« L’homme, on le sait, est, par excellence, un animal politique, ou, pour être précis et respecter l’idée d’Aristote, plus politique que certains autres animaux. On songe à l’abeille, la fourmi ou la grue qui sont des animaux qualifiés par le Stagirite de politiques : ils ont ensemble une “œuvre commune”. L’homme est naturellement lié à une polis, parce que doté du logos, de la parole, de l’esprit de raison. Il est capable d’opposer le bien au mal, le juste à l’injuste. La cité-État ne peut pas, alors, être quelque chose d’artificiel et, surtout, si on suit jusqu’au bout Aristote, pour qui la nature d’une chose c’est sa fin, il semble bien que l’être politique précède l’état de nature. »
Olivier Battistini Les saisons de la loi, Éditions Klincksieck, coll. Études et commentaires, 2000, édition revue, corrigée et augmentée, Éditions Clémentine, coll. Studia Humanitatis, 2013
