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Page 63 sur 245

La Raison, la faculté de penser…

« Nietzsche ne fait que remettre la Raison à sa place. Il la considère, ainsi que nous pourrions considérer aujourd’hui un “cerveau électronique”, comme une machine logique destinée à nous servir, qui reçoit de nous son information et ne peut fournir que les réponses contenues en puissance dans l’information reçue. Car… »

Le philosophe doit être un artiste…

« Nietzsche n’est pas un philosophe comme les autres. Il ne veut pas l’être, et il le proclame hautement. Désormais, affirme-t-il, la tâche du philosophe ne se borne plus à une simple réflexion sur le passé ni à une organisation du savoir. Le philosophe doit être un artiste qui fait de l’homme lui-même sa matière première. Il doit être celui qui assigne des buts à l’humanité et qui, grâce à son œuvre, la contraint à rechercher les moyens d’y parvenir. »

Giorgio Locchi Définitions. Les textes qui ont révolutionné la culture non conforme, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Agora, 2022

Il y a un peuple…

« Dans la société indo-européenne non altérée, il n’y a pas seulement une “masse” ou seulement des “individus”. Il y a un peuple, dont la “personnalité”, le génie, l’aristocratie sont les organes d’expression, de conception et de représentation. Masse et individu sont en effet des notions purement “synchroniques”, qui ne se définissent que dans l’espace social, et auxquelles fait défaut la dimension temporelle, dont le peuple participe au contraire pleinement. »

Giorgio Locchi Définitions. Les textes qui ont révolutionné la culture non conforme, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Agora, 2022

C’était un Polonais du temps de Sobieski…

« C’était un Polonais du temps de Sobieski. Il en eût porté héroïquement le carquois d’or. Sa violence, qui ressemblait à certains coups de vent dans les steppes, paraissait excessive et même un peu folle dans un pays de sens rassis, de ce bon sens normand, tout-puissant et calme, que l’on peut appeler stator, comme… »

Jules Barbey d’Aurevilly Un prêtre marié, 1865, éditions Gallimard, coll. Le Livre de poche, 1964

Les Anglais, disait-il, ne combattaient que pour l’honneur et pour la gloire…

« Personne, je demande pardon au lecteur d’employer une expression un peu vulgaire et qui commençait alors à prendre une grande vogue, personne ne blaguait mieux que lui. Son esprit vif, actif et plein d’à-propos, ne lui faisait jamais défaut pour l’attaque ou pour la riposte. Je me rappelle même à ce sujet une réponse… »

Ambroise Louis Garneray Voyages, aventures et combats, Alphonse Lebègue, Imprimeur-éditeur, 1851

On dit que les nouveautés ont toujours suscité de ces réserves…

« On dit que les nouveautés ont toujours suscité de ces réserves et de ces récriminations. On demande – imprudemment à mon avis – ce que nous serions devenus si le progrès n’était passé outre ces timidités et avait renoncé au chemin de fer ou à la télévision ; on cite Galilée et Pasteur, la loi inéluctable du devenir… »

Baudouin de Bodinat La vie sur Terre (1996), Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2008

Le passé n’a plus de présent parmi nous…

« Le passé n’a plus de présent parmi nous : l’usurpation marchande ne le supportait pas vivant, habité avec du linge aux fenêtres, qui la contredisait toujours : campagnes enchantées du temps de la traction animale, mœurs et usages curieux de ces contrées lointaines peintes à la main, quartiers perdus, rues pensives… »

Baudouin de Bodinat La vie sur Terre (1996), Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2008

Si le conte débute par la formule consacrée…

« Si le conte débute par la formule consacrée “il était une fois”, ce qui le place dans une temporalité imaginaire, il se garde bien de dire “il était n’importe où” : comment se fait-il que nous reconnaissions d’emblée les paysages des contes comme étant nôtres ? Les héros se perdent en forêt ou sur la lande, traversent… »

Anne-Laure Blanc Le conte, lointaine mémoire et permanence vivante, 3e colloque annuel de l’Institut Iliade, 18 mars 2017

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