« … Et pour déstabiliser cette sale société occidentale ? Ce n’est pas difficile : il suffit de déstabiliser la Femme. La Femme, clé de voûte de toute société !…
– Voilà la première parole sensée que j’entends aujourd’hui.
– Tant que la Femme est Femme, on ne peut rien contre cette société.
– Bravo ma petite fille !
– Si, au contraire, on arrive à l’avilir, à la désaxer, tout s’écroule !…
– Je n’ai jamais entendu plus bel éloge de la Femme !
– … il suffit de sortir la Femme de son temple : la maison, la famille, qui ne tient debout que par elle… Il faut la persuader qu’elle y est exploitée, avilie. Il faut la désaccoupler. Il faut la banaliser, lui retirer l’enseignement et l’éducation de ses enfants qui deviennent alors proie facile pour le vice et les pires utopies… Et ce sera la crise de la moralité ! Il faut la jeter en vrac sur le marché du travail, ce qui fera baisser le prix de la main-d’œuvre et amènera le chômage et la crise économique, donc désordre et ruine de cette société que je veux anéantir ! »
Henri Vincenot L’œuvre de chair, éditions Denoël, 1984