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Dans les Andes, on ne compte pas quatre éléments…

« « Dans les Andes, on ne compte pas quatre éléments, mais cinq : l’air diaphane, l’eau insondable des lacs, le feu des volcans, la terre qui tremble, et le silence. Un silence de sépulcre, d’ordre divin, que seule trouble la voix des esprits en soulevant des trombes de poussière qui emportent l’âme des humains : le… »

Quelle faim morale lui crispait l’âme…

« Quelle était donc cette faim qui tenaillait le vieillard ? Quelle faim morale lui crispait l’âme sans qu’il pût la traduire autrement qu’en termes de gibier disparu et de jeunes gens déserteurs ? Je crois que je la connaissais. Je l’avais déjà rencontrée. Sans doute la faim de ce qui fut, de ce qui ne sera plus, la silencieuse et invisible famine qui conduit les peuples perdus à la mort plus sûrement encore que la vraie faim du corps. »

Celui-là demeure un seigneur…

« Qu’on m’entende bien : ils ne sont pas morts. Sans doute même bien plus nombreux qu’avant, transplantés dans une ville ou une autre, confondus, brassés, mêlés à la grande foule anonyme, ignorante du passé et de l’avenir, petits hommes semblables qui ont rejoint la ronde. Avec, peut-être, parmi eux, un prolétaire basané qui tripote, pensif, dans son bidonville, une hache de pierre polie, souvenir de son village, et qui sait encore qui il est : celui-là demeure un seigneur… »

Exactement aptes à émouvoir les âmes sensibles…

« Un hélicoptère de l’Associated Press la survola à vingt reprises à différentes altitudes, hérissé de téléobjectifs et de grands angulaires. Parmi les photos qui furent publiées dans la presse du monde entier, certaines étaient proprement bouleversantes, exactement aptes à émouvoir les âmes sensibles sans trop les effrayer. »

Jean Raspail Le Camp des saints, éditions Robert Laffont, 1973

On a bien trop endormi la population…

« « On a bien trop endormi la population pour qu’elle possède encore la force d’imaginer d’autres formes de guerre que celles que l’on commémore bêtement chaque année. La guerre ? Le Français peut bien lire ce mot noir sur blanc et sur huit colonnes sans que cela lui fasse ni chaud ni froid, à moins d’avoir vu l’ennemi… »

Ce n’est pas une prière mièvre…

« « Parmi ceux qui me liront, la plupart ne connaissent pas cette prière, mais certains s’en souviendront. Ce n’est pas une prière mièvre. Elle a le mérite d’être courte et d’en dire beaucoup en peu de mots, dans une langue claire. Mêlée au grondement du Talon, elle avait, si j’ose dire, de la gueule : Seigneur Jésus… »

Notre entreprise inspirait de l’intérêt…

« « Notre entreprise inspirait de l’intérêt, et aussi de la curiosité à l’égard du petit pavillon tricolore qui flottait à l’arrière de nos canots. Dans nombre de ces bourgades du bord de l’eau, en cet immédiat après-guerre, on n’avait jamais vu de “Français de France”, ni lorsque nous fûmes aux États-Unis, entendu… »

On les appelait voyageurs…

« « On les appelait voyageurs, ou engagés du grand portage. Par les fleuves, les lacs, les rivières qui formaient une trame naturelle dans l’immensité nord-américaine, au XVIIe et XVIIIe siècles, convoyant à bord de leurs canots des explorateurs et des missionnaires, des marchands ou des officiers du roi, des soldats en… »
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