Citation

Tu rencontreras sur ta route des hommes…

« Fils, s’il t’est don­né de vivre, tu ren­con­tre­ras sur ta route des hommes qui sont sui­vis par des trou­peaux de mon­tagnes. Des hommes qui arrivent dans des pays, nus et crus. On remarque à peine que leurs mains ouvertes éclairent l’ombre comme des veilleuses. Quand on le remarque. Et voi­là que les mon­tagnes se lèvent et marchent à leur suite. Et voi­là que tous les méca­ni­ciens de rai­son tapent du poing sur leurs tables. Voi­là qu’ils crient : Il y a dix ans que je cherche des for­mules, dix ans que je noir­cis du papier, dix ans que j’use des arith­mé­tiques. Dix ans que je cherche le bou­ton secret”. Et celui-là est arri­vé et il a dit tout sim­ple­ment : Mon­tagne” et puis la mon­tagne s’est dres­sée. Où est la jus­tice ?
Elle est là, fis­ton la jus­tice.
L’es­pé­rance… ” »

Jean Gio­no
Jean le Bleu, 1932, Édi­tions Gras­set, coll. Les cahiers rouges, 2005

À propos de l'auteur

Jean Giono, né en 1895 à Manosque et mort en 1970 dans la même ville, est un écrivain français. Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque, imprégnée de paganisme, dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques, avec une portée universelle. Le succès de ses livres, en particulier Le Hussard sur le toit (1951), fait de lui l’un des plus grands écrivains français du XXe siècle.
Dernières citations ajoutées

Les 10 dernières citations

À la morale du péché…

« À la morale du péché, cepen­dant, on peut tou­jours oppo­ser l’éthique de l’honneur. Dans l’éthique de l’honneur, on ne se repend de rien. Quand on a fait une faute, on en tire la leçon. On oublie sou­vent, mais l’on ne par­donne pas plus qu’on ne demande à être par­don­né. Never explain, never com­plain. On ne s’explique pas, on ne se jus­ti­fie pas. On ne se plaint pas, on ne se pose pas en vic­time, on ne cherche pas à faire un ins­tru­ment de pou­voir d’une souf­france réelle ou sup­po­sée. On ne s’agenouille pas, on ne courbe pas la tête. On vit et on meurt debout. »

Alain de Benoist
« Mau­vaise conscience », Élé­ments n°175, décembre-jan­vier 2019

La sensibilité écosophique…

« La sen­si­bi­li­té éco­so­phique, veut redon­ner force et vigueur à la confiance vis-à-vis de la nature. Dépas­ser la para­noïa vou­lant construire” un monde uni­que­ment à par­tir d’un indi­vi­du maître de lui comme de l’u­ni­vers”. À l’op­po­sé du construit”, faire confiance au don­né”, celui des lois natu­relles. »

Michel Maf­fe­so­li
« L’émergence d’une sen­si­bi­li­té éco­so­phique », Livr’ar­bitres, hors-série, automne 2020

L’idée-principe de la modernité…

« L’idée-principe de la moder­ni­té (du 17e siècle à la moi­tié du 20e) repo­sait sur la sépa­ra­tion entre la culture et la nature. L’homme était consi­dé­ré comme maître et pos­ses­seur de la nature” (Des­cartes). Cette domi­na­tion for­ce­née a abou­ti à la dévas­ta­tion du monde. Les sac­cages éco­lo­giques, dont l’actualité n’est pas avare le prouvent abon­dam­ment. Cette concep­tion : le sujet pen­sant domi­nant un objet inerte, a conduit, déchaî­ne­ment tech­no­lo­gique aidant, à une véri­table déca­dence spi­ri­tuelle ! »

Michel Maf­fe­so­li
« L’émergence d’une sen­si­bi­li­té éco­so­phique », Livr’ar­bitres, hors-série, automne 2020

Durant toute la modernité…

« Durant toute la moder­ni­té, dès le 16e siècle et ses grandes décou­vertes, le 17e et la phi­lo­so­phie ratio­na­liste, le 18e siècle et la phi­lo­so­phie des Lumières met­tant au centre du monde l’homme et dans les grands sys­tèmes sociaux du 19e siècle, ce qui a été au centre des idéo­lo­gies était le mythe du pro­grès. Aujourd’hui le pro­gres­sisme, dont tous les hommes poli­tiques se gar­ga­risent laisse la place, en cette post­mo­der­ni­té nais­sante, à un nou­veau mythe, celui de l’écosophie. »

Michel Maf­fe­so­li
« L’émergence d’une sen­si­bi­li­té éco­so­phique », Livr’ar­bitres, hors-série, automne 2020

Un devoir de mémoire frelaté et destructeur…

« En lieu et place d’une his­toire met­tant en pers­pec­tive de hauts faits, sans pour autant nier les che­mins de tra­verse, on inculque aux Euro­péens un devoir de mémoire” fre­la­té et des­truc­teur. Un devoir de mémoire” dans lequel la conti­nui­té de l’histoire euro­péenne et de ses valeurs semble défi­ni­ti­ve­ment per­due. »

Jean-Yves Le Gal­lou
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Ils se savaient Hellènes face aux Barbares…

« Le chant spar­tiate (« Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes ») est dans sa sim­pli­ci­té l’hymne abré­gé de toute patrie. Les Athé­niens, les Spar­tiates, les Thé­bains, les Égi­nois, les Milé­siens et les citoyens des autres cités ne se pen­saient pas Grecs mais ils se savaient Hel­lènes face aux Bar­bares. »

Jean-Yves Le Gal­lou
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Méditant sur l’urbanisation extrême…

« Médi­tant sur l’urbanisation extrême de nos socié­tésl’agriculture tech­ni­cienne a rom­pu elle-même le lien immé­mo­rial avec la nature, le socio­logue Ber­nard Her­vieu en arrive à pen­ser que les chas­seurs et les pêcheurs sont les seuls à pré­ser­ver un lien cultu­rel indis­pen­sable avec l’animal, la proie, la vie et la mort. »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Avec ou sans arme…

« Avec ou sans arme, par la chasse, je fais retour à mes sources néces­saires : la forêt enchan­tée, le silence, les mys­tères du sang sau­vage, l’ancien com­pa­gnon­nage cla­nique. Avec l’enfantement, la mort et les semailles, la chasse est peut-être le der­nier rite pri­mor­dial à échap­per par­tiel­le­ment aux défi­gu­ra­tions et mani­pu­la­tions d’une mor­telle déme­sure. »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Jamais je ne serai blasé devant la découverte…

« Jamais je ne serai bla­sé devant la décou­verte sou­daine de la proie, devant la décou­verte mira­cu­leuse de la sau­va­ge­rie. Je m’abandonnai béa­te­ment à la jouis­sance de sur­prendre sans être sur­pris. Tou­jours en ces ins­tants m’inonde une exci­ta­tion volup­tueuse mêlée de gra­ti­tude. Moi, médiocre et lourd bipède civi­li­sé, sans vue per­çante ni odo­rat sub­til, pour une seconde ou une minute, je suis maître du jeu, non par force mais par ruse et chance, à l’exemple de mon ancêtre à l’épieu de bois dur­ci. Que je sois un maître déri­soire, je le sais bien. Ici, je ne suis qu’un intrus, trop géné­reu­se­ment tolé­ré par les divi­ni­tés de la forêt. »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés