Là où les échanges monétaires ont une nature impersonnelle…

« Là où les échanges moné­taires ont une nature imper­son­nelle et abs­traite (un écu reste le même, qu’il soit ver­sé comme salaire à une per­sonne A ou B), les échanges non-moné­taires carac­té­ris­tiques du féo­da­lisme sont per­son­nels et concrets : ils lient entre eux des hommes par­ti­cu­liers et des lignées spé­ci­fiques. »

Guillaume Tra­vers
Éco­no­mie médié­vale et socié­té féo­dale. Un temps de renou­veau pour l’Eu­rope, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Le spectacle électoral se déroule essentiellement…

« Depuis main­te­nant plus de trente ans, dans tous les pays occi­den­taux, le spec­tacle élec­to­ral se déroule essen­tiel­le­ment sous le signe d’une alter­nance unique entre une gauche et une droite libé­rales qui, à quelques détails près, se contentent d’ap­pli­quer à tour de rôle le pro­gramme éco­no­mique défi­ni et impo­sé par les grandes ins­ti­tu­tions capi­ta­listes inter­na­tio­nales. »

Jean-Claude Michéa
Les Mys­tères de la gauche. De l’i­déal des Lumières au triomphe du capi­ta­lisme abso­lu, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Cli­mats, 2013

L’économie médiévale est un contre-modèle au capitalisme libéral…

« L’économie médié­vale est un contre-modèle au capi­ta­lisme libé­ral. Elle fonde ses ins­ti­tu­tions sur la terre plus que sur la richesse mobi­lière, les rap­ports entre les hommes sur des liens per­son­nels (vas­sa­li­té, ser­ments, etc.), non sur les méca­nismes imper­son­nels du mar­ché (concur­rence et libre-échange). Elle est for­te­ment ter­ri­to­ria­li­sée, loca­li­sée, et le com­merce loin­tain y est l’exception plu­tôt que la règle. Elle pense la divi­sion du tra­vail non comme l’aboutissement ex post d’un pro­ces­sus d’échanges libres, mais ex ante, de manière fonc­tion­nelle. Enfin, l’économie médié­vale pense les prix non comme résul­tant du libre jeu des inté­rêts indi­vi­duels (offre et demande), mais comme reflé­tant une forme de jus­tice dans les rela­tions inter­per­son­nelles (“juste prix”). »

Guillaume Tra­vers
Éco­no­mie médié­vale et socié­té féo­dale. Un temps de renou­veau pour l’Eu­rope, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Les effets politiquement catastrophiques de la croyance…

« Ce n’est que de nos jours, qu’il est pos­sible de com­men­cer à mesu­rer exac­te­ment les effets poli­ti­que­ment catas­tro­phiques de la croyance au carac­tère conser­va­teur de l’ordre éco­no­mique et libé­ral. C’est ce pos­tu­lat insen­sé qui, depuis trente ans, n’a ces­sé de conduire méca­ni­que­ment la plu­part des mili­tants de gauche, à tenir l’a­dop­tion a prio­ri de n’im­porte quelle pos­ture moder­ni­sa­trice ou pro­vo­ca­trice — que ce soit sur un plan tech­no­lo­gique, moral ou autre — pour un geste qui serait tou­jours, et par défi­ni­tion, révo­lu­tion­naire”, et anti-capi­ta­liste” ; ter­rible confu­sion qui, il est vrai, a tou­jours eu l’in­com­pa­rable avan­tage psy­cho­lo­gique d’au­to­ri­ser ceux qui s’y sou­met­taient, à vivre leur propre obéis­sance à l’ordre indus­triel et mar­chand comme une moda­li­té exem­plaire de la rebel atti­tude”. »

Jean-Claude Michéa
Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l’im­pos­si­bi­li­té de dépas­ser le capi­ta­lisme sur sa gauche, 2002, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs essais, 2006

Rien n’est nouveau. Pestes et choléras fauchent les hommes…

« Rien n’est nou­veau. Pestes et cho­lé­ras fauchent les hommes depuis long­temps. L’Histoire, cette contra­dic­tion de l’idée de pro­grès, n’est que l’éternel retour des désastres et des renais­sances. Mais nous avons chan­gé d’échelle. Quand un sys­tème change d’échelle, il change de nature. »

Syl­vain Tes­son
Que ferons-nous de cette épreuve ?, entre­tien au Figa­ro, par Vincent Tre­mo­let de Vil­lers, 20 mars 2020

La pire des illusions que puisse entretenir un militant de gauche…

« De nos jours, la pire des illu­sions que puisse entre­te­nir un mili­tant de gauche, c’est donc de conti­nuer à croire que ce sys­tème capi­ta­liste qu’il affirme com­battre, consti­tue par essence, un ordre conser­va­teur, auto­ri­taire et patriar­cal, dont l’É­glise, l’Ar­mée et la Famille défi­ni­raient les piliers fon­da­men­taux. »

Jean-Claude Michéa
Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l’im­pos­si­bi­li­té de dépas­ser le capi­ta­lisme sur sa gauche, 2002, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs essais, 2006

Un nouveau dogme s’institue : tout doit fluctuer…

« Un nou­veau dogme s’institue : tout doit fluc­tuer, se mêler sans répit, sans entraves, donc sans fron­tières. Dieu est mou­ve­ment. Cir­cu­ler est bon. Demeu­rer est mal. Plus rien ne doit se pré­tendre de quelque part puisque tout peut être de par­tout. Qui s’opposera intel­lec­tuel­le­ment à la reli­gion du flux est un chien. »

Syl­vain Tes­son
Que ferons-nous de cette épreuve ?, entre­tien au Figa­ro, par Vincent Tre­mo­let de Vil­lers, 20 mars 2020

Le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte…

« Le libé­ra­lisme éco­no­mique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son exten­sion à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la socié­té. De même, le libé­ra­lisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son exten­sion à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la socié­té. »

Michel Houel­le­becq
Exten­sion du domaine de la lutte, Édi­tions Mau­rice Nadeau, 1994

Tout comme le libéralisme économique sans frein…

« Tout comme le libé­ra­lisme éco­no­mique sans frein, et pour des rai­sons ana­logues, le libé­ra­lisme sexuel pro­duit des phé­no­mènes de pau­pé­ri­sa­tion abso­lue. Cer­tains font l’a­mour tous les jours ; d’autres cinq ou six fois dans leur vie, ou jamais. Cer­tains font l’a­mour avec des dizaines de femmes ; d’autres avec aucune. C’est ce qu’on appelle la loi du mar­ché”. »

Michel Houel­le­becq
Exten­sion du domaine de la lutte, Édi­tions Mau­rice Nadeau, 1994

L’immense entreprise des croisades…

« L’im­mense entre­prise des croi­sades ne peut se com­prendre comme une entre­prise avant tout éco­no­mique : il s’a­git de mettre en branle une com­bi­nai­son de valeurs reli­gieuses et guer­rières. Bref, une grande par­tie de la richesse excé­den­taire n’est pas consom­mée, mais consu­mée en vue de fins supé­rieures. »

Guillaume Tra­vers
Éco­no­mie médié­vale et socié­té féo­dale. Un temps de renou­veau pour l’Eu­rope, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

L’Occident anglais et américain s’est toujours opposé…

« L’Oc­ci­dent anglais et amé­ri­cain s’est tou­jours oppo­sé à cette orga­ni­sa­tion ger­ma­no-russe des bas­sins flu­viaux centre-euro­péens, ceux du Rhin et du Danube. Car elle aurait per­mis un tra­fic pétro­lier sous­trait à leur contrôle mari­time en Médi­ter­ra­née. La pers­pec­tive de cette for­mi­dable syner­gie euro-russe était le cau­che­mar des puis­sances occi­den­tales. Elle explique bon nombre de tra­di­tions mili­ta­ro-diplo­ma­tiques anglaises et amé­ri­caines (…) »

Robert Steu­ckers
« Les impli­ca­tions géo­po­li­tiques des Accords de Munich en 1938, Allo­cu­tion de Robert Steu­ckers à la Com­mis­sion Géo­po­li­tique de la Dou­ma d’É­tat, Mos­cou, le 30 sep­tembre 1998 », Nou­velles de Syner­gies euro­péennes n°37, octobre-décembre 1998

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