« Le génie audacieux des Ioniens ouvre des voies nouvelles. Les Athéniens ne peuvent rester en repos et laisser les autres en repos. Ils frappent leurs ennemis de stupeur. Ils les harcèlent de coups rapides et imprévus, comme à Pylos et à Sphactérie, ou lors de l’occupation de Cythère. Ils sont vifs à imaginer, et, dans leur esprit, ne pas entreprendre une chose est toujours une perte par rapport au résultat escompté. Sur la piste même d’un type nouveau d’archè, approchant l’idée de l’empire, à la veille de l’expédition de Sicile, telle est la thalassocratie athénienne. Voici Phormion et ses intelligentes trières. Voici Alcibiade, imprévisible, génial et tragique, le philonikos, l’amoureux de la victoire. Voici Conon, le vaincu d’Ægos-Potamos, mais le vainqueur de Cnide, et celui qui releva les Longs-Murs. Bientôt Thrasybule, Callistratos, Timothée, Chabrias – le vainqueur de Naxos –, Charès ou encore Charidème… »
Olivier Battistini Les saisons de la loi, Éditions Klincksieck, coll. Études et commentaires, 2000, édition revue, corrigée et augmentée, Éditions Clémentine, coll. Studia Humanitatis, 2013
