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Citations d'un auteur japonais

Des citations de Yukio Mishima, choisies et vérifiées sur l’édition citée.

Les 37 citations d'un auteur japonais

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Il y avait dans son application quelque chose de somptueux et de théâtral…

« « Devant le grand miroir de la pièce à quatre nattes et demie elle se regarda. Les taches de sang formaient, sur la moitié inférieure de son kimono blanc, un dessin hardi et violent. Lorsqu’elle s’assit devant le miroir elle sentit sur ses cuisses quelque chose de froid et d’humide ; c’était le sang de son mari. Elle… »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

La douleur irradiait le ventre entier…

« « Lentement, des profondeurs internes, la douleur irradiait le ventre entier. Des cloches en folie sonnaient, mille cloches ensemble à chaque souffle, à chaque battement du pouls, ébranlant tout son être. Le lieutenant ne pouvait plus s’empêcher de gémir. Mais la lame était arrivée à l’aplomb du nombril et, lorsqu’il… »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Elle aussi, Reiko, considérait passionnément son mari…

« Elle aussi, Reiko, considérait passionnément son mari, qui si vite allait mourir, et se disait qu’elle n’avait jamais vu rien au monde d’aussi beau. Le lieutenant avait toujours bien porté l’uniforme, mais aujourd’hui, regardant la mort en face, les sourcils droits et les lèvres bien serrées, il offrait peut-être le plus superbe exemple possible de beauté masculine. »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Le seppuku, se dit-il, est-ce cela ?

« « Le seppuku, se dit-il, est-ce cela ? On aurait dit le chaos absolu, comme si le ciel lui était tombé sur la tête, comme si l’univers, ivre, titubait. Sa volonté et son courage, qui avaient semblé si fermes avant qu’il ne fît l’entaille, s’étaient réduits à l’épaisseur d’un seul fil d’acier aussi fin qu’un cheveu, et… »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Ce qu’il allait accomplir appartenait à sa vie publique, à sa vie de soldat…

« Ce qu’il allait accomplir appartenait à sa vie publique, à sa vie de soldat dont sa femme n’avait jamais été témoin. Cet acte exigeait autant de volonté que se battre exige de courage ; c’était une mort dont la dignité et la qualité n’étaient pas moindre que celles de la mort en première ligne. Ce dont il allait maintenant faire montre, c’était de sa conduite sur le champ de bataille. »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Il mourait sur un champ de bataille sans gloire…

« Tout autour de lui, dans l’immensité et le désordre, s’étendait le pays pour lequel il souffrait. Il allait lui donner sa vie. Mais ce grand pays, qu’il était prêt à contester au point de se détruire lui-même, ferait-il seulement attention à sa mort ? Il n’en savait rien ; et tant pis. Il mourait sur un champ de bataille sans gloire, un champ de bataille où ne pouvait s’accomplir aucun fait d’armes : le lieu d’un combat spirituel. »

Yukio Mishima La mort en été, 1961, in La mort en été, trad. Geoffrey W. Sargent puis Dominique Aury, éditions Gallimard 1983, coll. Folio, 1988

Car il n’est rien qui puisse me satisfaire…

« Car il n’est rien qui puisse me satisfaire ;
La nouveauté, sur terre, est si tôt défraîchie ;
Je me sens aspiré sans cesse vers le haut, plus détaché,
Proche de plus en plus de la splendeur solaire. »

Yukio Mishima Le soleil et l'acier, Poème Icare in Le soleil et l’acier, 1968, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard, coll. Du monde entier, 1973, éditions Gallimard, coll. Folio, 1993

Le sang s’écoule, l’existence est détruite…

« Le sang s’écoule, l’existence est détruite et les sens anéantis accréditent pour la première fois l’existence conçue comme un tout, comblant l’espace logique entre voir et exister… C’est cela, la mort.
Voilà comment j’appris que l’heureux sentiment d’exister éprouvé un moment au coucher du soleil dans une vie de soldat ne pouvait être finalement accrédité que par la mort. »

Yukio Mishima Le soleil et l'acier, 1968, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard, coll. Du monde entier, 1973, éditions Gallimard, coll. Folio, 1993

S’il était vrai que mon moi fût ma demeure…

« « S’il était vrai que mon moi fût ma demeure, mon corps figurait en ce cas un verger à l’entour. Il m’était loisible soit de cultiver à plein ce verger, soit de le laisser envahir par la mauvaise herbe. Libre à moi de choisir, mais cette liberté n’allait pas de soi autant qu’on pourrait le croire. Bien des gens, à la… »

Yukio Mishima Le soleil et l'acier, 1968, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard, coll. Du monde entier, 1973, éditions Gallimard, coll. Folio, 1993

Le besoin où j’étais d’éduquer mon corps…

« Le besoin où j’étais d’éduquer mon corps aurait pu être prévu dès l’instant où je ressentis l’attirance des données profondes de la surface. Je savais que la seule chose qui pouvait fortifier une telle idée c’était le muscle. Qui accorde la moindre attention à un théoricien d’éducation physique décrépit ? »

Yukio Mishima Le soleil et l'acier, 1968, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard, coll. Du monde entier, 1973, éditions Gallimard, coll. Folio, 1993

Le soleil fut désormais mon compagnon…

« C’est en 1952, sur le pont du navire où j’accomplis mon premier voyage à l’étranger, que j’échangeai avec le soleil la poignée de main de la réconciliation. Depuis ce jour, je suis devenu incapable de lui fausser compagnie. Le soleil fut désormais mon compagnon sur la grand-route de ma vie. Petit à petit, ma peau a bruni sous son hâle, signe que j’appartenais désormais à l’autre race. »

Yukio Mishima Le soleil et l'acier, 1968, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard, coll. Du monde entier, 1973, éditions Gallimard, coll. Folio, 1993

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