Citation

Avant tout, Sparte est une certaine idée du monde…

« Avant tout, Sparte est une cer­taine idée du monde et une cer­taine idée de l’homme. C’est pour cela qu’elle fait peur. Sparte croît que fina­le­ment, c’est l’épée qui décide. Qu’on ne peut échap­per à son ver­dict. Que le nombre des vais­seaux et les marbres des por­tiques, que les palais et les soie­ries et les somp­tueuses litières, que le pres­tige et l’éclat ne sont que des giran­doles, des marottes de cris­tal, des lam­pions qu’une tem­pête peut éteindre et bri­ser tout à coup : qu’il faut être prêt pour cette tem­pête. Qu’on n’a point de liber­té sans cela et que les cités qui oublient que la liber­té se défend à chaque ins­tant, qu’elle se gagne à chaque ins­tant, sont déjà sans le savoir des cités esclaves. Le culte de l’énergie, du cou­rage et de la force, ne sont que des consé­quences de cette concep­tion de la cité. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

À propos de l'auteur

Maurice Bardèche, né le 1er octobre 1907 à Dun-sur-Auron et mort le 30 juillet 1998 à Canet-en-Roussillon, était un universitaire, écrivain, critique littéraire et polémiste français. Avec son beau-frère Robert Brasillach, il réalisa une monumentale Histoire du cinéma. Spécialiste éminent de Balzac, il rédigea de nombreux ouvrages consacrés à la littérature française (Balzac romancier, 1940 ; L’œuvre de Flaubert, 1974 ; Louis-Ferdinand Céline, 1986, etc.). Il campa également des positions politiques radicales à travers sa défense du fascisme (Qu’est-ce que le fascisme, 1961) et avec ses critiques acerbes des tribunaux de l’après-guerre (Nuremberg, 1948 ; Nuremberg II, 1950).