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Citations sur l'économie

L’homme moderne, l’homme de la technique, obsédé par son efficience…

« L’homme moderne, l’homme de la tech­nique, obsé­dé par son effi­cience, les objec­tifs à atteindre, n’a pour uni­vers men­tal que ce qui est subor­don­né à cette effi­ca­ci­té. Beau­té, sagesse, poé­sie, sont subal­ternes, à moins d’être mon­nayables. La tyran­nie de l’efficience débouche sur l’invivable, sur une nou­velle bar­ba­rie sans la san­té des bar­bares : la ville qui n’est pas une ville, la domi­na­tion de l’argent, le sac­cage de la nature et la mani­pu­la­tion du vivant. À force de cal­cu­ler, l’homme ren­contre l’incalculable. »

Domi­nique Ven­ner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

« Il aura fallu quarante-cinq mille ans pour que…

« Il aura fal­lu qua­rante-cinq mille ans pour que le mar­ché sup­plante le sacré. Dépouillé de ses ori­peaux sym­bo­liques par les phi­lo­so­phies du soup­çon, l’homo œco­no­mi­cus a pris la relève de l’homo reli­gio­sus défi­ni­ti­ve­ment dis­qua­li­fié pour manque d’appétence consu­mé­riste. »

Patrick Buis­son
La Cause du peuple, édi­tions Per­rin, 2016

Entre la vraie droite et la droite économique…

« Entre la vraie droite et la droite éco­no­mique, non seule­ment il n’y a pas iden­ti­té, mais il y a même oppo­si­tion pré­cise. »

Julius Evo­la
Le fas­cisme vu de droite (Il fas­cis­mo. Sag­gio di una ana­li­si cri­ti­ca dal pun­to di vis­ta del­la Des­tra), 1964

Le divorce est consommé entre libéralisme et démocratie…

« Le divorce est consom­mé entre libé­ra­lisme et démo­cra­tie. Quand les mar­chés sont libres, les citoyens ne le sont plus guère, et s’ils peuvent l’être, si cer­tains le sont, c’est la socié­té qui ne l’est plus, tenue par autre chose, d’autres règles, d’autres lois qui lui sont étran­gères, qui s’imposent à elle pour la dis­soudre et pour lui sub­sti­tuer la col­lec­tion d’individus sépa­rés, par tout, et d’abord par leurs inté­rêts immé­diats. La ques­tion de la jus­tice, celle du social et de l’être-ensemble sont devant nous. Elles sont ques­tion de fron­tières et de sépa­ra­tions. Elles sont affaires de vie ou de mort.
C’est fini. L’« insur­rec­tion de la dif­fé­rence » (selon la for­mule de Georges Balan­dier) est devant nous. Elle répon­dra à l’utopie cri­mi­nelle de la démo­cra­tie sans terre, qui conduit le libé­ra­lisme à détruire la démo­cra­tie – c’est-à-dire à nier la capa­ci­té de com­mu­nau­tés humaines à déci­der sou­ve­rai­ne­ment de leur deve­nir – faute d’accepter la condi­tion de leur consti­tu­tion, qui est la sépa­ra­tion, l’écart et la sin­gu­la­ri­té. Une socié­té qui ne sait se nom­mer, se comp­ter et se dis­tin­guer ne peut se conduire, elle perd la capa­ci­té du bien comme du mal. La confu­sion n’est pas amie de la liber­té. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Réaliser la décolonisation de l’Union européenne…

« Réa­li­ser la déco­lo­ni­sa­tion de l’Union euro­péenne contre l’entreprise mon­dia­liste est le pre­mier et l’immense tra­vail poli­tique qui vient. Tra­vail de retour à l’histoire et à la géo­gra­phie. Tra­vail de situa­tion de tout ce qui parle, affiche, publie, témoigne, influe : d’où vient-il, et de qui ? Tra­vail de sur­vie, qui appelle le tour de garde de sen­ti­nelles éveillées : que cha­cun donne son mot de passe, que cha­cun dise quel est son nom, d’où il vient et de qui, qui le paie et pour­quoi, nous n’avons plus le luxe de croire que les idées viennent de nulle part et que ceux qui parlent entendent seule­ment nous diver­tir. Tra­vail de repé­rage, de mesure, de détec­tion des cris­taux que char­rie la boue quo­ti­dienne de l’événement et de l’information. Tra­vail de détec­tion, de sélec­tion et de dis­cri­mi­na­tion, pour recon­naître les amis des enne­mis et veiller aux portes. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Les solutions de sortie de crise sont…

« Les solu­tions de sor­tie de crise sont, publi­que­ment du moins, toutes pla­cées sous le signe émi­nem­ment conve­nable de plus d’individualisme, plus d’opportunités pour tous, plus de mobi­li­té, ce qui signi­fie, concrè­te­ment, plus de liber­té de mou­ve­ment des capi­taux, plus d’échanges de biens et de ser­vices, plus d’ingérence et d’interdépendance, plus d’ouverture à l’envie et à la cupi­di­té, à la fin plus de cré­dit et de dettes, plus d’uniformité et de confor­mi­té – plus de tout ce qui a pro­vo­qué la crise. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Le commerce est un état honorable…

« Le com­merce est un état hono­rable ; mais ses bases essen­tielles doivent être la pru­dence et l’économie. Le négo­ciant ne doit pas gagner sa for­tune comme on gagne une bataille ; il doit gagner peu et constam­ment. »

Napo­léon Bona­parte
Viri­li­tés, maximes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

L’individu qui vient au monde dans une « civilisation »…

« L’individu qui vient au monde dans une « civi­li­sa­tion » trouve incom­pa­ra­ble­ment plus qu’il n’apporte. Une dis­pro­por­tion qu’il faut appe­ler infi­nie s’est éta­blie entre la propre valeur de chaque indi­vi­du et l’accumulation des valeurs au milieu des­quelles il sur­git… Le civi­li­sé, parce qu’il est civi­li­sé, a beau­coup plus d’obligations envers la socié­té que celle-ci ne sau­rait en avoir jamais envers lui. »

Charles Maur­ras
Mes idées poli­tiques, 1937, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2002

Je deviens conscient de la plébéisation du monde…

« Je deviens conscient de la plé­béi­sa­tion du monde, jusqu’à en éprou­ver une souf­france phy­sique. Le pénible des­tin m’est échu de par­ti­ci­per au déclin les yeux ouverts. Contem­po­rain né sur le tard, je vois ce qui s’est per­du et que ceux qui sont nés plus tard ne voient heu­reu­se­ment plus. »

Gre­gor von Rez­zo­ri
Mur­mures d’un vieillard, Édi­tions du Rocher, 2008

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