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Citations sur l'économie

Cela m’écœure de me débarrasser des objets. Dans sa boulimie…

« Cela m’écœure de me débar­ras­ser des objets. Dans sa bou­li­mie de pro­duc­tion, la moder­ni­té crée des pro­duits sans ave­nir. Le capi­ta­lisme, c’est la réduc­tion de l’intervalle entre le moment où l’on achète un objet et où le remplace. »

Syl­vain Tesson
Éloge de l’énergie vaga­bonde, Édi­tions des Équa­teurs, 2007

La mondialisation d’aujourd’hui signe le retour au cours normal…

« La mon­dia­li­sa­tion d’aujourd’hui signe le retour au cours nor­mal, c’est-à-dire impé­rial, du capitalisme. »

Alain Badiou
Que faire ? Dia­logue sur le com­mu­nisme, le capi­ta­lisme et l’avenir de la démo­cra­tie, avec Mar­cel Gau­chet, Phi­lo­so­phie édi­tions, 2014

Le calcul, expression privilégiée et à tort envahissante de…

« Le cal­cul, expres­sion pri­vi­lé­giée et à tort enva­his­sante de la ratio­na­li­té éco­no­mique, consiste à tra­duire par des quan­ti­tés algé­briques ou par des nombres les coûts et les ren­de­ments. Par sa nature même, il s’attache aux choses, aux objets maté­riels que l’on compte, que l’on est cen­sé mesu­rer et à par­tir des­quels une dis­po­si­tion lar­ge­ment conven­tion­nelle de chiffres per­met l’énonciation d’un maxi­mum net. Que ce maxi­mum soit, sur une pente irré­sis­tible, confon­du avec un opti­mum est révélateur. »

Fran­çois Perroux
Pour une phi­lo­so­phie du nou­veau déve­lop­pe­ment, Édi­tions Aubier, 1981

Un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale…

« Un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mon­diale, les Euro­péens de l’Ouest, les Amé­ri­cains du Nord et quelques autres pri­vi­lé­giés, ici et là dans le monde, vivent pro­vi­soi­re­ment comme abri­tés dans une bulle de bien-être, tan­dis qu’alentour le reste de l’univers est sou­mis à la vio­lence, à la pré­ca­ri­té, à la faim… Durant leur longue exis­tence natio­nale, les Fran­çais ont sou­vent béné­fi­cié de cette sorte de bulle” pro­tec­trice. Leur posi­tion géo­gra­phique, à l’extrémité occi­den­tale de la pénin­sule eur­asia­tique, a joué en leur faveur comme la mer pour les Anglais ou l’Océan pour les Euro-Amé­ri­cains depuis le XVIIe siècle. Après les conquêtes vikings, la France n’a plus connu la menace d’une inva­sion, ce qui est bien autre chose qu’une guerre dynas­tique, un conflit de bor­nage fron­ta­lier ou une petite guerre autour d’une ville qu’on se dis­pute entre voi­sins. Pen­dant plus de mille ans, les vraies fron­tières de la France furent défen­dues par d’autres sur l’Ebre, l’Oder ou le Danube. La France n’avait pas à se sou­cier de mon­ter la garde face au « désert des Tar­tares ». Ses rois avaient la lati­tude d’adresser des sou­rires au Sul­tan dans le dos des che­va­liers polo­nais ou autri­chiens qui tenaient la menace otto­mane éloi­gnée de Paris. Loin des Sar­ra­sins, des Mon­gols ou des Turcs, dans leur jar­din abri­té et soi­gneu­se­ment des­si­né, les Fran­çais purent culti­ver à loi­sir cet art de vivre unique en son genre, déli­cat, aimable et froid, ces jeux de l’esprit ordon­nés autour du scep­ti­cisme, de l’ironie et de la rai­son, dont ils se sont tant fait gloire. »

Domi­nique Venner
Le cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

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