Citation

Plus ils se rapprochaient du faîte de la montagne sacrée…

« Plus ils se rap­pro­chaient du faîte de la mon­tagne sacrée et plus chaque arbris­seau, chaque arbre sem­blait pos­sé­der sa propre nature divine comme si, tout natu­rel­le­ment, il était lui-même deve­nu un dieu.
Lorsque, par exemple le vent attra­pait les extré­mi­tés des grands chênes, dis­per­sant leurs fleurs en nuée jaune pâle qui pla­nait ensuite à tra­vers la soli­tude fores­tière de la mon­tagne, Hon­da sen­tait en lui que ce tableau écla­tait d’esprit divin, comme une brusque décharge électrique. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

À propos de l'auteur

Yukio Mishima (nom de plume de Kimitake Hiraoka) est un écrivain japonais, né le 14 janvier 1925, et qui s'est suicidé par seppuku le 25 novembre 1970. Mishima écrit sa première histoire à douze ans. Il lit avec voracité les œuvres d'Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke et les classiques japonais. Il va à l'école d'élite de Gakushūin à l'insistance de sa grand-mère. On peut citer ses romans Amours interdites (1951), paru l'année de son premier voyage en Occident, Le Tumulte des flots (1954), Le Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960). Il écrit également des récits populaires pour s’assurer le confort matériel, des pièces de théâtre kabuki pour la compagnie théâtrale le Bungaku-za ainsi que des recueils de nouvelles et des essais littéraires. Il obtient une renommée internationale, notamment en Europe et aux États-Unis. Il voyage beaucoup et est pressenti trois fois pour le prix Nobel de littérature. Il rédige de 1965 jusqu'à sa mort en 1970 l'œuvre qu’il considère comme sa plus importante, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité (Neige de printemps, Chevaux échappés, Le Temple de l'aube, L'Ange en décomposition). Dans les années 1960, il exprime des idées fortement nationalistes. En 1967, il s’engage dans les Forces japonaises d'autodéfense, puis forme la milice privée Tatenokai (« société du bouclier ») destinée à assurer la protection de l’empereur. À la fin de sa vie, il joue dans plusieurs films et coréalise une adaptation de sa nouvelle Patriotisme.