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Citations sur la nature

J’aime partir avec mes souvenirs sur les sentiers et les chemins…

« Quand le beau temps coïn­cide avec ma dis­po­ni­bi­li­té, j’aime par­tir avec mes sou­ve­nirs sur les sen­tiers et les che­mins fores­tiers ; j’observe, aus­si, et j’écoute, les signaux que la nature com­mu­nique au fil des sai­sons et des années. Mais c’est quand des amis se joignent à moi que je rêve et réflé­chis le plus. Ces com­pa­gnons de route ne sont plus pré­sents phy­si­que­ment, leur corps est res­té dans des endroits loin­tains : ense­ve­li sur des mon­tagnes, ou dans la steppe ; dans des cime­tières de vil­lage avec une simple croix, ou de ville avec une dalle et des fleurs. Et c’est avec eux que je suis et que je converse, en me sou­ve­nant. Ceux qui ne croient pas, ou ceux qui croient, peuvent regar­der ma façon d’agir avec une bien­veillante indul­gence. Peu m’importe : moi aus­si j’ai des doutes mais il me plaît, cer­taines fois, de les ignorer. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

Le monde moderne avilit. Il avilit…

« Le monde moderne avi­lit. Il avi­lit la cité ; il avi­lit l’homme. Il avi­lit l’amour ; il avi­lit la femme. Il avi­lit la race ; il avi­lit l’enfant. Il avi­lit la nation ; il avi­lit la famille, (…) il avi­lit la mort. »

Charles Péguy
De la situa­tion faite au par­ti intel­lec­tuel dans le monde moderne devant les acci­dents de la gloire tem­po­relle, Les Cahiers de la Quin­zaine, IX‑1, 1907, in Œuvres en prose com­plètes, Tome II, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, 1988

L’obscurcissement du monde, la fuite des dieux…

« L’obscurcissement du monde, la fuite des dieux, la des­truc­tion de la terre, la gré­ga­ri­sa­tion de l’homme, la sus­pi­cion hai­neuse envers tout ce qui est créa­teur et libre. »

Mar­tin Heidegger
Intro­duc­tion à la méta­phy­sique (Einfüh­rung in die Meta­phy­sik), 1935, trad. Gil­bert Kahn, édi­tions Gal­li­mard, 1958, coll. TEL, 1980

La haute montagne peut permettre à certains d’assouvir…

« La haute mon­tagne peut per­mettre à cer­tains d’assouvir leur goût stu­pide du risque pour le risque ; elle peut per­mettre à des gens plus ou moins « entraî­nés » et incons­cients de pra­ti­quer une acti­vi­té spor­tive banale ; elle peut être le luxe que se paient des hommes à l’esprit étroit pétri­fiés par la « civi­li­sa­tion » des plaines de regar­der à la jumelle des « pano­ra­mas » tou­ris­tiques. Mais, pour d’autres, elle n’est rien de tout cela : elle est une voie de libé­ra­tion, de dépas­se­ment, d’accomplissement intérieur.

Les deux grands pôles de la vie à l’état pur, l’action et la contem­pla­tion, s’y confondent.

L’action, c’est la res­pon­sa­bi­li­té abso­lue, le fait de se sen­tir abso­lu­ment seul, de ne pou­voir comp­ter que sur sa force et son cou­rage, joints à une maî­trise de soi lucide et chirurgicale.

La contem­pla­tion, c’est l’essence même de cette expé­rience héroïque : le regard devient cir­cu­laire et solaire, il n’y a plus que le ciel et des forces pures et libres qui reflètent et figent l’immensité dans le chœur tita­nique des sommets. »

Julius Evo­la
Médi­ta­tions du haut des cimes (Medi­ta­zio­ni delle vette), 1974, trad. Bru­no Cariou, Les édi­tions du Lore, 2012

L’erreur la plus fatale pour un peuple est d’abandonner…

« L’erreur la plus fatale pour un peuple est d’abandonner ses carac­tères biologiques. »

Frie­drich Hegel
Leçons sur la phi­lo­so­phie de l’histoire (Vor­le­sun­gen über die Phi­lo­so­phie der Welt­ges­chichte), 1822 – 1830, trad. Jean Gibe­lin, édi­tions Vrin, 1979

Le cycle mystérieux de la chute et du refait saisonnier…

« Le cycle mys­té­rieux de la chute et du refait sai­son­nier de ses bois l’assimile à l’arbre de vie. La sève qui nour­rit sa ramure sur­git des mêmes sources que la semence inépui­sable dont il inonde le ventre des biches à la sai­son du brame. Dans le refait de ses bois, dans l’ivresse du rut et dans le com­bat contre ses rivaux, il est la fécon­di­té incar­née, l’image vivante de la per­pé­tuelle régé­né­ra­tion de la nature. Depuis les temps les plus recu­lés, sa majes­té, sa ramure et sa fer­ti­li­té ont acquis un pou­voir sans égal sur l’imagination des hommes. »

Domi­nique Venner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

La nature tout entière se confond avec le sacré, et les hommes…

« Chez Homère, la per­cep­tion d’un cos­mos incréé et ordon­né s’accompagne d’une vision enchan­tée por­tée par les anciens mythes. Les mythes ne sont pas une croyance, mais la mani­fes­ta­tion du divin dans le monde. Les forêts, les roches, les bêtes sau­vages ont une âme que pro­tège Arté­mis (Diane pour les Romains). La nature tout entière se confond avec le sacré, et les hommes n’en sont pas iso­lés. Mais elle n’est pas des­ti­née à satis­faire leurs caprices. En elle, dans son imma­nence, ici et main­te­nant, ils trouvent en revanche des réponses à leurs angoisses : « Comme naissent les feuilles, ain­si font les hommes. Les feuilles, tour à tour, c’est le vent qui les épand sur le sol et la forêt ver­doyante qui les fait naître quand se lèvent les jours du prin­temps. Ain­si des hommes : une géné­ra­tion naît à l’instant où une autre s’efface » (Iliade, VI, 146). Tourne la roue des sai­sons et de la vie, cha­cun trans­met­tant quelque chose de lui-même à ceux qui vont suivre, assu­ré ain­si d’être une par­celle d’éternité. Cer­ti­tude affer­mie par la conscience du sou­ve­nir à lais­ser dans la mémoire du futur, ce que dit Hélène dans l’Iliade : « Zeus nous a fait un dur des­tin afin que nous soyons plus tard chan­tés par les hommes à venir » (VI, 357 – 358). Peut-être, mais la gloire d’un noble nom s’efface comme le reste. Ce qui ne passe pas est inté­rieur, face à soi-même, dans la véri­té de la conscience : avoir vécu noble­ment, sans bas­sesse, avoir pu se main­te­nir en accord avec le modèle que l’on s’est fixé. »

Domi­nique Venner
La triade homé­rienne, « L’avenir prend racine dans la mémoire du pas­sé », dominiquevenner.fr

La beauté n’est pas affaire d’argent ni de consommation…

« La beau­té n’est pas affaire d’argent ni de consom­ma­tion. Elle réside en tout et sur­tout dans les petits détails de la vie. Elle est offerte gra­tui­te­ment par la nature : poé­sie des nuages dans un ciel léger, cré­pi­te­ment de la pluie sur une toile de tente, nuits étoi­lées, cou­chers de soleil, pre­miers flo­cons de neige, pre­mières fleurs du jar­din, cou­leurs de la forêt… »

Domi­nique Venner
Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

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