« La grandeur d’âme est fonction d’une relation à la force, mais aussi à une capacité au regret, à la nostalgie du bonheur qui aurait pu être, à l’amertume. Le fils de Pélée, avec qui nul ne peut rivaliser, “le meilleur (aristos) des Achéens”, triomphe certes d’Hector et de sa triste vaillance, mais n’a pas de retour (nostos) sain et sauf au logis. Il quitte la force et la jeunesse, douloureusement, pour la nuit ténébreuse. Volontairement. Lucidement. Ce choix difficile, celui de la belle-mort, toujours dans l’ordre de la violence physique et guerrière, fait de lui un être tragique, profondément humain, doué de sentiments et de larmes : la gloire (kléos) de son mérite (arétè) est inoubliable. »
Olivier Battistini Les saisons de la loi, Éditions Klincksieck, coll. Études et commentaires, 2000, édition revue, corrigée et augmentée, Éditions Clémentine, coll. Studia Humanitatis, 2013
