Aller au contenu
Un projet de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne
CITATIO

Citations sur l'identité

Je comprends volontiers les hommes extraordinaires d’une époque…

Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir, 2007

« Je comprends volontiers les hommes extraordinaires d’une époque comme des pousses tardives, soudainement écloses, de civilisations passées et de leurs forces : en quelque sorte comme l’atavisme d’un peuple et de ses mœurs : de la sorte, il reste vraiment quelque chose à comprendre en eux ! Aujourd’hui ils paraissent étrangers, exceptionnels, extraordinaires : et celui qui sent en lui ces forces doit les soigner, […] les faire pousser face à un monde qui leur est hostile : et cela le conduit à devenir soit un grand homme, soit un fou extravagant, si tant est qu’il ne périsse pas tout simplement tôt. Ces mêmes qualités étaient autrefois courantes et étaient considérées comme courantes : elles ne constituaient pas une marque distinctive. Peut-être étaient-elles exigées, présupposées ; il était impossible de devenir grand grâce à elles, et ce du simple fait qu’elles ne faisaient pas courir le risque de devenir fou ou solitaire. C’est principalement dans les lignées et dans les castes conservatrices d’un peuple que se produisent ces résonances de pulsions anciennes, alors qu’un tel atavisme est très peu probable là où les races, les habitudes, les appréciations de valeur changent trop rapidement. »

Friedrich Nietzsche Le Gai Savoir (Die fröhliche Wissenschaft, la gaya scienza), 1882, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2007

Partager sur X

Référence de la citation

Édition citée
(Die fröhliche Wissenschaft, la gaya scienza), 1882, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2007

Source contrôlée. Citation vérifiée sur l’édition citée et relue avant publication.Signaler une erreur

Dans le même livre

Autres citations du Gai Savoir

Oui ! Je connais mon ascendance !…

« Ecce Homo
Oui ! Je connais mon ascendance !
Insatiable telle la flamme,
Je brûle et me consume.
Lumière devient tout ce que je touche,
Charbon tout ce que je laisse :
À coup sûr, c’est flamme que je suis. »

Friedrich Nietzsche Le Gai Savoir (Die fröhliche Wissenschaft, la gaya scienza), 1882, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2020

Nous ne sommes pas de ceux qui ne pensent qu’au sein des livres…

« Nous ne sommes pas de ceux qui ne pensent qu’au sein des livres et dont l’idée attend pour naître les impulsions de l’imprimé ; notre habitude est de penser au grand air, marchant, sautant, montant, dansant, et de préférence sur les montagnes solitaires ou sur l’extrême bord de la mer, là où les chemins se font méditatifs eux-mêmes. »

Friedrich Nietzsche Le Gai Savoir (Die fröhliche Wissenschaft, la gaya scienza), 1882, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2007

Soutenir CITATIO

Un travail long et exigeant, que vous pouvez nous aider à poursuivre

Nous menons un travail long et exigeant afin d’assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût, que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.

Faire un don