Citation

Il vaut la peine d’admirer aussi ce point de l’œuvre de Lycurgue…

« Il vaut la peine d’admirer aus­si ce point de l’œuvre de Lycurgue : il est par­ve­nu à impo­ser dans la cité que la belle mort est pré­fé­rable à la vie hon­teuse ; et en effet, si on pro­cé­dait à un exa­men pré­cis, on trou­ve­rait qu’il en meurt moins par­mi les tenants de cette mort que par­mi ceux qui ont choi­si de s’éloigner du lieu effrayant. A dire vrai, le salut accom­pagne la ver­tu pour un temps plus long qu’il n’accompagne la lâche­té ; et en effet, la ver­tu est plus aisée, plus agréable, plus fer­tile et plus solide. »

Xéno­phon
Consti­tu­tion des Lacé­dé­mo­niens, trad. Michel Case­vitz, édi­tions Les Belles Lettres, 2008

À propos de l'auteur

Xénophon
Xénophon est un philosophe et historien grec issu d'une famille athénienne aisée du corps des cavaliers, né à Erchia près d'Athènes vers 430 avant notre ère. Tout en se formant à la vie active il devient un des disciples de Socrate. En 401, il s’engage avec un groupe de mercenaires grecs pour défendre les intérêts de Cyrus le Jeune contre son frère le roi de Perse Artaxerxès : ce sera « l’expédition des Dix Mille » ; mais Cyrus fut battu et tué à la bataille de Cunaxa ; les Grecs durent faire retraite en traversant une bonne partie de l’empire Perse, très hostile. A cette occasion, Xénophon montra ses qualités de chef, et réussit à ramener la troupe jusqu’à la mer, et à la réembarquer pour la Grèce. Il raconte cette aventure dans un des tous premiers livres de mémoire de guerre, L’Anabase. À son retour en Grèce, attiré par le régime spartiate, il se lie avec le roi de Sparte Agésilas ; en 394, lors de la bataille de Coronée qui opposa Sparte et Athènes, il fut du côté de Sparte. Condamné à l’exil, il vécut plus de vingt ans dans un petit domaine que Sparte lui avait donné à Scillonte, près d’Olympie ; il devint gentilhomme-fermier, et rédigea de nombreux écrits, en particulier L’Économique, sur la gestion d’un domaine agricole. Mais en 371, vaincue par Thèbes à Leuctres, Sparte se rapprocha d’Athènes ; le domaine de Xénophon passa aux mains des Athéniens, et son exil fut annulé. Ses fils servirent dans la cavalerie athénienne, et l’un d’eux, Gryllos, y fut tué en 362. Xénophon rentra probablement à Athènes, et y mourut, vers 355.