Citation

Ne le dites à personne, aux sages seulement…

« Ne le dites à per­sonne, aux sages seulement,
Puisque la foule raille aussitôt !
La vie qui cherche la mort dans les flammes,
Est celle seule que j’entends célébrer.
Dans la fraî­cheur des nuits d’amour
Où tu reçus la vie, où tu don­nas la vie,
Un sen­ti­ment étrange t’envahit
Tan­dis que luit dans le silence une chandelle.
Alors l’obscurité ne te tient plus
Pri­son­nier de ton ombre,
Et une ardeur te porte
À dési­rer la créa­tion suprême.
Nulle dis­tance n’entrave ton élan,
Des ailes te portent, un charme t’est jeté,
Et enfin, assoif­fé de lumière,
Tu péris, paillon, dans les flammes !
Et tant que tu n’auras pas cela,
Ce : meurs et deviens !
Tu ne seras qu’un triste voyageur
Sur cette terre obscure. »

Johann Wolf­gang von Goethe
Nos­tal­gie bien­heu­reuse (Selige Sehn­sucht), in West-öst­li­cher Divan, 1819

À propos de l'auteur

Né en 1749 à Francfort et mort en 1832 à Weimar, Goethe est un écrivain, un théoricien de l'art et un homme d'État allemand. Son œuvre littéraire comprend aussi bien de la poésie, que du théâtre et des épopées, une théorie littéraire et des écrits scientifiques liés à sa passion pour l'optique, la géologie et la botanique. C'est avec son roman Les Souffrances du jeune Werther (1774) qu'il devient célèbre dans toute l'Europe, avant que son Faust (1808) soit reconnu comme l'une des œuvres les plus importantes de la littérature de langue allemande. Élevé au rang de poète national, annonciateur d'un « être allemand » et, en tant que tel, assimilé au nationalisme allemand, il est autant admiré par son œuvre que pour sa personnalité et son mode de vie, perçus comme exemplaires. Aujourd'hui encore, ses poèmes, ses drames et ses romans figurent parmi les chefs-d'œuvre de la littérature mondiale.
Dernières citations ajoutées

Les 10 dernières citations

Pour ma part, je loue donc aussi Agésilas…

« Pour ma part, je loue donc aus­si Agé­si­las d’avoir, pour gar­der l’agrément des Grecs, dédai­gné l’hospitalité du Roi. Et j’admire aus­si qu’il ait pen­sé que ce n’était pas, entre eux deux, celui qui avait le plus de richesses et gou­ver­nait le plus de monde qui devait s’enorgueillir le plus, mais celui qui était le meilleur com­man­dant aux meilleurs. »

Xéno­phon
Agé­si­las, trad. Michel Case­vitz, édi­tions Les Belles Lettres, 2008

L’admiration de l’excellence humaine relève d’un éthos aristocratique…

« L’ad­mi­ra­tion de l’ex­cel­lence humaine relève d’un éthos aris­to­cra­tique. Il est peut-être un peu excen­trique de par­ler d’a­ris­to­cra­tie à notre époque, mais il convient de tenir compte de cette véri­té para­doxale : l’éga­li­té est elle-même un idéal aris­to­cra­tique. C’est l’i­déal de l’a­mi­tié entre ceux qui se tiennent à dis­tance de la masse et se recon­naissent entre eux comme des pairs. Cela peut concer­ner des pro­fes­sion­nels spé­cia­li­sés ou des tra­vailleurs sur un chan­tier. En revanche, l’i­déal bour­geois ne repose pas sur un prin­cipe d’éga­li­té, mais sur un prin­cipe d’é­qui­va­lence – sur l’i­dée d’une inter­chan­gea­bi­li­té qui efface les dif­fé­rences de rang. »

Mat­thew Crawford
Eloge du car­bu­ra­teur. Essai sur le sens et la valeur du tra­vail, édi­tions La décou­verte, 2016

La racine, puisque c’est bien d’elle dont il est question…

« La racine, puisque c’est bien d’elle dont il est ques­tion, est la même d’éthos (cou­tume) et èthos (demeure). Pas d’éthique que ne s’enracine dans une mai­son. Chez Homère, le plu­riel ta èthéa désigne les lieux où habitent trou­peaux et ber­gers, leur séjour – le mot s’apparente donc à ho nomos, ori­gi­nel­le­ment la pâture, le pâtu­rage – et au sin­gu­lier, chez Hésiode et Héro­dote, l’habi­ta­tion des hommes, la sûre­té de la place où l’on est. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

Hommes, femmes, dieux ou déesses…

« Hommes, femmes, dieux ou déesses, chefs de clan, repré­sen­ta­tion de la Grande Mère, gar­diens des seuils, des morts ou des vivants, œuvres d’art ou de culte, les hypo­thèses ne manquent pas sans qu’il ait été pos­sible, à ce jour, d’en mettre une en exergue qui inva­li­de­rait ou amoin­dri­rait la valeur des autres. Quoi qu’il en soit, les sta­tues-men­hirs sont œuvres de mon pro­fond peuple pri­mi­tif, signes à nous envoyés par-delà les temps, pré­sences muettes gra­vées dans la pierre immuable qui dési­gnent au moins la per­ma­nence d’un long peu­ple­ment. Fichées en terre, enra­ci­nées, elles bornent notre mémoire com­mune, blocs rocheux semés qui balisent un che­min de cam­pagne dont nous avons per­du le sens mais dont nous conser­vons la pré­sence éclatée. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés