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Citations sur la patrie

L’essentiel est la hauteur. Elle vous tiendra lieu de tout…

« L’essentiel est la hau­teur. Elle vous tien­dra lieu de tout. En elle je com­prends le déta­che­ment, car com­ment prendre de la hau­teur sans se déta­cher ? Elle vous serait une patrie suf­fi­sante, si vous n’aviez pas l’autre. Elle vous tien­dra lieu de patrie, le jour où l’autre vous manquera. »

Hen­ry de Montherlant
Lettre d’un père à son fils in Ser­vice inutile, 1935, édi­tions Gal­li­mard, 1973, coll. Folio Essais, 2005

Rien n’est plus doux que la patrie…

« Rien n’est plus doux que la patrie, dit un com­mun pro­verbe. Est-il en effet rien de plus aimable, de plus auguste, de plus divin ? Seule­ment, tout ce que les hommes regardent comme divin et auguste, n’est tel qu’en rai­son de la patrie, cause et maî­tresse sou­ve­raine, qui donne à cha­cun la nais­sance, la nour­ri­ture et l’éducation. On peut admi­rer la gran­deur, la beau­té et la magni­fi­cence des autres cités ; mais on ne ché­rit que celle où l’on a reçu le jour ; et, de tous les voya­geurs qu’entraîne le plai­sir de voir un spec­tacle agréable, il n’en est aucun qui se laisse séduire par les mer­veilles qu’il trouve chez les autres peuples, au point d’oublier entiè­re­ment le lieu de sa naissance.
[…] C’est dans la patrie que cha­cun de nous a vu d’abord luire le soleil. Ce dieu, géné­ra­le­ment ado­ré de tous les hommes, est encore en par­ti­cu­lier le dieu de leur patrie ; sans doute parce que c’est là qu’ils ont com­men­cé à jouir de son aspect, arti­cu­lé les pre­miers sons, répé­té le lan­gage de leurs parents, appris à connaître les dieux. Si la patrie que le sort nous a don­née est telle que nous ayons besoin d’aller pui­ser ailleurs une édu­ca­tion plus rele­vée, c’est encore à elle que nous devons savoir gré de cette édu­ca­tion, puisque sans elle nous n’eussions pas connu le nom de cette ville ; nous ne nous serions pas dou­tés de son existence.
Si l’on veut bien com­prendre l’attachement que de bons citoyens doivent avoir pour la patrie, il faut s’adresser à ceux qui sont nés dans un autre pays. Les étran­gers, comme des enfants illé­gi­times, changent faci­le­ment de séjour ; le nom de patrie, loin de leur être cher, leur est incon­nu. Par­tout où ils espèrent se pro­cu­rer plus abon­dam­ment de quoi suf­fire à leurs besoins, ils s’y trans­portent, et mettent leur bon­heur dans la satis­fac­tion de leurs appé­tits. Mais ceux pour qui la patrie est une mère, ché­rissent la terre qui les a nour­ris, fût-elle petite, âpre, sté­rile. S’ils ne peuvent en louer la fer­ti­li­té, ils ne man­que­ront pas d’autre matière à leurs éloges. Entendent-ils d’autres peuples louer, van­ter leurs vastes prai­ries émaillées de mille fleurs, ils n’oublient point de louer aus­si le lieu de leur nais­sance, et, dédai­gnant la contrée qui nour­rit les cour­siers, ils célèbrent le pays qui nour­rit la jeu­nesse.
Oui, tous les hommes s’empressent de retour­ner dans leur patrie, jusqu’à l’insulaire, qui pour­rait jouir ailleurs de la féli­ci­té ; il refuse l’immortalité qui pour­rait lui est offerte, il pré­fère un tom­beau dans la terre natale, et la fumée de sa patrie lui paraît plus brillante que le feu qui luit dans un autre pays.
La patrie est donc pour tous les hommes un bien si pré­cieux, que par­tout les légis­la­teurs ont pro­non­cé contre les plus grands crimes, comme la peine la plus ter­rible, l’exil. Et il n’y a pas que les légis­la­teurs qui pensent ain­si : les chefs d’armée qui veulent entraî­ner leurs troupes ran­gées pour la bataille, ne trouvent rien à leur dire que ces mots : « Vous com­bat­tez pour votre pays ! » Il n’y a per­sonne qui, en les enten­dant, veuille être lâche ; et le sol­dat timide se sent du cœur au nom de la patrie. »

Lucien de Samosate
v. 120 – 180

Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts…

« Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; les morts, au contraire, ins­truisent les vivants. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Mémoires d’outre-tombe, 1849 – 1850, tome 4, édi­tions Le Livre de poche, 2002

Nous n’abandonnerons jamais la France…

« Nous n’abandonnerons jamais la France parce que nous savons que notre pays n’appartient qu’à ceux qui l’aiment assez pro­fon­dé­ment pour tout lui don­ner. Et nous sommes de ceux-là. Et, don­nant tout, alors, peut-être, rece­vrons-nous notre nour­ri­ture d’homme, la seule nour­ri­ture qui vaille : la fier­té, l’honneur, la joie du devoir accompli. »

Robert Ménard
Dis­cours pour la com­mé­mo­ra­tion du mas­sacre du 5 juillet 1962 à Oran, Béziers, 5 juillet 2015

La vie rurale se manifeste à nous comme la réunion…

« La vie rurale se mani­feste à nous comme la réunion de deux acti­vi­tés contraires et com­plé­men­taires. Elle est, en effet, une puis­sante vie de groupe. Elle est aus­si une tâche de soli­tude et de silence où l’individu prit sa valeur.

Nous savons déjà ce que fut cette com­mu­nau­té rurale. Nous savons d’où elle vient his­to­ri­que­ment. Mais c’est la men­ta­li­té pri­mi­tive qui en a déter­mi­né l’esprit. Le vil­lage agri­cole fut le suc­ces­seur du clan toté­mique. La puis­sance fixa­trice qui a éta­bli pour tou­jours le groupe humain sur un coin de sol était un ordre des dieux. Ces dieux étaient sur cette terre, ces eaux, ces arbres. L’homme est res­té immo­bi­li­sé de cette impas­sible immo­bi­li­té des choses. Ces maîtres muets…, ils ont pris jadis au hasard d’une tri­bu, une poi­gnée d’humanité, et ne l’ont jamais lâchée !… Et chaque vil­lage est encore sous cette main mus­clée de roche qui le tient depuis l’âge de pierre. »

Gas­ton Roupnel
His­toire de la cam­pagne fran­çaise, Édi­tions Ber­nard Gras­set, 1932

Nous nous retrouvâmes dans une salle pleine à craquer…

« Nous nous retrou­vâmes dans une salle pleine à cra­quer de jeunes de notre âge. Sur la scène, l’un deux jouait de l’accordéon. Et tous se mirent à chan­ter. Ce fut pour moi un choc fan­tas­tique que cette bru­tale révé­la­tion d’une com­mu­nau­té vivante, d’une patrie inter­dite dont le ciment était cultu­rel avant d’être poli­tique. En un éclair, je com­pris que Nation et État peuvent ne pas coïn­ci­der. Et aus­si qu’un peuple est indes­truc­tible tant qu’il existe, dans de mul­tiples foyers, une manière de vivre qui n’est pas celle du « pays légal » pour reprendre une vieille for­mule maur­ras­sienne. »

Jean Mabire
La Varende entre nous, édi­tions Pré­sence de La Varende, 1999

Toute idéologie organique donne un sens au monde…

« Toute idéo­lo­gie orga­nique donne un sens au monde, et le monde fait sens, plus ou moins éla­bo­ré, pour toute socié­té humaine. Or, il n’y a pas de cohé­sion des groupes parce que le monde a un sens ; il y a du sens dans le monde parce qu’il faut de la cohé­sion dans les groupes. »

Régis Debray
Cri­tique de la rai­son poli­tique, édi­tions Gal­li­mard, 1981

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