Citation

Imaginons dans quel état de panique effroyable…

« Et d’ailleurs, ima­gi­nons dans quel état de panique effroyable serait plon­gé l’homme moderne, si prompt à s’é­mou­voir au moindre faux pas de la science ou quand sur­git la moindre épi­dé­mie – une vague grippe qui arrive des pro­fon­deurs de l’A­sie et qui, en défi­ni­tive, ne tue que des gens bien près de mou­rir de tout façon, parce qu’ils sont assez ou assez faibles pour cela -, eh bien, s’il sur­gis­sait une épi­dé­mie comme par exemple la peste noire du Moyen Âge, qui a fait 35 mil­lions de vic­times, à peu près le tiers de la popu­la­tion, je crois que nos contem­po­rains n’y résis­te­raient pas… Ceux que la peste aurait épar­gnés mour­raient quand même – de terreur ! »

Gus­tave Thibon
L’homme devant la nature, 1973, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

À propos de l'auteur

Gustave Thibon (1903-2001) est un paysan, poète et philosophe, issu d’une vieille souche ardéchoise dont il ne s’éloignera jamais. D’une érudition autodidacte et encyclopédique, il est l’auteur d’articles savants pour les revues de Jacques Maritain et de poèmes célébrés par Maurras. Chrétien de droite, la grande rencontre de sa vie sera celle de Simone Weil, dont il révèle l’œuvre au monde en 1947 dans le livre La pesanteur et la grâce.