Citation

Nous avons un marché universel…

« Nous avons un mar­ché uni­ver­sel, mais il n’est pas por­teur des effets civi­li­sa­teurs qu’en atten­daient avec tant de confiance Hume et Vol­taire. Au lieu d’engendrer une prise en compte nou­velle de nos incli­na­tions de nos inté­rêts com­muns – de l’identité essen­tielle des êtres humains sur toute la sur­face du globe – le mar­ché mon­dial semble inten­si­fier la prise de conscience des dif­fé­rences eth­niques et natio­nales. L’unification du mar­ché va de pair avec la frag­men­ta­tion de la culture. »

Chris­to­pher Lasch
La révolte des élites et la tra­hi­son de la démo­cra­tie (The Revolt of the Elites and the Betrayal of Demo­cra­cy), 1995, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs, 2007

À propos de l'auteur

Christopher Lasch (1932-1994) est un historien, intellectuel et critique social important de l'après-guerre aux États-Unis. On peut le classer dans le courant idéologique du « populisme » américain. Il poursuit ses études à Harvard et Columbia, enseigne à l'Université de l'Iowa et termine sa carrière comme professeur d'histoire à l'Université de Rochester de 1970 à sa mort, d'un cancer, en 1994. À travers plusieurs ouvrages, il a analysé les évolutions et mutations de la société étasunienne de la seconde moitié du XXe siècle. À contre-courant de la pensée dominante, il identifie les changements comportementaux des différentes composantes de cette société, leur impact économique, politique et social et les risques que ceux-ci font courir à la société américaine et finalement à la démocratie que les États-Unis incarnent depuis deux siècles. Il a notamment écrit La révolte des élites et la trahison de la démocratie dans lequel il défend l'idée que la démocratie n'est plus menacée par les masses, mais par ceux qui sont au sommet de la hiérarchie.