« La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu’on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie toute entière. »
« Ce n’est pas le non-humain (par ex. la météo) ni l’humain (même dans son pire aspect), mais le fait par l’humain qui est au final désespérant et insupportable. Si un ragnarök brûlait tous les taudis et les usines à gaz, et les garages miteux, et les banlieues éclairées à la lampe à arc, il pourrait brûler pour moi toutes les œuvres d’art – et je retournerais aux arbres ».
John Ronald Reuel TolkienLettres (1981), n°83, édité par Humphrey Carpenter et Christopher Tolkien, trad. Delphine Martin et Vincent Ferré, Christian Bourgois éditeur, 2005
« Le chêne lui-même disait qu’une telle croissance est seule à pouvoir fonder ce qui dure et porte des fruits ; que croître signifie : s’ouvrir à l’immensité du ciel, mais aussi pousser des racines dans l’obscurité de la terre ; que tout ce qui est vrai et authentique n’arrive à maturité que si l‘homme est disponible à l’appel du ciel le plus haut, mais demeure en même temps sous la protection de la terre qui porte et produit. »
Martin HeideggerHeidegger : questions III et IV, trad. André Préau, éditions Gallimard, collection Tel numéro 172, 1990
« La misère de l’homme ne consiste pas seulement dans la faiblesse de sa raison, l’inquiétude de son esprit, le trouble de son cœur ; elle se voit encore dans un certain fond ridicule des affaires humaines. Les révolutions surtout découvrent cette insuffisance de notre nature : si vous les considérez dans l’ensemble… »
« Une nation n’est saine que si chacun s’y regarde comme un homme, non regardant derrière soi, ni prenant le vent, ni rongé de peur, ni jaune d’ambition, non tendant la bouche à la gourmette de quelque trahison, mais fidèle à sa parole d’homme, à l’engagement avec lequel il est entré dans la vie, à la promesse faite non seulement à celui qui guide et dans lequel on le reconnaît, mais à travers lui à tous les camarades de travail et de combat. »
Maurice BardècheQu’est-ce que le fascisme ?, éditions Les Sept Couleurs, 1961, éditions Kontre Kulture, 2019
« En aucun cas l’individu n’est un commencement absolu. Sa vision du monde correspond toujours à une réalité. Mais cette réalité est toujours déformée, car le miroir parfaitement plan n’est pas de ce monde. »
« « Ainsi, philosophie antique, mythe et religion s’accordent pour reconnaître à l’homme une origine divine qui implique de sa part des égards, des devoirs : durant son existence terrestre il devra répondre d’elle, en témoigner. Mais il peut tout autant la renier, s’en détourner et se contenter de n’être qu’un mortel… »
« Le choix du héros grec se propose à chaque être humain : suivre la pente facile des plaisirs ou gravir le chemin caillouteux de l’ascèse. Se contenter de l’existence terrestre ou aspirer à la voie des dieux. On dit aussi : la voie de gauche, qui mène à la perdition, et la voie de droite, celle de la vertu, que couronne la gloire. »
Un travail long et exigeant, que vous pouvez nous aider à poursuivre
Nous menons un travail long et exigeant afin d’assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût, que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.