« Se sentir laissé à soi-même, sans aide, sans échappatoire, revêtu de sa seule force ou de sa seule faiblesse, sans personne à qui parler ; grimper de rocher en rocher, de prise en prise, de crête en crête, inexorablement, pendant des heures ; éprouver la sensation enivrante de l’altitude et du danger imminent ; obéir et commander durement à soi-même, et avoir ensuite le sentiment d’une indicible libération, de la solitude solaire et du silence, lorsque la cime est atteinte, l’épuisement vaincu, et que se révèlent des horizons vertigineux de plusieurs centaines de kilomètres : quand “tout est plus bas que nous”, il y a là la possibilité effective d’une catharsis, d’un éveil, de la renaissance de quelque chose de transcendant. »
Julius Evola Méditations du haut des cimes (Meditazioni delle vette), 1974, trad. Bruno Cariou, Les éditions du Lore, 2012