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Citation

Les soirs de victoire, on s’imagine qu’il n’y aura plus jamais…

« Les soirs de vic­toire, on s’imagine qu’il n’y aura plus jamais, jamais, jamais de défaite, et le soirs de défaite on s’imagine qu’il n’y aura plus jamais, jamais, jamais de vic­toire. Mais quand on est un vieux sol­dat, Madame Jeanne, on sait ce qu’il en est. […] J’ai tant vu de défaites qui arri­vaient après des vic­toires, et j’ai tant vu, aus­si, de vic­toires qui arri­vaient après des défaites, que je ne crois plus jamais que c’est fini. »

Charles Péguy
Le Mys­tère de la cha­ri­té de Jeanne d’Arc, 1897, deuxième pièce : Les Batailles, IIe par­tie, IVe acte, dans Œuvres poé­tiques et dra­ma­tiques, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade (n° 60), 2014

À propos de l'auteur

Né le 7 janvier 1873 à Orléans (Loiret) et mort pour la France le 5 septembre 1914 à Villeroy (Seine-et-Marne), Charles Péguy est un écrivain, poète, essayiste et officier de réserve français. Son œuvre, multiple, comprend des mystères d'inspiration médiévale en vers libres, comme Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912) et des recueils de poèmes en vers réguliers, comme La Tapisserie de Notre-Dame (1913) d'inspiration mystique et évoquant notamment Jeanne d'Arc, un symbole de l'héroïsme des temps sombres, auquel il reste toute sa vie profondément attaché. Intellectuel engagé : d’abord militant socialiste, anticlérical, puis dreyfusard au cours de ses études, il se rapproche à partir de 1908 du catholicisme et du nationalisme ; il reste connu pour sa poésie et ses essais, notamment Notre Jeunesse (1910) ou L'Argent (1913), où il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de l'âge moderne, où toutes les antiques vertus se sont altérées.