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CITATIO
Couverture du livre La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel

Citations tirées du livre La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel

Jean-François Gautier, Krisis, 2022

Quatrième de couverture

Habiter le monde est tout un art. Jean-François Gautier le pousse à son excellence en nous livrant une dernière fois sa pensée lumineuse. Au fil de conversations publiées à titre posthume, ce « méditatif comme les autres » – ainsi qu’il se définit – nous invite à vivre au diapason des Anciens. Au-delà de la résurrection de divinités ancestrales aux mille et une vertus, c’est l’harmonie d’un monde aux forces contraires qu’il nous faut comprendre à nouveau. Unique et précieux, ce dialogue est le testament intellectuel d’un des esprits les plus originaux de notre temps. Les intuitions de cet ancien élève de Lucien Jerphagnon, son intelligence féconde, entendent redonner aux Européens un accès aux logiques des différences pour éclairer de manière salutaire une époque si singulièrement privée de clarté. Plus qu’un livre, un enseignement pour bousculer nos certitudes et embrasser le cosmos.

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Dans ce livre

Les 6 citations tirées de ce livre

Le conflit, c’est de la relation…

« Le conflit, c’est de la relation, et la relation, c’est de l’espace, du lieu de vie, ce que les antiques nommaient un topos. Cette notion-là est extrêmement riche parce qu’elle est double : du côté hestial, elle a des limites extérieures ; du côté hermaïque, elle a des limites intérieures ; et la frontière est toujours mouvante, non parce qu’elle serait floue ou indéterminée, mais parce que les deux points de vue interne et externe sont coprésents. Tel est le ressort de la tragédie. »

Jean-François Gautier La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel, Krisis éditeur, 2022

Des sociétés telles que les nôtres, dépourvues de religion…

« En résumé, des sociétés telles que les nôtres, dépourvues de religion officielle, ne sont pas pour autant indemnes de croyances proprement théologiques fortement mâtinées d’idéologies. La modernité, contrairement à ce que prétendent les modernes, n’est pas athée. Je la vois plutôt traversée, de part en part, par une religiosité de l’universel, nantie de points d’applications résumés dans le catéchisme des Droits de l’Homme, lesquels relèvent de croyances désincarnées. »

Jean-François Gautier La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel, Krisis éditeur, 2022

Pour les créateurs à venir, de grands défis à relever

« Il y a là, pour les créateurs à venir, de grands défis à relever. Ils devront trouver des mots pour s’en sortir, des formes pour renouveler les termes d’un contrat tacite entre leurs arts et les sociétés qui les environnent. Elles attendront d’eux des représentations non pas fermées sur elles-mêmes, ni grandes… »

Jean-François Gautier La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel, Krisis éditeur, 2022

Ce qui n’échappa pas…

« L’expression verbale, ou lèthé, “ce qui n’échappa pas”, est très importante. Sa forme nominale tardive alèthéïa a été traduite en français par “vérité”. Mais il faut être prudent ; dans le contexte homérique, cette vérité (le mot n’apparaît que deux fois dans l’Iliade) n’est pas une essence abstraite, un absolu situé… »

Jean-François Gautier La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel, Krisis éditeur, 2022

Chacun doit traverser un cercle de feu…

« Chacun doit traverser un cercle de feu, une épreuve par laquelle il éprouve qu’il n’y a pas de Vérité, de tracé obligatoire, mais seulement des actes à accomplir. Admettre qu’il n’y a pas de Vérité abstraite, hors sol, voilà une épreuve. Ne pas accepter de la franchir condamne ce que vous appelez les “figurations du devenir” à se réfugier dans les idéologies préparées à l’avance, et préparées par d’autres, dont les intentions ne sont pas nécessairement enviables. »

Jean-François Gautier La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel, Krisis éditeur, 2022

Chez Pyrrhon, il n’y a que de l’apparaître…

« Chez Pyrrhon, il n’y a que de l’apparaître ; chez Kant, il y a une différenciation entre l’apparaître et l’être, entre le visible et la vérité. Entre les deux attitudes, il est toujours possible d’en glisser une troisième, celle de Montaigne. Je l’actualise ainsi : derrière ce qui apparaît, dirait Montaigne, il n’y a apparemment pas d’être. »

Jean-François Gautier La Polyphonie du monde. Conversations avec Maxime Reynel, Krisis éditeur, 2022

Du même auteur

Autres citations de Jean-François Gautier

Si le sacré a semblé un temps disparaître…

« Si le sacré a semblé un temps disparaître, c’est qu’il était ailleurs que là où on l’a cherché. Il n’était plus dans les religions traditionnelles qui perdaient toutes des fidèles. Mais les questions autour desquelles tourne le sacré, quant à elles, demeuraient intactes. Il est certain qu’elles frappaient à d’autres… »

Jean-François Gautier L’univers existe-t-il ?, éditions Actes Sud, coll. Le génie du philosophe, 1994

Construire le kosmos de l’expérience du monde…

« Le verbe kosmein signifiait “mettre en bon ordre” mais aussi “célébrer” et “orner”. Construire le kosmos de l’expérience du monde, c’était en trouver le régulateur, en formuler une certaine bienséance qui n’est pas sans rapport avec la beauté. Ce travail-là était cosmétique, il dessinait une parure sur le visage stellaire de la nuit qui, sans un peu d’ornement l’apprivoisant aux yeux des hommes, aurait ouvert sur d’insondables épouvantes et détruit l’ordre fragile de la Cité. »

Jean-François Gautier L’univers existe-t-il ?, éditions Actes Sud, coll. Le génie du philosophe, 1994

Toutes les citations de Jean-François Gautier (25)

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