On est en train avec le mariage pour tous de tuer la filiation…

« Je me désole de l’idée qu’on est en train de fabri­quer – et je pèse mes mots – un petit Fran­çais qui sera demain une sorte de consom­ma­teur à l’américaine, éle­vé dans l’hédonisme, le consu­mé­risme, une sorte de petit consom­ma­teur asexué et apa­tride. On est en train avec le mariage pour tous de tuer la filia­tion, bio­lo­gique, à terme, c’est ça qu’on veut d’ailleurs. Des gens comme Atta­li le disent très bien, très fort. Et puis apa­tride parce qu’à par­tir du moment où il n’y a plus le prin­cipe de sou­ve­rai­ne­té et qu’il n’y a plus la trans­mis­sion… »

Phi­lippe de Villiers
Inter­view à BFMTV, 12 novembre 2014

Un peuple, une société ne sauraient vivre sans un territoire…

« Pour­tant un peuple, une socié­té ne sau­raient vivre sans un ter­ri­toire pour eux sacré. Nous avons besoin, nous les humains, de lieux d’appartenance, de familles, de patries, et tant pis si c’était un slo­gan de Pétain. Nous avons besoin de nous iden­ti­fier à des ter­ri­toires où naissent nos langues et où gisent nos morts, où gran­dissent des enfants qui nous res­semblent et où dorment tout vivants les sou­ve­nirs de notre exis­tence pas­sée. Nous ne sommes pas des êtres de nulle part, de purs cos­mo­po­lites, d’absolus citoyens du monde, comme la vul­gate bran­chée vou­drait nous le faire croire. À moins de deve­nir fous, il nous faut des ancrages, car ce sont eux qui nous iden­ti­fient et nous per­mettent de vivre une vie com­plète. La patrie est l’un de ces ancrages, qui ne peut être sup­pri­mé au pro­fit d’une vani­teuse citoyen­ne­té du monde […]. »

Chan­tal Delsol
14 juillet 2014, l’étrange fête natio­nale, Le Figa­ro, 14 juillet 2014

Lorsque l’anarchiste, comme porte-parole des couches sociales…

« Lorsque l’anarchiste, comme porte-parole des couches sociales en déca­dence, réclame, dans une belle indi­gna­tion, le « droit », la « jus­tice », les « droits égaux », il se trouve sous la pres­sion de sa propre incul­ture qui ne sait pas com­prendre pour­quoi au fond il souffre, — en quoi il est pauvre en vie… Il y a en lui un ins­tinct de cau­sa­li­té qui le pousse à rai­son­ner : il faut que ce soit la faute à quelqu’un s’il se trouve mal à l’aise… Cette « belle indi­gna­tion » lui fait déjà du bien par elle-même, c’est un vrai plai­sir pour un pauvre diable de pou­voir inju­rier — il y trouve une petite ivresse de puis­sance. Déjà la plainte, rien que le fait de se plaindre peut don­ner à la vie un attrait qui la fait sup­por­ter : dans toute plainte il y a une dose raf­fi­née de ven­geance, on reproche son malaise, dans cer­tains cas même sa bas­sesse, comme une injus­tice, comme un pri­vi­lège inique, à ceux qui se trouvent dans d’autres condi­tions. « Puisque je suis une canaille tu devrais en être une aus­si » : c’est avec cette logique qu’on fait les révo­lu­tions. Les doléances ne valent jamais rien : elles pro­viennent tou­jours de la fai­blesse. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés