« Dans le Banquet, c’est par l’étrangère de Mantinée, l’énigmatique, figure rêvée ou prêtresse inspirée, que Platon, aimant à cacher sous quelque masque son divin savoir, parle de l’érôs. Il est savant en amour. Il n’est aucune science qu’il ait cultivée davantage, science qui participe de son questionnement sur le beau, le bon, le bien et le vrai. Diotima, la prêtresse dorienne qui intervient indirectement par le biais de Socrate et de ses souvenirs, vient d’Arcadie. À la manière d’un véritable érotodidaskalos, elle conduit, par un cheminement initiatique, par l’apprentissage – mathèma –, s’élevant par degrés successifs, jusqu’à la “révélation” bouleversante de la beauté en elle-même, la source unique de toute beauté, au vrai et à l’immortalité, l’érôs métaphysique… »
Olivier Battistini Platon. Le philosophe-roi, Éditions Ellipses, coll. Biographies & mythes historiques, 2024
