Citation

Nouvelle internationale, comme tant d’autres libérés…

« Nou­velle inter­na­tio­nale, comme tant d’autres libé­rés par la guerre, ces nou­veaux riches se ris­quèrent, puis pul­lu­lèrent, se répan­dirent par­tout avec cette indis­cré­tion, ces petites fureurs, ce pro­sé­ly­tisme frou­frou­tant qu’on leur connaît. Ayant gran­di dans les cata­combes, ils s’épanouirent vers 1920, comme une socié­té secrète s’emparant du pou­voir et heu­reuse de faire des sta­tuts éso­té­riques de l’ordre la consti­tu­tion même de la répu­blique. […] C’est alors que les modes, les salons, les cafés, l’art, furent enva­his d’une gent amère, insi­dieuse, ayant du goût à en périr et rien que cela, impul­sive, névro­sée, sub­tile, pué­rile et empoisonnée. »

Paul Morand
Jour­nal inutile, 1974, cité par Chris­to­pher Gérard, in Quo­li­bets, L’Age d’Homme, 2013

À propos de l'auteur

Paul Morand, né le 13 mars 1888 à Paris et mort le 23 juillet 1976 dans la même ville, est un écrivain et diplomate français. Il appartient, pendant l’entre-deux-guerres, à la nouvelle génération d’écrivains montants. La tonalité de son œuvre, composée de très nombreuses nouvelles, de romans, ainsi que d’essais le rattache au mouvement des Hussards. Il fut membre de l’Académie française.