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Il n’y a de piété vraie que la piété filiale…

« Il n’y a de piété vraie que la piété filiale, élargie aux ancêtres, à la lignée et au peuple. Nos ancêtres disparus ne sont ni spirituellement morts ni passés dans un autre monde. Ils sont à nos côtés, en foule invisible et bruissante. Ils nous entourent aussi longtemps que leur souvenir est perpétué par leur descendance. Par-là se justifient le culte des ancêtres et le devoir de faire respecter leur nom. »

Alain de Benoist Pour un réveil européen. Nature - Excellence - Beauté (postface), éditions La Nouvelle Librairie, coll. Iliade, 2020

Ces pillards de la nation qui méritaient l’assassinat…

« « Comme dans une pieuse rêverie, Isao apercevait les visages de ces pillards de la nation qui méritaient l’assassinat. Plus il était isolé, plus ses forces l’abandonnaient, et plus la réalité bien en chair de leur opulence venait à l’oppresser. (…) L’épaisse réalité de ces hommes qu’Isao voyait défiler, c’était là… »

Yukio Mishima Chevaux échappés, 1969, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard 1980, coll. Quarto, 2004

La pureté, une idée qui rappelait les fleurs…

« « La pureté, une idée qui rappelait les fleurs (…), c’était quelque chose qui les reliait directement à l’idée du sang, à l’idée des sabres s’abattant sur les hommes d’iniquité, à l’idée de lames écharpant l’épaule et faisant gicler le sang alentour. Et à l’idée du seppuku. Dès l’instant qu’un samouraï ‘tombait comme… »

Yukio Mishima Chevaux échappés, 1969, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard 1980, coll. Quarto, 2004

Le pays divisé, aux barbares vendus…

« Juste avant le soulèvement, Tadao Saruwatari, âgé de seize ans, avait composé le poème suivant, écrit sur le bandeau blanc qu’il allait porter le soir du combat :
Le pays divisé, aux barbares vendus,
Et le Trône sacré si près d’être perdu,
Ah ! Puissions-nous aux dieux du ciel et de la terre,
Témoigner à jamais de notre foi sincère.« 

Yukio Mishima Chevaux échappés, 1969, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard 1980, coll. Quarto, 2004

Il y avait dans son application quelque chose de somptueux et de théâtral…

« « Devant le grand miroir de la pièce à quatre nattes et demie elle se regarda. Les taches de sang formaient, sur la moitié inférieure de son kimono blanc, un dessin hardi et violent. Lorsqu’elle s’assit devant le miroir elle sentit sur ses cuisses quelque chose de froid et d’humide ; c’était le sang de son mari. Elle… »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

La douleur irradiait le ventre entier…

« « Lentement, des profondeurs internes, la douleur irradiait le ventre entier. Des cloches en folie sonnaient, mille cloches ensemble à chaque souffle, à chaque battement du pouls, ébranlant tout son être. Le lieutenant ne pouvait plus s’empêcher de gémir. Mais la lame était arrivée à l’aplomb du nombril et, lorsqu’il… »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Elle aussi, Reiko, considérait passionnément son mari…

« Elle aussi, Reiko, considérait passionnément son mari, qui si vite allait mourir, et se disait qu’elle n’avait jamais vu rien au monde d’aussi beau. Le lieutenant avait toujours bien porté l’uniforme, mais aujourd’hui, regardant la mort en face, les sourcils droits et les lèvres bien serrées, il offrait peut-être le plus superbe exemple possible de beauté masculine. »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Le seppuku, se dit-il, est-ce cela ?

« « Le seppuku, se dit-il, est-ce cela ? On aurait dit le chaos absolu, comme si le ciel lui était tombé sur la tête, comme si l’univers, ivre, titubait. Sa volonté et son courage, qui avaient semblé si fermes avant qu’il ne fît l’entaille, s’étaient réduits à l’épaisseur d’un seul fil d’acier aussi fin qu’un cheveu, et… »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Ce qu’il allait accomplir appartenait à sa vie publique, à sa vie de soldat…

« Ce qu’il allait accomplir appartenait à sa vie publique, à sa vie de soldat dont sa femme n’avait jamais été témoin. Cet acte exigeait autant de volonté que se battre exige de courage ; c’était une mort dont la dignité et la qualité n’étaient pas moindre que celles de la mort en première ligne. Ce dont il allait maintenant faire montre, c’était de sa conduite sur le champ de bataille. »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Il mourait sur un champ de bataille sans gloire…

« Tout autour de lui, dans l’immensité et le désordre, s’étendait le pays pour lequel il souffrait. Il allait lui donner sa vie. Mais ce grand pays, qu’il était prêt à contester au point de se détruire lui-même, ferait-il seulement attention à sa mort ? Il n’en savait rien ; et tant pis. Il mourait sur un champ de bataille sans gloire, un champ de bataille où ne pouvait s’accomplir aucun fait d’armes : le lieu d’un combat spirituel. »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

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