sions qui la consti­tuent, de jus­ti­fier enfin les règles et les pra­tiques tra­di­tion­nelles sans quoi tout en elle se disperserait. »

Georges Dumé­zil
Heur et mal­heur du guer­rier, Presses uni­ver­si­taires de France, 1969, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs, 1999

On n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné…

« On n’a rien don­né tant qu’on n’a pas tout don­né. À com­men­cer par soi-même : son corps, son esprit et sa joie. Pour cela, for­mons une pha­lange d’hommes inac­ces­sibles au décou­ra­ge­ment, fidèles et inso­lents, radi­caux et intel­li­gents, réa­listes et révo­lu­tion­naires. Don­nons tout et ne leur lais­sons rien ! »

Julien Lan­gel­la
Refaire un peuple. Pour un popu­lisme radi­cal, édi­tions La Nou­velle Libraire, 2021

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