Notre présentation du livre
En 1914, Édouard Berth entreprend de dénoncer la domination des intellectuels, plus prompts à enfermer le monde dans leurs abstractions qu’à comprendre les forces qui l’animent. Derrière le règne des idées et des systèmes, il voit triompher l’étatisme, la bureaucratie et un idéal démocratique coupé du travail, de l’histoire et des réalités vivantes.
Disciple de Georges Sorel, qui préface l’ouvrage, Berth oppose à cette domination la liberté des producteurs, la force créatrice du syndicalisme révolutionnaire et la dignité du métier. Mais il refuse de dresser la révolution contre la tradition : de leur rencontre pourrait naître, selon lui, un renouveau de la civilisation européenne.
Nourri de Proudhon, de Nietzsche, de Bergson et de Pascal, cet essai singulier témoigne aussi du rapprochement intellectuel, au début du XXe siècle, entre syndicalisme révolutionnaire et nationalisme de l’Action française. Une réflexion sur les rapports entre pensée et action, ordre et liberté, héritage et révolution.